Durant le mois de novembre, à la suite de l’élection de Jair Bolsonaro au Brésil, L’Alter Ego est allé à la rencontre de cinq jeunes brésiliens, alors en échange universitaire à Montevideo, en Uruguay. Véritable chamboulement politique pour le pays et pour sa population, événement largement commenté et analysé à l’échelle internationale, l’élection de Bolsonaro à la présidence du Brésil concerne directement la jeune génération brésilienne et soulève de nombreuses questions. Quels sont les défis majeurs pour le Brésil aujourd’hui ? Comment les étudiants ont vécu la campagne présidentielle et le résultat des élections ? Que pensent-ils de l’histoire, de la corruption, de la politique ? Quelles sont leurs peurs, ou leurs espérances, pour le futur ? Durant de longs entretiens, chacun nous a transmis une vision singulière de la situation, marquée par des convictions, des rêves, mais aussi des doutes. Suivez notre dossier pour découvrir ces points de vue !

Deuxième interview : Marcio

Allier pessimisme et espoir, c’est peut-être la subtilité de la pensée de Marcio, 19 ans, à propos de la politique brésilienne. Étudiant en relations internationales à la Pontificia Universidad Catolica, à Minas, et en échange à l’Université Catholique de Montevideo, il m’a expliqué avec patience la situation politique de son pays à la sortie des élections présidentielles, en en détaillant les causes profondes et plus récentes. Entre Poços de Caldas, la petite ville où il a grandi, et Minas où il étudie, Marcio a pu constater le changement de la conscience politique des Brésiliens, qu’ils soient de la jeune génération ou plus âgés. Les scandales de corruption, l’accumulation des crises, la haine de l’extrême-gauche, la dictature, la crise environnementale ou le choc générationnel : autant d’éléments qui, selon lui, permettent d’expliquer et d’analyser le Brésil d’aujourd’hui, et de comprendre l’élection de Jair Bolsonaro. Malgré tous ses constats et ses peurs, Marcio croit qu’un changement profond est possible pour le Brésil : « Je ne sais pas si je serais en vie pour voir un changement… Mais peut-être un jour  ».

MARCIO – ©JULIA GALAN POUR L’ALTER EGO/APJ

Scandales de corruption, crise de confiance et crise identitaire : le Brésil chamboulé

Quels sont pour toi les défis principaux auxquels le Brésil doit faire face aujourd’hui ?

Marcio : « D’une manière générale, je pense que les crises que l’on vit se sont accumulées, et forment une immense crise politique. Les gens ne croient plus en la politique ou dans les institutions et je crois que la méfiance généralisée vient de cette accumulation. Il y a aussi une forme de crise économique : le taux de chômage est haut: il est de  12 ou 13%. Notre monnaie est de plus en plus dévaluée. Les biens coûtent de plus en plus cher…

Et je dirais aussi qu’on vit une crise morale et éthique, une crise des valeurs.

On perd peu à peu des valeurs comme le respect par exemple, ou peut-être bien que l’on ne les a jamais eues, mais aujourd’hui c’est plus évident que l’on n’a jamais partagé des valeurs fortes comme le respect des minorités. Il existe un machisme très fort, mais aussi de l’homophobie, de la xénophobie… Le Brésil ne sait pas recevoir les étrangers, les migrants, les réfugiés… Et tout ça c’est devenu évident aujourd’hui, avec les élections. »

Tu penses que le Brésil traverse aussi une crise concernant son identité ?

Marcio : « Oui, c’est sûr. C’est difficile pour nous. Du fait de la taille et de la diversité de notre pays, on ne peut pas dire qu’on a une seule identité. Je pense justement que beaucoup des préjugés qui existent se fondent sur la peur de ne pas trouver une  identité brésilienne unie. Par exemple, beaucoup de brésiliens sont racistes parce qu’ils disent vouloir une identité brésilienne liée aux personnes blanches de classe moyenne. Avec cette vision des choses, les personnes pauvres et les personnes noires sont les plus oubliées et les plus exclues. »

Beaucoup de personnes parlent d’un « avant » et d’un « après » 2013.

