Le fondateur de l’Union Populaire Républicaine (UPR) a récolté les 500 parrainages nécessaires pour se présenter à l’élection présidentielle. Ce souverainiste, blacklisté par les médias mais très présent sur internet, compte bien se faire entendre.

Conférence de presse de François Asselineau / Meeting de l'UPR à Paris le 25 mars 2017 / ©Bashpresse / ©APJ
Conférence de presse de François Asselineau / Meeting de l’UPR à Paris le 25 mars 2017 – ©APJ/Bash

« Le parti qui monte malgré le silence des médias »

200 000 affiches collées en cinq ans, voilà le bilan de l’affichage « sauvage » des équipes de l’UPR depuis les dernières élections présidentielles. Sur des murs d’expression, sous les ponts… le visage de François Asselineau et sa mesure forte – le « Frexit », à savoir la sortie de la France de l’Union Européenne – occupent l’espace public. Pourtant, le parti est très peu présent dans les médias. N’ayant obtenu qu’entre 0,5% à 1% des voix lors des dernières élections, les rédactions hésitent en effet à inviter l’UPR dans leurs débats politiques. Lors des élections régionales 2015, le parti se présente d’ailleurs comme « Le parti qui monte malgré le silence des médias ».

En l’absence de réelle communication médiatique et en raison d’un faible budget (le parti compte récolter 1,8 million d’euros pour sa campagne, loin du plafond des 20 millions autorisés), l’UPR s’appuie fortement sur la puissance d’internet. Outre les nombreux statuts de la page du parti, ce dernier peut compter sur la volonté de ses partisans, qui n’hésitent pas à partager ses idées en commentaires de statuts Facebook mais aussi de vidéos YouTube en rapport avec la politique. Dans ce domaine, la stratégie du parti est similaire à celle de La France Insoumise ou du Front National. Aussi, comme le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, la page Facebook du parti n’hésite pas à relayer fréquemment le temps de parole du candidat selon le CSA, afin de mieux mettre en exergue sa différence avec les quatre gros partis (EM!, FN, LR et PS). Facebook est en effet au cœur de la stratégie de communication de l’UPR.

Un programme souverainiste

L’obtention des 500 parrainages nécessaires et la présentation du programme à la presse le vendredi 10 mars dernier devraient permettre à l’UPR d’obtenir plus de visibilité médiatique. L’occasion pour le plus grand nombre de découvrir les propositions du parti. François Asselineau adopte une ligne plus à droite que Marine Le Pen, parti duquel il compte bien puiser une partie de son électorat. Outre la sortie de la zone euro, le candidat défend également la sortie de la France de l’Union Européenne et de l’OTAN. Cette prise de position lui vaut d’être parfois qualifié de conspirationniste. Il défend en effet que l’Union Européenne aurait été créée par les États-Unis et n’hésite pas à afficher ses positions pro-russes. En mai 2015, Asselineau se rend ainsi en Crimée commémorer la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe.

Sur le plan intérieur, François Asselineau se présente comme un libérateur. Son programme est assurément nationaliste. Ainsi, il souhaite renationaliser des entreprises comme La Poste, Engie la SNCF ou TF1 et imposer aux ministères la production en France de leurs commandes publiques, « sauf impossibilité ». Pour autant, son programme a également une portée sociale. Dans ses 20 points, il inscrit « la santé pour tous », une augmentation de la retraite et un accès à la culture « au mérite » et non pas « de naissance ».

À propos de sa politique concernant la jeunesse, François Asselineau reste vague. Aucune de ses 19 mesures phares ne concerne directement les jeunes. Son explication ? « Ce sont des compétences gouvernementales. Les choix résulteront des élections législatives. […] Il faut faire un programme à l’élection de la République » déclarait-il ainsi le 3 décembre 2011, dans un discours encore mis en avant sur le site du parti pour l’élection 2017. En effet, ultime pied de nez de l’UPR, le parti souhaite ainsi montrer « qu’à la différence de la plupart des politiciens qui présentent un programme différent à chaque élection, celui de François Asselineau reste constant à travers les années ». Une façon de plus de montrer que l’UPR ne cherche pas à être un parti comme les autres.

Image de couverture : © APJ/Bash