Un article aperçu sur le site des Inrocks, l’écoute d’un titre, English Weather, et nous voici dans la petite salle de l’O2 Academy de Birmingham pour découvrir le show de FEET. Le groupe n’est pas très connu, cela se devine au prix de la place (6 £) et pourtant la salle, remplie de teenagers et d’étudiants, entonne déjà les paroles de leur hit pluvieux. Un son groovy, des garçons à l’aise et déconneurs sur scène, sans prise de tête, voilà le rock anglais qui nous avait manqué. Ni une, ni deux, épatés, nous demandons une entrevue. Quelques jours plus tard, la compilation des réponses arrive par mail. Chacun a répondu à sa partie, chacun parle à la première personne, mais aucun n’a indiqué son prénom, ou son identité. « Ça ne nous dérange pas si tu mets n’importe lequel d’entre nous ». On commence à cerner l’esprit de FEET. Voici donc l’interview (bilingue) semi-anonyme et pleine d’humour d’un groupe qui ne demande qu’à exploser.

Pouvez-vous vous présenter, qui êtes-vous, d’où venez-vous ?

FEET : « Hey ! Ici Oli, le bassiste. Mon origine ? Un peu irlandais, un peu iraquien, un peu britannique. Je suis le résultat d’un rêve de diplomate, et c’est tout j’imagine. Le reste du groupe c’est Jeep (chant), Ben (batterie), Harry (guitare solo) et Callum (guitare rythmique), tous nés et façonnés à la britannique. »

© TOM THE LION

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

FEET : « Depuis la naissance du groupe, la toute première année, quand le gouvernement nous soutenait plus, pas mal de temps a passé… le souvenir du « qui, quand, pourquoi », n’est plus aussi clair que ce qu’il devrait être ou ce qu’il a été. On jouait dans un bar à Coventry, le Cov uni club circuit, et on allait de fiascos en fiascos. On est donc partis tous les cinq pour discuter de notre musique dans différents pubs de la ville, pour peut être finir par faire une jam session, suivie d’une sorte de concert acoustique caritatif, un peu dans le style d’un biopic typique de rock sur Netflix. Mais après avoir construit une pile impressionnante de canettes de Carling (ndlr bière anglaise), on s’est fait virer. Donc il n’y a pas eu vraiment de discussion formelle à propos de la formation d’un groupe. En réalité, une fois que nous savions qu’on avait les éléments musicaux basiques (à peu près) , ça a commencé comme un pari sur l’avenir, une hypothèse. »

Comment avez-vous commencé à faire de la musique ?

FEET : « Chapitre 2 : Après deux sessions dans l’atmosphère sombre du salon d’Harry, nous avons plus ou moins commencé à travailler sur nos propres compositions. C’était histoire de faire un truc. Les démos atroces les plus notables sont What’s Next, Colly, Jacuzzi – mention déshonorable à Weekends, qui était bien merdique. »

Vos membres ont un peu changé depuis vos débuts, n’est-ce pas ?

FEET : « Malgré les nombreuses sources en ligne qui continuent à afficher des photos des cinq premiers membres comme s’ils étaient des putains d’évangiles intemporels, oui. Le départ le plus marquant est celui de notre guitariste fondateur, Joakim, qui a décidé que, même si cela aurait été une bonne bio tinder, être un musicien à plein temps et être un pilote à plein temps ne matcheraient pas dans la pratique. »

Une question qui vient à l’esprit quand on entend votre nom de groupe : pourquoi FEET ?

 

Notre ancien guitariste Joakim a essayé de trouver un nom : ‘The talking heads’, ce qui était évidemment pris. Quand il s’est fait recalé pour avoir suggéré ça, il a dit : ‘Ok, dans ce cas ça doit être un nom bien, pas quelque chose de débile comme des pieds (feet en anglais, ndlr)’

FEET

En concert, on distingue clairement une basse groovy qui se mélange un son rock. Très surprenant et génial ! Comment est né le son de FEET ? Comment le définiriez-vous ?

FEET : « Le son de basse vient du désir d’avoir un groove inhérent à notre musique, quelque chose qui fait danser. D’abord très alambiqué et confus, le son du groupe a commencé par un mix vilain de réverbérations pop indé et de baise sur du Frusciante (un membre des Red Hot Chili Peppers, ndlr). Bien que l’on soit encore loin de répondre à la question éternelle que l’on nous pose au pub (« De quel genre s’agit-il ? »), les mots  que l’on rejetait comme “danse”, “rock” et ”alternatif” ont au moins évolué à partir de chansons récentes. »

Quelles sont vos inspirations, les groupes qui vous accompagnent ?

