Les premiers bourgeons éclosent, les pétales se montrent peu à peu et l’air se réchauffe. Le Printemps est bien là et il a d’ailleurs commencé cet avril à Bourges. Du festival de musique Le Printemps de Bourges, on retiendra certains artistes, des jeunes pousses, qui finiront en de belles roses, tulipes ou batavias. Les jeunes talents que L’Alter Ego a cueilli pour vous appartiennent tous au réseau des « iNOUïS ». Ce dispositif a pour but de repérer, sélectionner et récompenser les futurs talents de demain. Ainsi, le Prix des iNOUïS a déjà été attribué à Christine & The Queen, Fauve, Fishbach ou encore Eddy de Pretto. À cette liste s’ajoute la jeune Silly Boy Blue faisant partie de nos coups de coeurs du festival.

© CAMILLE PIGOIS POUR L’ALTER EGO / APJ

Silly Boy Blue voit blues

La gagnante du prix des iNOUïS 2019 est Silly Boy Blue, une jeune artiste à la mélancolie envoûtante. Composé sur les ruines d’une rupture amoureuse, son premier EP Cécilia évoque avec force des moments intenses. Sa catharsis renvoie à des instants de perte et de regret (You’re Cool), comme au fait de s’affirmer, de refuser de se laisser-faire (The Fight). Silly Boy Blue chante ses mots bleus de sa voix vibrante, vaporeuse et sensible, posée sur la finesse d’une pop s’entremêlant à la noirceure de la new-wave. L’artiste poursuit sa route en faisant notamment escale à la Rochelle pour les mythiques Francofolies, cet été. Une jeune femme forte et sensible, à suivre d’urgence.

© CAROLINE JOLLIN POUR L’ALTER EGO / APJ

Poté et ses rythmes effrénés

À tout juste 25 ans, le jeune Poté manie les percussions à la perfection. En live, sa musique électro est accompagnée de pads (1), de cymbales et de synthés sur lesquels le jeune musicien frappe. Son empreinte musicale est empreinte de multiples cultures. Ainsi, on retrouve des rythmes se rapprochant de la musique africaine voire de l’afro-trap à travers For The Cause, ou encore des sonorités proches des maracasses et d’airs de samba à travers Jacquot (Waters of Praslin). Par son électro éclectique, le jeune Londonien ne tardera pas à conquérir le coeur de son Paris d’adoption.

© CAMILLE PIGOIS POUR L’ALTER EGO / APJ

Les Louanges chante la pomme

« Chanter la pomme » est une expression québécoise qui évoque une attitude séductrice. C’est peut-être l’expression qui cerne au mieux le jeune Québécois se cachant derrière le nom Les Louanges. Sur des rythmes groovys, et des accords sensuels, il pose une « poésie de l’ordinaire » mêlant anglais, français et expression québécoise. Ainsi, les hanches ondulent dès les premières notes du titre La nuit est une panthère, dont l’érotisme du refrain nous frappe. Outre cette tentation et ce désir, Les Louanges nous propose « un voyage sur la lune » (DMs), jusqu’à avoir « les pieds qui touchent plus à terre » en faisant des “aller-retour sur Jupiter” (Jupiter). Son premier album nous a séduit. Bien plus, il nous a fait voyager et décoller.

© CAROLINE JOLLIN POUR L’ALTER EGO / APJ

Obsimo, vers l’infini et l’au-delà

La salle de concert est plongée dans le noir et seul un vidéo-projecteur éclaire le jeune Bordelais Obsimo. On y voit des corps, en noir et blanc ou en couleur. L’esthétisme de ces vidéos intrigue. Lorsque ce n’est pas de la chair, on aperçoit des immeubles droits, fiers et symétriques, ou encore des images de galaxies. Obsimo articule ses doigts sur de multiples claviers, touche des milliers de boutons pour en sortir un son robotique et glacial. Cet aspect est renforcé par la scénographie qui projette l’artiste dans un décor de science-fiction, donnant l’impression qu’il est aux manettes d’un vaisseau avec des étoiles en fond. Le voyage dans son univers est infini et intriguant. À découvrir sur scène.

© CAMILLE PIGOIS POUR L’ALTER EGO / APJ

(Ne) prenez (pas) garde au Mauvais Oeil !

Si Les Louanges et Obsimo nous ont fait voyager dans l’espace, Mauvais Oeil nous ramène sur terre pour parcourir de nouvelles contrées. Le groupe s’ancre dans une nouvelle vague d’artistes aux sonorités orientales comme Johan Papaconstantino ou encore Mohamed Lamouri. Ces derniers pourraient réinterpréter une nouvelle forme de raï, qui s’éloignerait du Raï’n’B pour s’imprégner d’autres genres : rock, pop ou encore funk. On part alors dans un Orient imaginé par les paroles en arabe ou en français, la profondeur de la voix de Sarah, les rythmes suaves du saz (2), ainsi que ses notes alternant l’aigu et le grave, nous chatouillant l’oreille. La destination, c’est Constantine, premier titre évoquant un retour aux racines algérienne de la chanteuse. Néanmoins pour poursuivre le voyage, il faudra attendre cet automne, pour la sortie de leur premier EP.

Playlist

(1) Instrument de musique électronique

(2) instrument à corde d’origine iranienne