C’est aussi la rentrée pour L’Alter Ego, « Ainsi va la politique » reprend son cours, avec une édition hebdomadaire pour vous résumer simplement et clairement l’actualité politique française de la semaine.

Première dame de France, un statut officiel qui fait peur aux Français

© Sylvain Lefevre/WireImage
Brigitte macron, première dame de france – © Sylvain Lefevre/WireImage

Le Président de la République durant sa campagne avait une promesse : un statut officiel pour la Première dame de France, femme qui joue un véritable rôle dans un mandat par sa présence quotidienne aux côtés du chef de l’État. Par ailleurs, certaines premières dames impliquées en politique, par exemple Bernadette Chirac, ont même eu un rôle de conseil auprès du Président. On sait l’importance de Brigitte Macron dans la vie du Président actuel, ce qui explique en partie la volonté d’Emmanuel Macron de créer un statut officiel pour sa femme. Cette envie est également motivée par un souci de transparence. Comme l’a rappelé le porte-parole du gouvernement, jusqu’alors, le rôle de la première dame était flou.

320 000 signatures

Cette notion de « statut » a fait peur aux Français. Résultat : une pétition rassemblant près de 320 000 soutiens a vu le jour en ligne. L’exécutif n’admet pas avoir reculé, mais a reconsidéré sa position. En effet, Brigitte Macron ne disposera pas de statut mais simplement d’une clarification de son rôle ce qui l’empêche de se voir allouer un budget. Affaire à suivre…

Un nouveau QG pour La République en marche !

Auparavant voisin des Républicains dans le XVème arrondissement de Paris, le mouvement du Président de la République, La République en marche ! (LREM), déménage dans le chic IIème arrondissement. C’est dans un hôtel particulier d’environ 1 000 m2 que le néo-parti s’installe. L’espace se veut central (au cœur de la capitale) pour pouvoir renforcer le lien entre le mouvement et les militants. De plus, les lieux sont modernes, ce qui manquait cruellement aux précédents bureaux. Avec ce renouvellement de locaux, La République en marche ! conforte sa place de nouvelle entité politique sur laquelle il faudra désormais compter.

Libre de droit
Libre de droit

Frais de campagne dévoilés : Benoît Hamon doit s’expliquer

Les chiffres relatifs à l’élection présidentielle de mai 2017 ont été publiés au Journal Officiel courant août, et les soucis pour la gauche ne sont pas prêts de s’arrêter. En effet, Benoît Hamon fait figure de mauvais élève parmi les candidats. Le parti socialiste a dépensé 15 millions d’euros pour cette campagne, soit le deuxième plus gros budget juste derrière La République en marche (16 millions d’euros). Rapporté aux nombres de voix obtenues (2 millions de voix), le ratio est catastrophique ! Le candidat du Parti Socialiste a ainsi dépensé 6,58 euros par voix, soit le pire rapport. Même Jacques Cheminade fait mieux, et le quatuor de tête aux élections (Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron, François Fillon et Marine Le Pen) s’en tire avec un prix par voix compris entre 0,8 euros et 1,9 euros. Il faut désormais pour le PS se ressaisir rapidement en vue d’une restructuration salvatrice.

Benoit Hamon
© Bash pour L’Alter Ego/APJ

Macron, les vacances du Président et de sa popularité

Après un été désastreux pour sa cote de popularité, le Président de la République s’est accordé 10 jours de repos à Marseille en famille. Le désormais dictateur de la communication présidentielle a rapidement été repéré sur les hauteurs de la cité phocéenne. Entre match de foot avec son équipe favorite de l’OM, visites culturelles et repos, le Président ne s’est pas ennuyé. De quoi remettre d’aplomb le chef de l’État qui subit une crise de défiance de la part des Français. À la rentrée, les baromètres sont unanimes : le Président est majoritairement impopulaire chez les Français, 54% d’entre eux désapprouvent son action. Le défenseur du « ni droite ni gauche » divise de tous les côtés de l’échiquier politique bien que sa chute dans les sondages soit plus marquée à droite qu’à gauche. Les grands chantiers de la rentrée devront être menés avec beaucoup de minutie pour ne pas sombrer de la même manière qu’un père spirituel funestement célèbre…

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Grands chantiers de la rentrée pour la jeunesse

Les grands chantiers de la rentrée, les voici justement ! Les jeunes sont au premier plan de la politique du gouvernement : baisse des APL (5 euros par mois) et enterrement de la plateforme APB (ouf !). Concernant les APL, leur suppression a d’ores et déjà fait débat chez les jeunes qui prévoient de se mobiliser dès la semaine prochaine. Emmanuel Macron a répliqué le 5 septembre en priant les propriétaires de baisser les loyers de 5 euros pour équilibrer l’effort forcé des étudiants. Cette demande de compensation risque de faire grincer des dents.