Marcio : « Je crois que depuis 2013, on vit un changement profond du climat politique. Les gens font beaucoup plus de manifestations, leur participation politique est plus active, ils veulent s’informer davantage. Je pense qu’avant, ce que faisaient les politiques et comment l’appareil politique fonctionnait n’étaient pas très important pour eux,  Depuis les grandes manifestations de 2013, tout cela a changé, et on a vu naître beaucoup de mouvements sociaux et de mouvements politiques détachés des partis.

Par rapport à la dictature, il y a eu aussi un changement de pensée. Il y a peu, c’était vu comme quelque chose d’affreux, comme une vraie dictature qui a tué et torturé énormément de gens. Mais récemment, les idées et mouvements d’extrême-droite ont pris de l’ampleur et ont voulu relativiser cette réalité. Ils ont commencé à dire que la dictature avait été importante et nécessaire, parce qu’elle aurait permis d’éviter la croissance et l’installation du communisme au Brésil, tout en disant qu’il n’y avait pas de corruption à cette époque. Mais évidemment, il y en avait, que les gens ne pouvaient pas voir, ou dont ils ne pouvaient pas parler dans ce contexte de censure . Jusqu’à aujourd’hui, beaucoup de personnes croient à cette illusion, ou ce mensonge, à propos de la dictature, et pensent encore que les militaires ont très bien géré le pays. »

Pourquoi la corruption a-t-elle une place si importante dans la politique au Brésil ?

Marcio : « Au Brésil, on a vécu l’un des cas de corruption les plus massifs au monde, celui de Lava Jato. Et il y a eu aussi celui commis majoritairement par le PT, qu’on appelle Mensalão, avec Lula. Ces deux cas sont des scandales extrêmement étendus, où une quantité incroyable d’argent a été volée. Beaucoup de politiciens ont été accusés d’y être impliqués et il y a eu des enquêtes. Quand le PT est arrivé au pouvoir, le peuple avait beaucoup d’espoir, parce que Lula est un homme qui est devenu président alors qu’il était pauvre et que c’était un ouvrier. Il est arrivé en promettant de changer le pays, de diminuer la pauvreté, de réduire la misère. Mais après ces énormes scandales de corruption, il a déçu beaucoup de gens. Ce qui a le plus choqué, c’est le fait de voler à un parti, ça a énormément déçu.

Il a sorti le Brésil de la crise pour un moment, mais à la fin d’un seul mandat de Dilma, le pays est revenu à un état similaire.

De cette manière, les gens ont fini par être totalement désillusionnés par le PT, des politiques, et de la politique brésilienne en général. Ce qui a conduit la corruption à devenir vraiment massive. C’est un phénomène contre lequel il faut lutter, parce que c’est présent dans les structures mêmes du système politique brésilien. »

Contexte : « Escandalo do Mensalao » signifie le « scandale des mensualités » et se réfère à une crise politique traversée par le gouvernement brésilien en 2005. Le gouvernement alors au pouvoir, celui de Lula, et son parti, le Parti des Travailleurs, ont été accusé d’avoir versé régulièrement ou mensuellement d’importants pots-de-vin à des députés de la coalition gouvernementale, en échange de leur vote en faveur des projets de loi du gouvernement. Les responsables de ce système de corruption étendu ont finis par être condamnés en 2012 à de lourdes peines, après un procès historique. Le scandale Petrobras ou “opération Lava Jato” (“lavage express” en français) se réfère à un scandale de corruption d’une ampleur sans précédent au Brésil. En 2014, la justice fédérale débute une importante enquête pour blanchiment d’argent dans plusieurs régions. Elle découvre peu à peu un vaste système de corruption existant depuis des années et tournant principalement autour de l’entreprise pétrolière publique Petrobras. Rapidement, de nombreuses personnalités politiques brésiliennes majeures sont ciblées par la justice, dont les ex-présidents Dilma Roussef et Luiz Inacio Lula. Le scandale a suscité l’indignation générale et de gigantesques manifestations se sont organisées contre la classe politique en place et la corruption massive présente depuis toujours. L’opération Lava Jato a mené à la destitution de Dilma Roussef, et à l’inculpation de Lula, le rendant inéligible aux élections présidentielles de 2018.

Une société entre peur de l’extrême-gauche et valorisation de la dictature

Tu penses que la dictature a eu un rôle très important durant la campagne ?

