Ils ont 21 ans, sont originaires du Mans, et ont lancé il y a quelques semaines une ambitieuse collecte de fond. Benjamin, Marin, Maëlane, Anahë et Pierre ont en effet pour projet de réaliser un reportage sur le rapport qu’entretiennent les jeunes au réchauffement climatique à travers le monde. À ce jour, 50% de leur objectif de 8 000€ est atteint. Il leur reste donc quelques jours pour financer matériel, assurances et voyage, et partir en Asie et en Amérique du Sud pour mieux comprendre la jeunesse d’ailleurs. C’est au contact d’associations et de structures locales que s’effectueront leurs recherches. Pour notre part, nous avons pu discuter avec Marin. Fraîchement sorti de l’Ecole 42, il gérera la bande-son du documentaire.

Capture d'écran de la collecte de fond
Capture d’écran de la collecte de fond du projet, sur le site kisskiss bankbank.

Avant toute chose, peux-tu nous expliquer l’intérêt que présente le projet « Mômes » ?

Marin : « Si l’on peut transmettre un minimum aux autres ce que l’on aura appris, ça serait déjà super et c’est l’intérêt d’un documentaire. On aimerait aussi montrer que les nouvelles générations ont une légitimité et une responsabilité toute particulière dans ce combat. C’est également, sur le plan personnel, un projet très enrichissant : en terme de gestion, de culture, d’écologie et même de réalisation, alors que le tournage n’a même pas encore commencé ! On suppose que ce voyage pourra amorcer chez nous un réel changement et on espère qu’il en ira de même chez d’autres personnes à travers le documentaire.

Nous ne nous revendiquons pas comme des réalisateurs professionnels ou comme des portes-paroles écologistes, mais bien comme de jeunes amateurs concernés par le sujet et inquiets de la situation. »

Vous êtes cinq à prendre part au projet. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer ?

Marin : « Depuis tout petit on entend parler de l’écologie, du développement durable comme “enjeu du siècle”. Ces dernières années la situation va de mal en pis et les conséquences sont de plus en plus tangibles. Au fil de discussions, on s’est rendu compte que beaucoup des personnes de notre âge se sentent désemparées, impuissantes face à l’urgence, comme s’il était déjà trop tard. Nous mêmes nous n’étions pas totalement convaincus du contraire, jusqu’à récemment.

Il y a aussi des documentaires comme En quête de sens, Demain… qui nous ont pas mal donné l’envie de nous essayer à l’exercice. Même si nous n’avons pas les moyens de ces productions, on aimerait produire quelque chose d’intéressant à notre échelle. »

Au-delà de cet aspect écologique, toutes les problématiques autour des inégalités sociales sont chères à une partie de votre équipe. Cela va se ressentir dans le documentaire, ou comptez-vous au contraire rester complètement centrés sur l’écologie ?

Marin : « Il y beaucoup de problèmes sociaux qui sont induits par la situation écologique, donc nous essaierons d’en évoquer certains à travers le prisme de l’écologie. Si nous aimerions y consacrer une grande partie, il ne faut pas qu’on se disperse trop. Nous voulons obtenir un résultat cohérent ! »

Si notre jeunesse ne ressent pas encore les symptômes de la crise au quotidien, elle a cependant une certaine connaissance des enjeux ; pourtant, il nous est difficile de nous discipliner afin de rester cohérents entre ce que l’on sait et ce que l’on fait.

Marin

Pourquoi selon-vous, les jeunes « d’ailleurs » auraient un regard différent sur la protection de l’environnement ?

Marin : « C’est une des questions qui sera probablement au centre du documentaire. On aimerait vraiment savoir si il y a certaines circonstances qui amènent plus rapidement à une prise de conscience.

Si notre jeunesse ne ressent pas encore les symptômes de la crise au quotidien, elle a cependant une certaine connaissance des enjeux ; pourtant, il nous est difficile de nous discipliner afin de rester cohérents entre ce que l’on sait et ce que l’on fait, pour nous cinq les premiers. Nous aimerions voir si le fait de vivre le réchauffement climatique est un élément important pour entamer une « véritable » transition. On a pas mal d’idées sur la question que l’on aimerait confronter à la réalité. »

Vous avez lancé, il y a une vingtaine de jours, une campagne de financement participatif sur Kiss Kiss Bank Bank. C’est en bonne voie ?

Marin : « Oui ! Nous ne nous attendions pas à un pareil lancement. On espère que ça va continuer dans cette voie, même si ça nous met un peu la pression ! »

Comment comptez-vous diffuser le reportage ?

Marin : « Il sera sans doute disponible gratuitement sur Youtube et la version numérique sera envoyée aux contributeurs à partir du seuil de 5 euros. On aimerait beaucoup avoir une ou deux projections au Mans, aux cinéastes ou à la MJC Prévert, et pourquoi pas intervenir dans des écoles.

On a des idées mais la diffusion n’est pas pour tout de suite ! »

Ça doit être exaltant de se lancer ainsi dans l’inconnu, non ?

Marin : « Carrément ! On est à la fois très impatient et un peu stressés, forcément. »

Qu’est-ce qu’on vous souhaite pour la suite ?

Marin : « Une bonne route, et que le projet aboutisse ! Ça serait vraiment chouette. »