Le 20 mai, Trump entamait son premier voyage présidentiel, du Moyen-Orient à Taormine, en passant par le Vatican. Huit jours pour visiter cinq pays qui feront chacun l’objet d’un article retraçant les extravagances du président américain de l’autre côté de l’Atlantique. Episode 4.

De Rome, le chemin n’était plus très long jusqu’au sommet mineur de l’OTAN à Bruxelles. Pour cette grande première, Trump a consacré une bonne partie de son temps à l’Union Européenne avant les discussions officielles dans le nouveau quartier général de l’Alliance. Bâtiment figurant des doigts entremêlés, pour se persuader de la force de l’organisation.

Avant toute réunion, priorité à la France et à son président tout neuf. Invité à l’ambassade américaine de Bruxelles, Emmanuel Macron a donc partagé la table de Trump le 24 mai à midi. Après leur rendez-vous téléphonique du 8 mai, ce repas n’est donc que le deuxième échange entre les apprentis présidents. Aucune déclaration officielle n’a eu lieu précisant le contenu de cette discussion, seules quelques images se laissent analysées. Ainsi, une simple poignée de mains est venue résumer l’atmosphère régnant entre le grand homme d’affaire populiste et le jeune entrepreneur républicain. Et la tendance est à la virilité et à la démonstration de force. Malgré sa poigne, Trump a eu la main blanchie par la puissance de Macron. Petit détail mais symbole politique, la nouvelle figure de la France est entrée confiante sur la scène internationale. Pendant que l’Amérique ne s’est pas sentie très great et s’est même vexée. Et on apprendra qu’on ne vexe pas M.Trump, sinon il prend en otage l’avenir de la planète*.

Peut-être encore frustré de cette défaite, plus qu’un discours, l’américain a adressé une véritable attaque aux autres dirigeants dans l’après-midi. L’OTAN, plus si obsolète que ça, souffre selon lui d’un manque considérable de moyens en terme de défense. Manque qu’il reproche à vingt-trois des vingt-neuf pays de l’Alliance qui ne paieraient pas leur part, contrairement aux États-Unis. On aurait pu croire que cette allocution visait à montrer le caractère indispensable de sa présence et sa bonté quant à son revirement de position vis-à-vis de l’OTAN, mais ces affirmations sont vraies. Les États-Unis font partie des seuls à avoir atteint l’objectif donné en 2014 de 2 % du produit intérieur brut consacré à la défense. Même si le discours semble avoir étonné l’auditoire, Trump n’a pas élevé le ton pour rien… au temps pour nous.

Dans sa lancée, le président Américain est aussi partiellement à l’origine de la décision prise par l’OTAN lors de ce sommet de rejoindre officiellement la coalition internationale contre l’organisation Etat Islamique. Une demande particulièrement appuyée par Washington et Londres, qui a porté ses fruits après de longues et intenses négociations. Cette décision est une petite concession des pays européens à l’administration Trump, qui ne partage pas franchement leur vision de la lutte contre le terrorisme. Mais cette adhésion intensifie la lutte plus qu’elle n’en détermine la forme. D’autres négociations sont donc à venir sur le sujet.

Trump Buzz

Il nous y a habitué, les réussites diplomatiques ne sont pas si importantes que ça pour Donald Trump si il n’y a pas de supériorité physique. Alors, au moment de la photo de famille, il a été saisi par un élan de virilité. Écartant de son chemin le représentant du Monténégro puis bombant fièrement le torse, le coq a fait, sous le regard amusé de ses comparses, son entrée dans la basse-cour de l’Atlantique Nord.

 

*retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris le 1er juin 2017.

image de couverture : © Noam Galai/WireImage