FEET : « Nous sommes souvent inspirés par des groupes qui ne nous ressemblent en rien, mais qui partagent les mêmes états d’esprit et approches de la musique. Des artistes comme Pavement, Confidence Man, King Gizzard & The Lizard Wizard, The Kinks, Parquet Courts, Captain Beefheart, pour n’en nommer que quelques-uns, qui ne se prennent pas trop au sérieux, qui choisissent la satire et les accrocs à la complaisance. »

Vous avez des visuels fous (t-shirts, clips…), comment vous les concevez ? Est-il important pour vous d’avoir une identité visuelle reconnaissable ?

FEET : « Jeep (George) est le cerveau derrière tout cet art, nous voyons juste le résultat final, nous nous disons « ouais, c’est hilarant » et nous le sortons. Nous avons toujours été conscients de l’importance d’une identité visuelle, surtout depuis la naissance de notre propre label « Clapped Records » (le berceau de la crease-pop*). George s’en tient souvent à l’esthétique « DIY, Do it yourself », il a quelques carnets et quelques applications de retouche, donc tout est fait maison. »

*traduit littéralement, la pop de l’hilarité.

Au début, aviez-vous l’intention de devenir un groupe bien connu ou de jouer simplement pour le plaisir ?

FEET : « Je ne pense pas qu’il soit possible de survivre à l’expérience du groupe sans que l’idée idyllique de la célébrité ne s’accroche à ton esprit bourré, malgré tout nous avons toujours fait un effort pour nous amuser en premier lieu, que cela soit en dansant sur scène, ou même en prenant le métro tous habillés de la tête aux pieds en double denim Lévis (dédicace à Lévis, bien sûr). »

Comment s’est passée la petite célébrité du groupe ?

FEET : « Eh bien, comme à notre habitude, nous avons sorti la chanson qui nous excitait à l’époque (et nous seulement), à savoir Petty Thieving. Après quelques mois de réactions exaltées de la part des mamans, des amis de mamans et d’autres amis de mamans, nous avons obtenu quelques contacts aguicheurs dans l’industrie, et par la suite nous avons réussi à organiser deux réunions avec une poignée de ces personnes qui se tiennent maladroitement dans les salles de concerts, au fond. Je suppose que c’est à ce moment-là que nous avons commencé à comprendre que nous étions perçus comme un peu plus qu’un simple groupe étudiant. Quelques uns de nos tout premiers concerts sold-out ont eu lieu récemment : nous commençons à croire que tous ces dîners et beuveries gratuits que nous nous sommes infligés en valaient peut-être la peine ! »

Qu’est-ce que ça fait de faire de la musique et de voir un média étranger la partager ? Je pense aux Inrockuptibles, qui est un magazine musical important en France.

FEET : « 
Pour être honnête, c’est une sensation incroyable de faire de la musique qui atteint juste un seul auditeur random, alors ne parlons pas des médias d’un autre pays. Mais oui, c’est quand les gens qui vivent dans des pays différents écoutent notre musique que les choses deviennent vraiment excitantes, ne serait-ce que pour la perspective d’avoir une excuse pour quitter l’Angleterre et de faire des concerts devant des gens de cultures et de langues différentes. »

Vous avez sorti quelques titres depuis 2017, dont l’excellent English Weather, prévoyez-vous de sortir un album prochainement ?

FEET : « Nous avons enregistré un album l’hiver dernier, qui sortira cet été (via Clapped Records). Quand nous écrivons une chanson à cinq, le processus est très démocratique et créatif, même si nous n’avons pas vraiment de formule. Nous écrivons généralement nos propres parties, il est très rare qu’une personne écrive la majeure partie d’une chanson. Je suis presque sûr que chaque titre de l’album a été écrit d’une manière différente par une personne différente, c’est groovy ! »

Je vous ai découvert à travers le titre English Weather, je ne m’attendais pas à un public qui connaisse déjà les paroles de la chanson. C’est comme ça à chaque concert ?

FEET : « Il n’y a pas deux spectacles qui se ressemblent. Parfois, des tas de gens deviennent fous et hurlent, ce qui est génial. D’autres fois, comme lors de notre concert à Belfast, seules quelques personnes se mettent dans cet état, le reste du public « admire » le concert à sa façon, de manière moins active, ce qui est aussi ok. A ce stade, ils ont déjà acheté un ticket (rires). »

Comment se passe la tournée au Royaume-Uni ? Est-ce surprenant ? Quel est votre meilleur et votre pire souvenir de la tournée ?