Marcio : « Oui, par exemple Bolsonaro a souvent parlé de son attachement à la dictature. C’était un militaire, un capitaine de l’armée brésilienne. En 2016, au moment de l’impeachment de Dilma, quand Bolsonaro est allé déposer son vote -parce qu’il était député fédéral- il a fait un hommage à un militaire qui a torturé beaucoup de gens pendant la dictature, le Colonel Brilhantes Ustra. Pendant sa campagne, le fait de parler de la dictature et d’évoquer les questions y étant liées a tenu une place très importante, et je crois que ça a été un des facteurs qui ont permis sa victoire. »

Finalement, est-ce qu’un autre scénario aurait été possible en novembre ?

Marcio : « Je pense que oui, si le PT n’avait pas participé aux élections. Une autre des raisons qui a permis à Bolsonaro de gagner, c’est tout le ressentiment anti-PT, contre la gauche, contre le communisme. Ces sentiments viennent directement du PT, parce que le PT a commis des actes vraiment mauvais, le parti a été impliqué dans des scandales de corruption très importants. La gauche a été complètement discréditée au Brésil, parce que le PT était devenu une forme de leader de la gauche brésilienne. Cette haine de toute la gauche vient directement de la haine du PT. »

Tu penses que la campagne électorale a révélé une profonde idéologie nationaliste « anti-gauche » ?

Marcio : « Historiquement, la gauche, même avant le PT, a toujours été persécutée. Il y a eu beaucoup de moments durant le XXe siècle où le Parti Communiste Brésilien était clandestin, interdit, avant et pendant la dictature. Pendant la dictature, si tu disais que tu étais de gauche, ils pouvaient te poursuivre, t’arrêter, te torturer, et pire encore.

Cette peur de la gauche communiste a toujours existé au Brésil, à cause du communisme à l’échelle internationale. Pourtant, le PT n’a jamais été un parti d’extrême gauche, et en tant que gouvernement, c’était un gouvernement très modéré, qui fonctionnait avec beaucoup de compromis.

Mais beaucoup de gens ont peur que le communisme s’installe au Brésil ! En regardant le Venezuela, la Corée du Nord, l’histoire de l’Union Soviétique, les brésiliens ont peur qu’arrive un gouvernement d’extrême gauche, que de plus en plus de personnes deviennent pauvres, et qu’ils perdent tout ce qu’ils ont. »

Être jeune, être politisé ?

En tant que jeune, quelle relation as-tu à la politique de ton pays ? Tu soutiens un parti par exemple ?

Marcio : « Je ne soutiens aucun parti politique en particulier. Je crois que ce n’est pas le bon moment pour le faire, et c’est aussi difficile de trouver un parti au Brésil qui soit à la fois puissant et honnête, parce que les grands partis traditionnels sont tous impliqués dans des cas de corruption. Mais bon, le militantisme que j’ai vécu, c’était contre Bolsonaro, et pas spécialement en faveur d’un autre, parce qu’il n’y avait pas un meilleur politique pour moi, il y avait seulement un « moins pire ». Par exemple, il y avait Ciro Gomez, qui était un candidat à la présidence qui a perdu au premier tour, c’était le seul candidat que j’aimais bien. Il m’avait l’air d’être le moins pire de tous. Mais je n’ai pas fait campagne pour lui, je n’ai pas changé ma photo Facebook, je n’ai pas mis de filtre, je n’ai pas communiqué à son propos. »

Contexte : Ciro Gomes est un homme politique brésilien engagé dans une carrière politique vieille de 38 ans, qui a tenté en 2018 d’accéder à la présidence du Brésil pour la troisième fois. Il a été député de l’Etat du Ceará dans le Nordeste, préfet de Fortaleza, puis Gouverneur de l’Etat. Il a été le ministre de l’Intégration nationale sous Lula. Aux dernières élections présidentielles, il était candidat pour le PDT, le Parti Démocratique Travailliste, et se situait comme le candidat centre-gauche du camp progressiste, la troisième voix après Jair Bolsonaro et Fernando Haddad. Il obtient 12,5% des suffrages exprimés et arrive troisième, lui fermant les portes du second tour.

