Il est responsable de la mystérieuse disparition de la pyramide du Louvre en mai dernier. JR, de son vrai nom Jean René, est de ceux qui font rimer création artistique avec engagement politique. Son goût pour l’art remonte à une vingtaine d’années lorsqu’adolescent, il s’adonne au graffiti sur les toits de Paris.

Graff & photographe

Rapidement, Jean René se prend de passion pour la création et pour le sens que celle-ci peut revêtir, sous la forme de Street art essentiellement. En 2001, JR trouve dans les souterrains du métro parisien un appareil photo. C’est de cette rencontre fortuite que naît sa pratique de la photographie. Jean René se lance alors dans un périple européen et fait de ses voyages un prétexte à immortaliser en rafales de clichés les visages du monde. C’est chacun des sourires de l’humanité que la pellicule de JR fait parler à travers le silence d’une photo en noir et blanc.

Changer le monde, c’est peut-être voir un peu grand mais ce qui est certain, c’est que les créations de JR ont au moins le mérite de faire bouger ce monde. Au-delà du caractère engagé de ses oeuvres, JR s’active dans des projets concrets voués à améliorer les sociétés et pour cela, il fait appel aux protagonistes de cette planète Terre. Dans cette idée, JR lance par exemple en 2011 Inside out, un projet pour lequel il se propose d’envoyer leurs portraits aux demandeurs qui n’ont plus qu’à coller leur photographie à un endroit ou à un autre pour défendre une idée ou pour promouvoir une intention.

Plus qu’un simple artiste engagé

Autre exemple de son engagement, le projet Face2face s’attaque aux idées reçues et aux préjugés sur le conflit israélo-palestinien. D’expressives mimiques se figent dans l’oeil de l’artiste : des Israéliens, des Palestiniens, auxquels l’artiste redonne une humanité perdue car réduite à des frontières. C’est sans doute ce qui fait la singularité de l’oeuvre de JR, cette volonté d’humanité, de montrer les gens, quels qu’ils soient et de les exposer n’importe où, comme pour souligner leur importance et pour affirmer que leur place est partout. Pour JR, ce sont les mêmes femmes, les mêmes hommes qui peuvent arborer la façade du Panthéon que les murs des grandes villes.

JR ne se contente pas du titre d’artiste engagé qui prétendrait changer le monde à l’aide d’une plume, d’un pinceau ou d’un appareil, lui va plus loin et épanouit sa révolte dans des petites actions qui, pas à pas, transforment le monde, à leur manière et à leur échelle. L’oeil dans l’objectif, JR s’attaque à des idées, à des façons de penser et colle sur les murs sa volonté de changement et de progrès tout en gardant cette âme d’enfant que les grimaces de ses modèles ne manquent pas de rappeler.

 

Image de couverture : © Dominique Charriau/WireImage