FEET : « La tournée était folle. C’est un peu cliché à dire, mais nous avons été agréablement surpris par le nombre de spectateurs, et même juste d’avoir réussi à vendre quelques dates. Le pire souvenir est celui du voyage jusqu’à Belfast. On a traîné nos culs à bord du ferry le plus agité de l’histoire de l’humanité. Je crois qu’on s’est tous évanouis, et on s’est bien apitoyé sur notre sort. »

Avez-vous d’autres dates prévues, en France par exemple ? Vous y êtes déjà allé ? Si oui, pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

FEET : « Je suis presque sûr que nous sommes tous allés en France au moins une fois, c’est une sorte de rite de passage quand tu es Anglais. La France est sans doute une Angleterre plus classe, plus chaude et moins grise, donc nous l’aimons tous, même si nous n’avons jamais joué là-bas. On a fait un boogie avec des promoteurs français dans les coulisses quand on a joué à l’Eurosonic (un festival aux Pays-bas, ndlr) en janvier, alors qui sait ! »

J’ai lu que vous considérez les Arctic Monkeys et les Strokes comme les derniers grands groupes à guitare, pensez-vous que nous assistons à un nouveau souffle du rock avec cette vague de groupes britanniques ? Je pense à Shame ou à Fontaines D.C.. Où était passé le rock britannique ?

FEET : « Je pense que Shame et Fontaines D.C. s’identifient à des valeurs punk qu’ils partagent, à la projection d’une cause claire et d’une voix claire dans leurs musiques. On pourrait certainement mettre Idles dans cette catégorie ainsi que toute une série de nouveaux groupes britanniques. Je pense que la nouvelle vague de groupes britanniques dans son ensemble ne se prête pas entièrement à ce son Arctic Monkeys ou Strokes. S’il y a quelque chose d’excitant là-dedans, c’est cela : je pense qu’il y a actuellement une tendance vers la dance music et les trucs à base de groove, qui sont plus accessibles. S’il y a bien un mouvement central, c’est le succès de l’humour britannique. C’est quelque chose en lequel nous croyons, FEET, comme étant le meilleur moyen pour partager des idées sérieuses. Les groupes de rock britanniques ne sont partis nulle part, le mot rock n’est tout simplement plus aussi à la mode. »

J’ai aussi lu que vous évitiez de parler politique dans votre musique, mais concrètement, en tant que jeunes, quel impact le Brexit a-t-il sur vous ?

FEET : « En vérité, nous n’évitons pas délibérément la politique dans notre musique, et il n’est pas exclu que nous en parlions un jour. Nous sommes aussi politisés qu’un de vos musiciens français lambda dans sa vingtaine. Je dirais que c’est plutôt que nous ne sommes pas un groupe politiquement ciblé, même si je comprends qu’avec le climat politique actuel, on s’attend un peu à ce que les groupes aient leur mot à dire. Si vous regardez les paroles que Jeep a écrites pour nos chansons jusqu’à présent, elles sont assez éloignées des textes politiques, donc si nous devions faire une chanson sur la politique, il faudrait le faire d’une manière subtile. L’impact que le Brexit aura sur nous et sur les artistes (et les jeunes) est très incertain, mais je ne vois pas du tout en quoi cela profitera aux musiciens. C’est vraiment une triste affaire. »

Dernière question, une question philosophique si je puis dire, comment définiriez-vous la musique ?

FEET : « Mon ancien prof d’amphi définissait la musique simplement comme un « son organisé », ce qui doit être vrai, et c’est une réponse plutôt intelligente. La musique peut être tout ce que l’on veut. Faire parti d’un groupe change en quelque sorte la perception que l’on a de la musique. Mais la musique, du moins selon la vision « FEET », est une façon pour nous, musiciens amateurs, de créer quelque chose que nous apprécierions d’une écoute extérieure. Non pas pour payer les factures, mais plutôt pour ajouter un peu de folie dans le monde. La musique est une question de plaisir, après tout. »

FEET a sorti le 24 avril dernier le clip absurde d’Ad Blue, second single de leur premier album qui sortira cet été.