Est-ce que tu as été en conflit avec des personnes qui n’étaient pas d’accord avec toi ?

Marcio : « Avec ma famille, oui ! Ils ont voté Bolsonaro, et je leur ai dit qu’ils avaient tort, que ce n’était pas la solution pour le pays, que Bolsonaro propage énormément de préjugés… On a commencé à discuter, et ils m’ont dit que j’étais de gauche, ils ont fait des commentaires sur mon vote, sur tout… Mais je n’ai pas vécu de disputes très fortes, seulement des discussions. Il y a eu un moment de tension, qui est passé ensuite. Au Brésil, il y a des gens qui se sont beaucoup disputé avec leurs proches, les parents avec les enfants, des familles qui ne se parlaient plus… »

Tu trouves qu’il y a un choc générationnel au Brésil autour de cette élection ?

Marcio : « Oui, et j’en suis moi-même un exemple. Mes parents et les parents de mes amis, les personnes de cet âge plus ou moins, sont tous nés pendant la dictature sans pour autant l’avoir vécue. Ils ont seulement entendu ce que leurs parents leur ont dit là-dessus. Leurs parents ont toujours dit que c’était un moment historique positif, où les gens étaient heureux. Il y a ce choc générationnel avec nous, les jeunes d’aujourd’hui. 

Mais il y a aussi des jeunes qui soutiennent Bolsonaro. Je pense que ce sont des gens qui ne croient pas en l’histoire, ni en l’école, en ce que l’école enseigne.

Ils ne croient pas les faits historiques. Ils ne croient pas leurs professeurs, parce qu’ils pensent que les professeurs sont là pour les endoctriner, qu’ils sont de gauche, qu’ils veulent leur mentir. Ce sont aussi des jeunes qui n’ont pas vécu la dictature, et ils ne savent pas non plus comment c’était. Ils n’ont pas d’empathie face aux personnes qui disent que c’était une période extrêmement dure. Ils n’en ont non plus pas face aux personnes qui disent qu’ils ont perdu des amis, des parents, des familles entières, pendant la dictature. Pour eux, ces personnes sont juste éloignées de leur réalité « d’être jeune », et ces jeunes ne sentent aucun sentiment de proximité. De cette manière, ils ne développent pas vraiment d’idée précise de la vie pendant la dictature. »

Le regard tourné vers le futur du Brésil

Pour toi, l’élection de Bolsonaro va avoir un impact direct dans ta vie ?

Marcio : « Pour les professeurs, il y a un impact qui va être fort : aujourd’hui, il y a un projet de loi au Brésil qui s’appelle « Écoles sans parti ». Ils veulent censurer les professeurs et leurs opinions. Ils parlent de la nécessité d’enseigner de la manière la plus neutre. Mais la réalité c’est imposer une vision de droite ou d’extrême droite. Enseigner que la dictature était une époque positive. Ou, par exemple, dire que le nazisme n’était pas si mauvais, qu’il a eu aussi ses côtés positifs…Mais pour l’impact pour moi, personnellement, sans être arrogant ni rien, il faut dire que je suis privilégié au niveau de la société brésilienne, parce que je suis un homme, blanc, hétérosexuel, et je ne suis pas pauvre. Je ne suis pas directement exposé à un risque. Mais j’ai peur qu’il y ait un impact dans la vie de mes amis, qui appartiennent à des groupes minoritaires. Tout comme pour les personnes plus pauvres avec qui je suis en contact… J’ai peur qu’il leur arrive malheur »

Tu penses qu’il existe un risque de militarisme, d’un régime autoritaire ?

Marcio : « Je crois que tout est possible. Je crois que les figures politiques du gouvernement sont très douées pour manipuler le peuple, mais aussi pour cacher la militarisation de la police, sans que la population le sache. Beaucoup de militaires sont rentrés dans la politique cette année, et beaucoup plus vont y rentrer dans les années qui viennent, comme députés, comme gouverneurs. Il y a plusieurs États du Brésil où des militaires ont déjà gagné. Je pense que de plus en plus de militaires vont s’imposer dans les institutions brésiliennes. 

