Le 20 mai, Trump entamait son premier voyage présidentiel, du Moyen-Orient à Taormine, en passant par le Vatican. Huit jours pour visiter cinq pays qui feront chacun l’objet d’un article retraçant les extravagances du président américain de l’autre côté de l’Atlantique. Episode 1.

Pour sa première sortie du territoire américain, Donald Trump a choisi de monter dans le Air Force One direction l’Arabie Saoudite. Première occasion de faire peau neuve en quittant les affaires internes, il espère faire oublier les années Obama et leur rapprochement avec l’Iran. L’occasion aussi de faire passer un message aux musulmans, riches de préférence.

Trump n’a jamais caché sa sympathie pour l’Arabie Saoudite. Lors de la mise en place de son “Muslim Ban”, cette dernière ne faisait pas partie de la liste des indésirables. Ryad était d’ailleurs restée muette face à la polémique qu’il avait entraîné. Loin d’être un détail, cela montre que Trump sait prendre soin de ses alliés. Les sept pays concernés étaient des pays musulmans certes, mais aussi, comme le précisent Richard W. Painter et Norman L. Eisen dans le New York Times, des pays pauvres, sans grand intérêt pour les Etats-Unis. Ainsi, cette première visite officielle vient acter le rapprochement en cours depuis le début du mandat. Elle veut faire oublier à l’Arabie saoudite le massacre de la Ghouta de 2013 et l’accord sur le nucléaire Iranien pour la conforter dans sa place de leader du monde musulman. Avec le président Trump, le septuagénaire Pacte du Quincy (accès aux ressources pétrolières contre assurance de sécurité) semble être entre de bonnes mains.

Flatté de passer avant le Mexique ou le Canada, le roi Salamane d’Arabie Saoudite se lance dans une grande opération de séduction. Contrastant avec l’arrivée d’Obama en 2015, Trump est accueilli en grandes pompes. Dès sa sortie de l’avion le roi l’attend à bras ouverts, en symbole de la confiance qu’il place en ce nouveau président. Pour lui, l’objectif de ce court séjour est de remettre l’Iran au centre du viseur des Etats-Unis. Ce à quoi s’attèle déjà l’administration Trump, à l’instar de James Mattis* qui avait déclaré lors de son passage à Ryad en avril « s’il y a des problèmes [au Moyen Orient], il y a l’Iran ». Pour finir de froisser les iraniens, Hassan Rohani n’a pas été invité à assister à l’allocution de Donald Trump, contrairement à cinquante autres pays musulmans.

Ce discours est un enjeu majeur du voyage : il est l’occasion pour le président de préciser les relations qu’il souhaite entretenir avec le monde musulman. Même si l’Iran y occupe une place de taille, la majorité du discours est laissée au terrorisme. Trump le place en ennemi numéro un de sa présidence, tout en évitant, pour une fois, le moindre amalgame. Dans cette perspective, son engagement en Syrie a plu, montrant autant son hostilité envers l’EI qu’envers le régime de Bachar Al Assad, soutenu par Téhéran. Les médias américains vont même jusqu’à parler d’une volonté de mettre en place un « OTAN de monde arabe » qui soulignerait l’union et la fermeté recherchée face à l’EI.

Autre enjeu, plus économique que diplomatique cette fois, des accords de 380 milliards de dollars a été signé entre les deux pays. Ces accords concernent majoritairement la défense, l’aérien, et bien sûr le pétrole. Sur ce dossier, Trump risque de rencontrer plus de difficultés, puisque les États-Unis ont déjà été mis en garde par l’Opep sur l’exploitation de leurs gisements.

Trump Buzz


Que serait le 45e président des Etats-Unis sans ses innombrables buzz ? Rien sans doute. Alors ce n’est pas parce qu’il quitte le territoire qu’il perd ses bonnes habitudes. De ce passage en Arabie Saoudite c’est l’ouverture du « Global Center for Combating Extremist Ideolody » qui fait le bonheur de la toile. Les détournements, presque facultatifs, montrent la véritable face de ce rapprochement Américano-arabes.

 

*Général américain nommé secrétaire à la Défense des Etats-Unis.

image de couverture : © Eduardo MunozAlvarez/VIEWpress/Corbis via Getty Images