Image de Couverture © tom the lion

An article perceived on the Inrocks website, a listening to the track « English Weather », and here we are in the small room of the O2 Academy in Birmingham to discover the FEET’s show. The band is not very well known, it can be guessed at the price of the ticket (6 £) and yet the room full of teenagers and students is already singing the lyrics of their rainy hit. A groovy sound, comfortable boys and jokers on stage, without any headache, here is the English rock that we missed. Neither one nor two, amazed, we ask for an interview and a few days later we receive the group members answers’ compilation by email. Everyone answered their part, everyone speaks to the first person, none of them indicated their identity. « We wouldn’t mind if you just put any of us” . We’re beginning to understand the spirit of FEET. Here is the (bilingual) semi-anonymous and humorous interview of a group that is just waiting to shoot up.

Can you tell us more about you and your background ?

FEET : « Hey hey, Oli here, bass player. What’s my background? Well I’m part Irish, part Iraqi and part Blighty – I’m somewhat of a diplomat’s dream come true, that’s about it I suppose. The rest of us are Jeep (vox), Ben (drums), Harry (lead guitar) and Callum (rhythm guitar), all blighty born and bred. »

How did you meet ?

FEET : « The formation of the band happened sometime during first year (a point at which the government was a lot more generous to us), but the story of how, when and why isn’t particularly clear-cut. Night after night of failing to pull on the Cov uni club circuit (does two make a circuit?), the five of us would meet at local pubs around town to discuss our music. This eventually lead to a jam session, followed by an acoustic charity gig, which in typical Netflix rock and roll biopic style lead to us being kicked out of after some impressive carling can speed stacking. There was no ceremonial ‘let’s form a band’ discussion. Once we knew that we had all the musical components in order (or just about), it was sort of assumed. »

How did you start making music ?

FEET : « Chapter 2: after a couple sessions in the more somber atmosphere of Harry’s living room, we just sort of begun working on our own material, again it was just the ‘done’ thing. Notably atrocious demos are : What’s Next, Colly, Jacuzzi – and a dishonourable mention to Weekends, which was fucking dirt. »

Your members have changed a little since the beginning, haven’t they ?

FEET : « Despite many online sources still unearthing pictures of the first five as timeless fucking gospel, yes. The most notable omission being that of founding guitarist Joakim, who realized that although you could slap it on a Tinder profile, a full time musician as well as full time pilot wouldn’t really work in practice. »

Question that comes to mind when I hear your band name: why FEET ?

 

Our old guitarist Joakim tried to come up with a name. He proposed ‘the talking heads’ which was obviously taken and when he got shut down for suggesting that, he said ‘alright well it has to be something good, not something stupid like feet’.

FEET

 © tom the lion

In concert, we clearly hear a groovy bass that mixes a rock sound. Very surprising and awesome. How did the sound of FEET come about ? How would you define your music ?

FEET : « I’d say the bass sound comes from a new-found desire for our music to have an innate groove, something that gets you on your (I’m gonna swerve this damn pun) lower ankles. Initially very convoluted and confused, the band’s sound began with an ugly collaboration of indie pop reverbs and Frusciante based fuckery. Although we’re still a long way from answering the ever present pub man’s query of « what genre is it? », the trigger words of dance, rock, alternative have at least evolved from recent songs. »

Who are your inspirations, the bands that walk with you ?

FEET : « We’re often inspired by bands who sound nothing like us, but instead share the same attitudes and approaches towards music. Artists such as Pavement, Confidence Man, King Gizzard and The Lizard Wizard, The Kinks, Parquet Courts, Captain Beefheart (to name a few). Groups that don’t take themselves too seriously and choose satire and hooks over self-indulgence. »

You have crazy visuals – t-shirts, clips – so how do you design them ? Is it important for you to have a visual identity ?

FEET : « 
Jeep (George) is the brains behind all the art, we just sort of see the end result and say « yeah that’s crease » and release it. We’ve always been conscious of visual identity, especially since the birth of our own record label « Clapped Records » (the home of crease-pop). George will often stick to the DIY aesthetic I guess, he’s got a few notepads and photoshop so everything is done in a pretty casual fashion. »

Have you ever had the goal to become a well known band or do you just play for fun ?

FEET : « I don’t think it’s ever possible to survive the band experience without the idyllic possibility of fame lingering at the back of your pissed mind, but regardless, we’ve always made a conscious effort to enjoy ourselves, whether it be shitty on-stage dancing, or even taking the tube – all dressed head to toe in Levis double denim (shoutout Levis of course). »

How did the FEET rise in popularity take place?