Le problème concernant la démocratie et les institutions, c’est qu’il est possible de faire des actions qui ne vont pas clairement à l’encontre de la loi, mais qui permettent de garantir les intérêts des militaires. Par exemple, l’écologie : ils voulaient fusionner les ministères de l’agriculture et de l’environnement. Je ne sais pas si ça va finir par arriver, mais si ça passe, ils auront trouvé une manière de le faire passer d’une façon légale, en oubliant tous les problèmes environnementaux que le Brésil peut avoir. Un autre exemple : le Brésil était sur le point de recevoir la conférence de l’environnement de l’ONU en 2019, mais Bolsonaro ne veut plus la recevoir. »

C’est important pour toi l’écologie ?

Marcio : « Oui, c’est très important. On a une importance écologique gigantesque, avec plusieurs forêts vierges immenses. La déforestation sera pour moi le plus grand problème. Pendant le prochain gouvernement, celui de Bolsonaro, ça va s’aggraver et augmenter. Les propriétaires terriens ont beaucoup de poids dans le congrès brésilien, où ils ont beaucoup de représentants. Bolsonaro les soutient…

Ainsi, je pense que la déforestation de l’Amazonie, et de toutes les autres forêts qu’on a, va s’aggraver énormément.

Il est aussi possible que la population indigène du Brésil diminue, qu’ils soient tués. Il y a des propriétaires terriens qui tuent les indigènes pour obtenir leurs terres… C’est un désastre, un désastre infiniment triste, que la police ne prend pas en compte. 

C’est possible que la situation s’aggrave définitivement ; je pense que ça fait plusieurs années que les problèmes environnementaux s’accumulent dans le monde, et au Brésil ce n’est pas différent. La déforestation va avoir un impact profond sur la nature et sur la santé à l’échelle mondiale. Les problèmes que l’on a aujourd’hui comme la pollution ou les fortes pluies vont s’intensifier. »

Est-ce qu’il y a encore de l’espoir après les élections ? Quel serait ton espoir le plus fort ?

Marcio : « Je pense que même si l’extrême droite est arrivée au Brésil et a réussi à être au pouvoir, il y aura une opposition très forte et importante, une forme de résistance du peuple. Je pense que ça empêchera Bolsonaro de faire certaines choses ou de prendre certaines décisions… Maintenant, il y aura encore plus d’opposition de la part de la population, quand ils vont voir ce que va faire le gouvernement, et tous les cas de corruption… Je pense aussi que beaucoup de ceux qui ont voté pour Bolsonaro vont le surveiller de près, parce qu’ils veulent voir des résultats. Ils ne veulent pas que ce soit pareil qu’avant, que ce soit une politique banale. Ils attendent de fait un changement. 

Je ne sais pas si je serai en vie pour voir un changement… Mais peut-être un jour. Tout ça demande du temps, de l’investissement, beaucoup de travail, et cela se passe sur un temps très long.

J’espère que la pauvreté et la misère vont diminuer au Brésil, et qu’il y aura beaucoup de travail sur l’éducation, qui est vraiment horrible aujourd’hui. Je pense qu’en diminuant la pauvreté grâce à des politiques sociales, de création d’emplois, d’opportunités d’études, d’améliorations de l’éducation, le pays peut changer d’une manière très profonde. Et ça même pourrait changer la corruption. Parce que je pense que le grand manque d’honnêteté qu’il y a au Brésil est le résultat de la mauvaise éducation. De l’absence de valeurs, de l’absence d’éthique. »

Pour aller plus loin :
Corruption au Brésil : Mensalao, un “procès pour l’Histoire” : http://www.rfi.fr/ameriques/20120801-mensalao-corruption-politique-bresil-lula-rousseff-valerio-proces-histoire

Brésil : tout comprendre à l’opération “Lava Jato” : https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2017/03/26/affaire-petrobras-retour-sur-les-trois-annees-qui-ont-marque-le-bresil_5100932_3222.html

La dictature brésilienne dont Jair Bolsonaro est nostalgique : https://www.franceinter.fr/monde/la-dictature-bresilienne-dont-jair-bolsonaro-est-nostalgique

Brésiliens, Brésiliennes, n’abandonnez pas vos valeurs (tribune) : https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/10/26/bresiliens-bresiliennes-n-abandonnez-pas-vos-valeurs_5375168_3232.html