Charlotte et Paul se sont rencontrés sur les bancs de l’école. Tous les deux étudiants en événementiel et culture, DJs, fans respectivement d’acid et de disco, ils décident de monter un collectif pour pouvoir mélanger librement leurs deux univers musicaux, donnant naissance à ce qu’ils nomment « l’acidisco ». À l’occasion de la soirée organisée pour pour le premier anniversaire du collectif le 8 juin, nous les avons rencontrés en terrasse d’un café du 11e arrondissement.

Pour commencer, comment avez-vous décidé de créer le collectif ?

Charlotte : « On est dans la même école, l’IESA, qui est une école d’événementiel. On s’est donc rencontrés sur les bancs de l’école. On a commencé à faire de la musique électronique… et ça ne s’est pas arrêté.

On n’a pas tout de suite eu l’idée de monter un collectif, au départ on disait un peu ça en rigolant. Lui est fan de disco – house funk aussi, mais surtout disco – et moi c’était musique acid, donc tout ce qui est acid house et acid techno. On s’est demandé pourquoi en soirée acid et disco n’étaient pas souvent mélangés, et on a essayé de faire ça dans nos soirées, pour toucher plusieurs publics. »

Paul : « C’est vraiment parti de notre envie de mélanger des styles qu’on n’entend nulle part, et qu’on aime : il y a des soirées acid, des soirées disco, mais séparées. On veut essayer d’apporter un truc un peu nouveau en mélangeant nos deux styles différents, même pour mixer. »

Vous n’avez pas eu trop de mal à organiser des événements à vos débuts ?

Charlotte : « Forcément, comme on débute, on ne connaît pas forcément les salles, donc on demande des toutes petites salles, qu’on n’a pas trop de mal à obtenir. »

Paul : « Charlotte était à Paris depuis 3 ans, moi je venais d’arriver l’année d’avant, on ne connaissait presque personne dans le milieu, juste quelques DJs. On est vraiment partis de rien, avec zéro budget. On n’a pas mis 1 euro de notre poche. Au début, on a commencé au 45 Tours, une petite salle dans le 11e arrondissement avec un bar en haut et une salle en bas, vraiment un tout petit truc. On a fait une soirée, deux soirées où on a ramené nos potes et ça s’est bien passé. Après, on a demandé plus grand, et ainsi de suite. »

Charlotte : « Il est arrivé ensuite qu’on se fasse inviter dans des soirées par d’autres collectifs, ça fait toujours plaisir. »

Qu’est ce qui vous a poussés vers cette voie ?

Charlotte : « Je sais que c’est un peu dû à mon père, grâce à qui j’ai commencé à avoir une bonne culture musicale. Ça m’a bien aidée à continuer là-dedans. »

Paul : « Moi, justement, c’était un peu l’inverse. Mes parents n’écoutaient jamais de musique chez moi. Ils n’écoutaient que France Info, la télé… Ils n’ont pas un seul album. Ça m’a donné envie de découvrir. J’ai découvert très tard la musique. J’ai commencé à écouter de la musique vers 14-15 ans. Je n’écoutais que du rap français – Kery James. J’aime encore le rap français, mais maintenant j’écoute de tout. Avec le temps, je me suis mis progressivement à la techno. Aujourd’hui je n’écoute presque plus de techno, je me suis tourné plutôt vers du disco, house, funk… »

Comment vous trouvez le temps de vous occuper du collectif en parallèle de vos études ?

Charlotte : « Je ne sais pas. C’est un peu notre passion, c’est un genre de dévouement. C’est pour ça, si on n’a pas le temps, dans ce genre de collectifs, on ne peut pas y être. »

Jouez-vous ailleurs qu’à Paris ?

Paul : « Seulement à Rouen pour l’instant. Ce sont des trucs un peu plus petits, ça termine plutôt vers 1h-2h. »

Charlotte : « Si on peut, plus tard, j’aimerais beaucoup qu’on aille à Toulouse, mais c’est un peu loin. Pour l’instant, ce n’est pas prévu. »

Paul : « Marseille aussi. »

Décrivez-moi ce que vous faites en 2-3 mots qui ne soient ni « acid » ni « disco ».

Charlotte : « Je dirais le partage entre passionnés. Le tout dans le respect et la bienveillance. »

Paul : « Oui, c’est ça. »

Le fait de mélanger les styles vous permet-il de toucher un public assez large ? C’est aussi cela que vous visez ?

Charlotte : « C’est ça ! On pense avoir un public déjà ouvert d’esprit. Pas ceux qui ne viennent que pour la techno, ou que pour la disco, parce que dans tous les cas, il n’y aura pas que ça. Oui, on aime bien les gens ouverts d’esprit, que ce soit musicalement ou autre. »

Paul : « C’est cool parce qu’à la fois on a eu nos parents, par exemple, qui sont déjà venus nous voir. Si on ne passait que du gros acid, ils ne viendraient pas forcément. Parfois, on arrive à toucher un public un peu plus âgé. Le côté disco leur plaît. En même temps, on peut aussi toucher les jeunes. »

Essayez-vous de transmettre un message un peu politique à travers votre musique ?

Paul : « Pour commencer, tous nos événements ont toujours été gratuits, excepté notre anniversaire, avec l’entrée à 5 euros. On ne fait pas des soirées à 15 balles. »

Charlotte : « On n’est pas là pour la thune, on est là pour que le public profite. »

Paul : « J’aime bien jouer pour des événements engagés. J’avais joué à une teuf devant l’Assemblée nationale pour le climat. J’ai joué pas mal de fois à la Fête de l’Humanité. Aussi, pour la station E, engagée dans la lutte contre le gaspillage alimentaire. »

Charlotte : « On aimerait bien avoir une dimension ouverte aux LGBT et aux personnes queer aussi. On a vraiment envie que ce soit ouvert à toutes les personnes, qu’il n’y ait aucun jugement, qu’elles soient safe. C’est aussi dans ce genre de soirée qu’on va souvent. »

Pour la soirée des 1 an, pourquoi avoir choisi Herr Krank ? Pourquoi lui et pas un autre ?

Charlotte : « Franchement, il est parfait pour nous. Il fait ses sons avec une base de house, du piano un peu jazz et des lignes d’acid. Il y a vraiment un mélange d’influences disco, house et acid, donc c’est carrément notre ligne artistique. »

Paul : « C’est un artiste qui tourne dans toute la France et même en Europe maintenant. C’est vraiment le mélange de styles qui nous correspond. »

Retrouvez Diskonected et Herr Krank pour le premier anniversaire du collectif le 8 juin 2019 au Gambetta Club (20e arrondissement de Paris) – on y sera !

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