Aujourd’hui, il y a un seul et unique océan mondial, couvrant 72% de la surface de la Terre et qui est essentiel à l’humanité. Chaque humain dépend de la mer, même s’il vit loin de celle-ci. L’océan joue un rôle majeur dans l’équilibre social, économique et environnemental de tous les pays du monde. Il influt également grandement sur la régulation du climat mondial. Grâce à la présence des végétaux marins, l’océan libère plus d’oxygène dans l’atmosphère que toutes les forêts du monde. Ainsi, comparer l’Amazonie, qui produit 20% de notre oxygène, au « poumon » de notre planète, est assez trompeur. En effet, le véritable « poumon de la planète », ce sont plutôt les océans, qui apportent à eux seuls 50% de l’oxygène que nous respirons. Ces derniers sont aussi d’une importance capitale dans le combat contre le changement climatique. Ils absorbent la chaleur et la redistribue dans le monde par le biais des courants marins et de leurs interractions avec l’atmosphère. Ils emmagasinent autant de chaleur que la totalité de notre atmosphère puisque 93 % du carbone sur la planète y est stoké. Sans eux, la Terre et l’humanité connaitrait un réchaufemment des températures beaucoup plus important.

Il me paraît nécessaire d’énumérer de façon non exaustive, d’autres faits caractérisant l’importance des océans sur Terre, pour l’humanité :

  • L’Océan fournit du travail à 140 millions de personnes dans les domaines de la pêche et de l’aquaculture, mais aussi indirectement dans le domaine du tourisme, des activités scientifiques et militaires, du commerce maritime international, etc.
  • L’océan est une source vitale de protéines animales pour des milliards de personnes à travers le monde. Certaines sociétés dépendant fortement des ressources hallieutiques, et celles-ci représentent une sécurité alimentaire mais également économique et sociale.
  • 90% des marchandises transitant dans le monde, circulent par voie maritime.

Malgré la reconnaissance du rôle décisif de l’océan sur le climat, nos activités menacent profondément celui-ci. L’océan se réchauffe et s’acidifie, les coraux blanchissent  ; mais il fait également face au phénomène de la surpêche. Selon le rapport Sofia du Fond Agricole Mondial de 2018, 33,1 % des stocks mondiaux de poissons sauvages sont aujourd’hui surexploités et 66,1 % des stocks de poissons sont exploités à leur niveau durable maximal. Certaines espèces marines ont disparues du fait de cette surpêche, telle que la morue de Terre-Neuve au Canada, qui a longtemps été exploitée par l’Homme. En conséquence de tout cela, de nombreuses prévisions estiment que le capital hallieutique de notre planète bleue aura grandement disparu en 2050.

La pollution plastique océanique 

En l’espace de 65 ans, l’Homme a produit 9 milliards de tonnes de plastique. Ce plastique qui rythme nos vies, présent absolument partout, de la brosse à dents aux emballages alimentaires, se retrouve dans les océans. Chaque année, plus de 8 millions de tonnes de déchets plastiques se déversent dans les mers. Ainsi, chaque seconde, 206 kilos de déchets plastiques arriveraient dans les océans. La pollution plastique océanique constitue alors une véritable catastrophe naturelle causée par l’Homme. Cette pollution a des conséquences graves et durables. 100 000 mammifères marins sont tués chaque année à cause du plastique. De plus, le plastique déversé dans les océans va se dégrader, et se transformer peu à peu en microplastiques, c’est-à-dire de mini particules plastiques d’une taille inférieure à 5 millimètres, qui sont ensuite ingérés par les poissons, mammifères marins, oiseaux de mer, mais aussi par l’Homme ! Cette catastrophe écologique a alors des conséquences désastreuses sur la santé humaine (stérilité, perturbations hormonales, etc), mais aussi sur l’activité économique, avec une dégradation de l’activité touristique côtière, maritime, ainsi qu’une destruction des ressources hallieutiques. Les causes de cette pollution plastique sont multiples. Cela provient notamment d’un manque d’éducation concernant la gestion des déchets (tri, recyclage) dans certains pays, mais aussi d’un manque de moyens ou de volontés politiques qui sont de véritables freins à toute amélioration de la gestion des déchets plastiques. Les grandes entreprises utilisant du plastique, sont également responsables.

En l’espace de 65 ans, l’Homme a produit 9 milliards de tonnes de plastique.

Bref, au-delà des activités économiques gourmandes en plastique, des comportements individuels de consommation, et du manque de moyens et de volonté politique, un homme a décidé de réagir et L’Alter Ego s’y est interressé. En effet, Yvan Bourgnon, navigateur franco-suisse, a constaté cette pollution grandissante lors de ses différentes traversées, et a décidé de créer l’association « The Sea Cleaners », destinée à lutter contre la pollution plastique océanique. Cette dernière porte le projet « Manta », premier bateau hautirier capable de collecter et de traiter les macro-déchets plastiques flottant à la surface, qui représentent 25% de la pollution plastique océanique, puisque les 75% restants se transforment en microplastiques. L’Alter Ego est donc parti à la rencontre d’Yvan Bourgnon à la Trinité-Sur-Mer, pour mieux comprendre le projet de l’association « The Sea Cleaners », de collecte des plastiques dans l’océan, grâce au bateau « Manta ».

L’interview

Les questions de L’Alter Ego à Yvan BOURGNON