En ces temps moroses malgré un soleil étincelant, L’Alter Ego vous accompagne avec son Kit de (dé)confinement. Le principe est simple : proposer une bonne dose de culture pendant cette période un peu spéciale. 1 album. 1 livre. 1 film ou une série. 1 exercice sportif. 1 recette de cuisine.

Alors profitons de cette fin de confinement pour se mettre à jour les grands classiques ou tout simplement pour découvrir de nouvelles pépites.

Ta lecture confinement : La Confusion des sentiments, Zweig

Stefan Zweig (1881-1942) grandit au sein de la bourgeoisie juive viennoise. L’éducation qu’il reçoit ainsi que son parcours dans la ville cosmopolite de Vienne à la fin du XIXe siècle, lui offrent une ouverture d’esprit, une aspiration à connaître et saisir le monde qui l’entoure. À l’université, il étudie la philosophie et l’histoire de la littérature puis commence à écrire des poèmes au début du XXe siècle. Lorsque le premier conflit mondial éclate, il est envoyé en Pologne pour collecter des documents d’archives. À défaut de pouvoir combattre au front, Zweig fait entendre sa voix d’écrivain. Prêchant le pacifisme, sa pièce Jérémie (1916) s’interroge sur la réalité chaotique de la Grande Guerre. L’auteur s’isole alors pendant de longs mois dans sa maison à Salzbourg. C’est au cours de cette période qu’il rédige ses plus célèbres nouvelles : Amok, La Peur, Vingt-quatre heures de la vie d’une femme ou encore La Confusion des sentiments. Il connaît alors un franc succès au moment de l’entre-deux-guerres, jusqu’à ce que Hitler  arrive au pouvoir en 1933 et interdise toutes les œuvres composées par des Juifs. C’est finalement au Brésil qu’il choisit de s’exiler, et plus particulièrement à Petrópolis, où il rédige son dernier ouvrage intitulé Le Monde d’hier. Rongé par la destruction de l’Europe, ce foyer culturel qu’il a tant aimé, consterné par la folie humaine, il décide de se donner la mort avec sa femme Lotte Altmann.

La Confusion des sentiments dépeint le désordre que provoque l’admiration d’un élève pour son professeur. Cette admiration semble néanmoins frôler la pathologie, mêlant étrangement un amour malsain et soumission.

Au début du livre, un vieux professeur se remémore une rencontre bouleversante et déterminante pour sa carrière. Roland de D évoque ainsi ses années estudiantines dans la capitale allemande. Découragé par la fac d’anglais, le narrateur (Roland de D) explique profiter de ses nouvelles libertés et s’éloigner petit à petit du cadre universitaire. Cependant, le jeune héros est vite rattrapé par son père qui, après avoir constaté cet abandon précoce, décide de l’envoyer poursuivre ses études dans une petite ville de province allemande. À ce moment du récit, une relation particulière se noue entre Roland et son professeur de philologie (étude d’une langue et sa littérature). Ce dernier offre la possibilité à son jeune disciple de louer la chambre au-dessus de chez lui. S’installe progressivement une intimité entre les deux hommes, nourrie par leurs échanges intellectuels autour de l’écriture d’un ouvrage. 

Voici une belle occasion de découvrir la plume de Stefan Zweig, expert dans la description des sentiments. C’est avec finesse qu’il parvient à nous exposer la complexité des émotions humaines. 

Bonne lecture ! 

PS : on vous a trouvés le lien pdf si vous n’avez pas le livre chez vous

Ton album confinement : Dans ma bulle, Diam’s (2006)

Prenons aussi le temps pour (ré)écouter les grands classiques. Entre deux tecktoniks, elle aura enjaillé nos soirées des années 2000 avec La Boulette ou Confessions nocturnes. Mélanie Georgiades aka Diam’s aura surtout su témoigner avec justesse des travers de notre époque. Etrangement, ses paroles font encore  écho à l’actualité, quatorze ans plus tard.

D’une critique acerbe sur l’abandon des banlieues à la condamnation misogyne du rap, tout en passant par le récit d’une expérience amoureuse chaotique, l’artiste dénonce des vérités sans pour autant prétendre à des solutions miracles. Sa réflexion sur la société n’est que celle d’une « petite banlieusarde » qui prône cosmopolitisme et tolérance.

Si le titre Cause à effet vous illustrera l’absurdité du monde, Big Up et Jeune Demoiselle vous évoqueront plutôt des airs de féminisme (sans pour autant le revendiquer). Tendez l’oreille sur Feuille blanche et Petite Banlieusarde, vous y découvrirez les confidences d’une femme tourmentée et écœurée par le showbiz.