FEET : « Well just like anything we released a song that we (and we only) were excited about at the time, a song called Petty Thieving. After a couple months of elated reactions from mums, mum’s mates and other mate’s mums, we got a couple of flirtatious industry flyers, and subsequently managed to score a couple meetings with a few of those people that stand awkwardly at the back of gigs. I guess it was around then that we started to understand that we were being received as much more than ‘just another student band’. A couple of our first ever sell out shows happened recently, so we’re starting to believe that maybe putting ourselves through all those free dinners and piss ups was worth it after all. »

What does it feel like to make music and have a foreign media share your music? I think to the Inrockuptibles, which is an important music magazine in France.

FEET : « To be honest it’s an amazing feeling to make music that reaches even just one random punter, let alone the media from a different country. But yeah it’s when people who live in different countries listen to our music when things get really exciting, if only for the prospect of having an excuse to bun off out of England and knock about playing a show to people with different cultures and languages. »

You’ve been releasing a few tracks since 2017, including the brilliant English Weather, do you plan to release an album soon?

FEET : « 
We recorded an album last winter, which will be out this summer (via Clapped Records). We have a 5-way songwriting split, it’s a very democratic and creative process when we write a song, though we don’t really have a formula. We typically write our own parts, but it’s very rare for one person to write most of a song, I’m pretty sure each song on the album was created in a different way by a different person, so that’s groovy. »

I discovered you through  English Weather, I didn’t expect an audience that already knows the lyrics of the song. Is this how it is at every gig?

FEET : « No two shows are the same, sometimes we get loads of people going batshit crazy and screaming along, which is great. Other times, like when we recently played Belfast, only a few people act like this, whereas the rest of the audience ‘admire’ the gig in their own, less active way which is fine, by that point they’ve already bought a ticket haha. »

How is the tour in the UK going? Is it surprising? What is your best and worst memory on the tour?

FEET : « 
The tour was insane. A bit cliche to say but we were pleasantly surprised at the turnout, even managing to sell out a couple of dates. The worst memory for sure was travelling to Belfast, when we were hanging out of our fucking arses on the choppiest fucking ferry in recorded history. I think we all passed out and we were feeling very sorry for ourselves. »

Do you have other dates planned, in France for example? Have you ever been there before? If so, can you say a few words about it?

FEET : « 
I’m pretty sure we’ve all been to France at least once, it’s sort of a rite of passage being English. It’s arguably a classier, warmer and less-grey England, so we all love it, though we’ve never played there. We had a boogie with some French promoters backstage when we played Eurosonic in January, so who knows! »

I read that you consider the Arctic Monkeys and The Strokes as the last great guitar bands, do you think we’re witnessing a new breath of rock with this new wave of British bands ? I think about Shame, Fontaines D.C. Where had British rock gone?

FEET : « I think Shame and Fontaines D.C relate in their shared Punk values, they project a clear cause and voice in their music. You could definitely put Idles into that category as well as a whole host of great new British bands. Although I don’t think the new wave of British bands as a whole lends itself entirely to this sound. If anything, that’s what’s exciting about it. I think there is currently a lean towards dance and grooved based stuff, which is more accessible. If there’s one central movement it’s the success of humour coming from Britain. We believe that FEET is best vehicle for sharing serious ideas that British rock acts haven’t gone anywhere with, the title just isn’t as trendy. »

I also read that you avoid talking politics in your music, but concretely as young people what impact does Brexit have on you?

FEET : « 
It’s not that we actively avoid politics in our music, and in the future it’s not ruled out. We’re also just as opinionated as your average 20 something year old musicians. It’s more that we’re not a politically charged band, though I understand with the current political climate it’s somewhat expected of bands to have their say. If you look at Jeep’s lyrics for our songs so far, they’re far from politically-charged, so if we were to do a song with politics as a topic, it would have to be done in a subtle way. The impact Brexit will have on us musicians and young people is very uncertain, although I can’t see how it would benefit musicians at all, it’s a sad affair really. »

Last question, a philosophical question if I may say, how would you define music?

FEET : « My old lecturer defined music simply as « organised sound » which I guess is true but that’s a pretty smart arse answer, music can be anything you want, really. Being in a band sort of changes your perception of music, but music in FEET terms at least, is a way for us amateur musicians to create something we would enjoy from an outside listening perspective. Not in a ‘pay the bills’ way, but more in a ‘add a little crease into the world’ way, music is about enjoyment after all. »

On April 24th, FEET released the Ad Blue‘s absurd video clip, second single from their first album, available this summer.