Pour APB, le suspense est total, la plateforme semble être en train de vivre ses derniers jours mais le flou demeure sur le système qui la remplacera dès le printemps prochain. Les équipes du Ministère de l’Éducation nationale vont devoir travailler dur cette année pour éviter un nouveau fiasco à la rentrée prochaine.

Les ordonnances du Code du travail : mais au fait, c’est quoi une ordonnance ?

C’est la grande annonce qui a agité la rentrée syndicale, la publication des ordonnances promises par le Président pour réformer le Code du travail.

Mais qu’est-ce qu’une ordonnance ?

L’ordonnance est un texte qui, au premier abord peut faire figure de 49-3 déguisé, c’est-à-dire qu’il court-circuite la fabrique de la loi qui a normalement lieu au Parlement. En effet, lorsque le gouvernement souhaite mettre en place des ordonnances, il en fait la demande à l’Assemblée. Si l’hémicycle répond favorablement, alors une loi autorisant l’élaboration et la promulgation des dits textes est éditée. Elle fixe le cadre, notamment dans le temps, d’une telle mesure. S’en suit ensuite la rédaction des ordonnances, qui n’ont plus qu’à être ratifiées par le Président de la République pour entrer en vigueur. Ainsi, la navette législative n’a pas lieu, du moins pas immédiatement. Cela permet une rapidité d’action. Cependant, pas d’inquiétude, un projet de loi est présenté a posteriori afin que le Parlement valide les ordonnances.  

Les ordonnances vont désormais être appliquées et L’Alter Ego suivra, au cours des prochains mois, l’impact de ces textes sur l’emploi en France.

Jeux Olympiques 2024

13 septembre 2017 : c’est le jour où le Comité International Olympique (CIO) doit se réunir pour décider de l’attribution des Jeux Olympiques 2024 à la capitale française. L’Alter Ego avait déjà fait le point dans les épisodes précédents de « Ainsi va la politique », le dénouement est proche et ne fait aucun doute. Paris sera bien la ville organisatrice de l’édition 2024 de la plus prestigieuse des compétitions sportives. Avec la Seine-Saint-Denis (93) au cœur du projet, c’est bien la future métropole du Grand Paris qui se lance dans ce projet aussi bien pharaonique que politique. Les détracteurs sont nombreux mais Anne Hidalgo, la Maire de Paris, l’a une nouvelle fois soutenu dans une interview pour Brut : les financements seront encadrés et Paris 2024 n’a pas d’autre choix que d’être une réussite sur tous les aspects (économiques, sociaux, environnementaux).

© Le Pictorium / Barcroft Images / Barcroft Media via Getty Images
© Le Pictorium / Barcroft Images / Barcroft Media via Getty Images

Pétrole, une marée verte pour la France ?

Ce mercredi 6 septembre, Emmanuel Macron a annoncé la fin de la production d’hydrocarbures par l’industrie française. Alors, bonne nouvelle ou trop beau pour être vrai ? Si l’on sort l’annonce du Président de son contexte, alors oui, cette décision va dans le sens d’une prise de conscience écologique de la part du gouvernement et fait entrer un peu plus Emmanuel Macron dans une ligne proche de celle de son ministre de l’écologie. Néanmoins, lorsque l’on s’intéresse aux chiffres, cette décision fait figure de « décisionnette ».  En effet, la production de pétrole par la France ne représente en fait que 1% de sa consommation. De plus, la plupart des gisements exploités seront épuisés avant la date butoir de 2040. Une fois avoir exploité les chiffres, parlons politique.

Les récents exemples aux États-Unis du Président Trump démontant les réformes de son prédécesseur font forcément penser aux nombreuses années qui s’ouvrent à la politique française. Les gouvernements vont se succéder, les présidents également, les couleurs politiques au pouvoir changeront et l’avenir demeure incertain.

image de couverture : © Maxime Bourstin