Au moment de sa sortie, Diam’s se confie à L’Express sur l’album qui l’inscrira dans l’histoire de la chanson française : « Je crois que Dans ma bulle’ est un disque sensible, même dans ses morceaux les plus crus. J’en voudrais toujours à la vie de ne pas être fluide. A mon géniteur d’être parti. Aux hommes de ne pas me comprendre« .

En 2006, l’album devient triple disque de platine avant d’obtenir quelques mois plus tard, le disque de diamant tant convoité (750 000 ventes). Et pourtant, la même année, la SNEP (Syndicat national de l’édition phonographique) classe le rap à seulement 0,1% des ventes, alors même que Dans ma bulle en représente 0,8%. Cette évaluation s’établit « selon le genre musical déclaré par la maison de disques, qui dans l’écrasante majorité des cas dans les années 2000 déclare les albums de rap français comme des albums de variété« , informe le site Sur un son rap.

Diam’s aura ainsi laissé son empreinte sur la scène hip-hop, devenant une source d’inspiration pour beaucoup d’artistes. En février dernier, le jeune rappeur Hatik accordait une reprise du titre « Petite banlieusarde » dans une interview pour la chaîne YouTube “Fanzine”, assimilant Diam’s à une référence incontestée.

Ta série confinement : Amours solitaires

Capture d’écran

« Amours solitaires  »  micro-série réalisée par Xavier Reim et adaptée par Joris Goulenok, à partir du roman de Morgane Outin –  lui-même issu des relations épistolaires 2.0 de ses abonnés –  est en ligne  sur YouTube et sur le compte Instagram « @Amours_solitaires » ainsi que sur Arte.fr. Les téléspectateurs mais surtout les abonnés replongent dans l’univers des échanges virtuels de Maud et Simon : messages d’amour, déclarations, introspection, et finalement une nouvelle forme d’attirance par l’objet numérique.

Capture d’écran

L’essence du projet initial de Morgane Outin se dévoile dans la série qui reprend les codes esthétiques du message virtuel. Le format de la série est aussi court que les échanges SMS, chaque épisode dure entre 1 et 4 minutes.

Le livre semblait être l’apogée de la page Instagram qui compte aujourd’hui plus de 700 K d’abonnés où l’autrice publie anonymement les échanges passionnés entre  fans.

L’adaptation en micro-série donne une véritable envergure au projet initial notamment par son format « story » sur Instagram : les fans peuvent regarder dans un plan vertical, comme si les personnages postaient au fur et à mesure leur romance. La page Instagram voit évoluer un  concept qui commençait à tourner en rond.

Le projet repose donc véritablement sur le succès du réseau social Instagram, le casting ne trompant pas. En effet, l’on y retrouve Anaïde Rozam, comédienne issue également de cet univers qui interrogeait déjà ses abonnés autour des questions de l’apparence sur son propre compte.

La micro-série se suit sans difficulté durant ce confinement et nous invite à repenser nos relations, dans ces moments où l’enfermement nous incite à créer du lien avec notre répertoire. Certaines relations naissent dans ce quotidien confiné. Se crée alors un espace sentimental virtuel et fictif, où l’échange est rapide, instantané, parfois osé.

Ta recette confinement : la ratatouille comme dans le film

Elle hante encore nos rêves d’enfants et traverse nos esprits d’apprentis cuisiniers. Et pourquoi ne pas se lancer ? Pourquoi ne serait-ce pas maintenant, notre rendez-vous avec l’histoire culinaire ? La ratatouille cuisinée par le petit chef Rémy constitue, au-delà d’un chef-d’œuvre esthétique, un mystère pour les adeptes de la gastronomie. Au point que nous nous prêtons à imaginer les saveurs de ce plat coloré. A la fin du film, le critique Ego replonge dès la première bouchée dans les tendres souvenirs de son enfance. Telle une madeleine de Proust, ce sentiment de réminiscence provoqué par ce plat crée une sorte de mise en abyme. Il fait ainsi ressurgir la mémoire des après-midis Pixar à fantasmer sur ces personnages si attachants. 

Alors si vous souhaitez un peu voyager dans le temps, la ratatouille tombe à pic ! 

Il est l’heure d’en finir avec ce secret : nous avons trouvé la recette idéale pour réaliser cette fameuse ratatouille. (Comme dans le film, promis).

