Un jour de 2007, le jeune Georges* faisait la connaissance de son voisin, Eric. Scientifique passionné d’astronomie, il va lui permettre de voyager dans l’espace et de découvrir ses plus grands secrets. Cette même année, en ouvrant un colis rempli de livres, j’ai à mon tour rencontré Georges, et ne l’ai jamais quitté. Ce 14 mars, c’est son père qui est parti explorer un autre univers.

Je voudrais parler aujourd’hui de ce génie de la physique, de cet homme dont l’imagination débordante, en lui permettant de défier la mort et les pourquoi de la vie, a nourri la mienne et sans doute celle de nombreux astronomes en herbe.

© Nikow pour L’Alter Ego/APJ

Il le disait lui-même, ce qui l’a rendu aussi populaire est sans doute l’étonnant contraste entre ses capacités physiques extrêmement réduites par sa maladie de Charcot et l’étendue des ses connaissances et de ses qualités intellectuelles. Mais, du haut de mes neuf ans et à travers les mots que mes yeux dévoraient, je n’ai rien vu de tout ça. Je n’avais, et n’ai toujours pas d’ailleurs, assez de compétences pour comprendre ses travaux, les avancées qu’ils ont permises et leur importance dans notre compréhension de l’Univers. Le travail du scientifique ne m’impressionnait donc que très peu, ce qui m’a tant marqué c’est cette impression que le savoir était à ma portée.

Le rayonnement de Hawking n’est pas seulement une grande découverte sur la nature des trous noirs, qu’il a passé sa vie à étudier. Le rayonnement de Hawking est aussi un rayonnement humain, une vague d’audace et d’imaginaire qui vous emporte sur son passage. Stephen Hawking ne cherchait pas seulement des réponses aux grandes questions de l’univers, il invitait tout le monde à chercher avec lui. Quel qu’était votre âge, il se mettait à votre portée. En apparaissant dans les Simpsons, The Big Bang Theory ou Star Trek, il diffusait son image, dédramatisait le handicap, mais surtout permettait de faire connaître l’astrophysique en toute simplicité. Il mettait un point d’honneur à vulgariser ses travaux, donnant au fil du temps des clés de plus en plus nombreuses pour comprendre l’espace dans son immensité. Avec lui la science était moins rebutante, en témoigne les millions d’exemplaires de Une brève histoire du temps vendus depuis sa sortie en 1988.

Stephen Hawking – © Santi Visalli/Getty Images

Inspiré de ce titre, le film Une merveilleuse histoire du temps sorti en 2014 retrace la vie du scientifique et montre comment il s’est battu avec humour et poésie contre une maladie qui ne devait lui laisser que deux années à vivre. Ce film avait réveillé mon désir de devenir astronaute, et m’a permis de mieux connaître ce héros de mon enfance. Certains admirent Superman, Lara Croft ou  Usain Bolt, moi c’était Stephen Hawking. Au cours de sa vie passée dans notre univers, il aura énoncé de nombreuses théories, validé de nombreuses prédictions, mais aussi éveillé de nombreuses vocations.

Je ne serais sans doute jamais astronaute, alors c’est l’enfant de neuf ans, la tête dans les étoiles, qui écrit aujourd’hui. Elle vous admire et vous remercie, monsieur Hawking. Elle vous remercie de l’avoir fait plonger dans la cosmologie, d’avoir élargi son champ des possibles, de lui avoir créé des rêves.

*Georges et les Secrets de l’Univers, Stephen et Lucy Hawking, édition Pocket, septembre 2007