Pour ce faire, vous aurez besoin (pour 8 personnes) de : 

2 aubergines, 6 tomates, 2 courgettes jaunes, 2 courgettes normales, 1 oignon, 4 gousses d’ail, 1 poivron rouge, 1 poivron jaune, 795g d’écrasés de tomates, basilic frais, thym frais, persil frais, huile d’olive, sel/poivre. 

En plus de la recette, on vous conseille d’ajouter généreusement du parmesan pour plus de gourmandise. 

1) Préchauffez le four à 190˚C 

2) Tranchez ensuite l’aubergine, les tomates, les courgettes en rondelles 

3) Préparez la sauce : faites chauffer l’huile d’olive dans une poêle à feu moyen-élevé. Ajoutez-y l’oignon, l’ail et les poivrons coupés en dés, jusqu’à ce qu’ils soient tendres (environ 10 minutes). Salez et poivrez, puis ajoutez-y l’écrasé de tomates. Remuez jusqu’à ce que les ingrédients soient entièrement incorporés. Retirez du feu, puis ajoutez le basilic. Remuez à nouveau, puis lissez la surface de la sauce à l’aide d’une spatule. 

4) Disposez les légumes tranchés en alternance (aubergine, tomate, courgette jaune, courgette verte) sur la sauce, du bord extérieur au milieu de la casserole. Salez et poivrez. 

5) Préparez l’assaisonnement aux herbes : dans un petit bol, mélangez le basilic, l’ail, le persil, le thym, le sel, le poivre et l’huile d’olive. Répartissez l’assaisonnement sur les légumes à l’aide d’une cuillère. 

6) Dernière étape et pas des moindres : saupoudrez de parmesan pour y apporter un peu de croustillant. 

7) Couvrez le plat d’une feuille d’aluminium et faites cuire pendant 40 minutes. Découvrir, puis faire cuire pendant 20 minutes supplémentaires, jusqu’à ce que les légumes soient ramollis.

Ton sport de confinement

Le sport en confinement, à la fois inaccessible et à portée de mains. L’enfermement ne semble pas être propice à la pratique d’un sport, encore moins dans sa dimension collective. Pourtant, l’on voit bien des citadins découvrir des passions footing à moins d’1km de chez eux et redécouvrir, par la même occasion, leur bassin de vie. 

Pour ces nouveaux coureurs du dimanche et pour l’ensemble des confinés, toute la sphère du web a réorienté son contenu vers le sport, notamment Youtube qui regorgeait déjà de vidéos fitness, musculation, yoga, exercices en tous genres à faire seul.e.s chez soi.

Body positiv

Une sorte de cauchemar réel. Un peu comme si une caméra s’était infiltrée dans mon salon, pour vérifier que je faisais bien mes squats, mes « bumpeez » (oui, parce que l’on apprend aussi le nouveau vocabulaire fitness / musculation). Une occasion supplémentaire  de rappeler que tout ce marketing autour  du « body summer » est à vomir. Arrêtez cette déformation de la réalité et de la diversité des corps existants. On le répète : le Body Summer n’existe pas. Chaque corps étant unique.

Toutefois, vouloir commencer la pratique d’un sport rongé par l’ennui, sans tomber pour autant dans un extrême, ne semble pas être une mauvaise idée notamment afin lutter contre l’anxiété et surtout l’ennui – il s’agirait quand même d’éviter d’encombrer les urgences avec un claquage fait devant son écran, donc surtout : on ne se force à rien !

Du sport pas cher

Si vous êtes étudiant.e.s : renseignez-vous auprès de votre UFR de sport qui a peut-être mis en ligne des vidéos d’exercices réalisées par les professeurs d’EPS. Ces exercices sont adaptés pour un niveau débutant, et les conseils sont fiables.

Captures d’écran

L’application « Nike Training Club » est également assez pratique, puisque très intuitive. Même si l’application est principalement destinée à la course à l’extérieur, le Feed est très bien fait : on y trouve des live avec des vidéos très détaillées, des exercices variés, mais aussi des recettes « Healthy ».

L’application propose – évidemment –  des promotions pour acheter des vêtements de la marque et – évidemment – le design et les photos disponibles sur l’application sont des supers outils de marketing.

Toujours Dans le même esprit, avec un esthétique particulièrement travaillé mais peut-être plus accessible : le collectif de Hip-Hop Yoga Humble Warriors propose des lives Instagram de yoga vinyasa sur du Kendrick Lamar, du Jorja Smith. (Disponible sur Le compte : @wearehumblewarriors.)

Tout simplement mettez de la musique, bougez chez vous. Dansez chez vous !