Si cet article devait refléter la réalité de ce qu’a fait le 45e président des États-Unis cette année, il devrait parler à 25% de golf,  à 20% de malbouffe et d’émissions télé. Malheureusement, ce sont deux sujets que je maîtrise assez peu, voire pas du tout. Ces quelques lignes ne se concentreront donc seulement sur ses sept petites heures quotidiennes consacrées à la présidence d’une des plus grandes puissances mondiales.

L’année commence avec le livre explosif  Fire and Fury de Michael Wolf venant mettre à mal la crédibilité, déjà bien entamée, de Donald Trump, en le suivant dans l’intimité de la Maison Blanche. Quelques centaines de page mettant à jour les discussions de couloirs douteuses, les soirées télé et le temps de travail réduit du président. De quoi lui faire commencer l’année du bon pied.

En février, alors qu’il essayait de se redonner un peu d’importance en organisant un défilé militaire napoléonien, une fusillade éclate dans un lycée de Parkland et le pousse dans ses retranchements. Il négocie en effet furtivement avec la NRA (National Rifle Association), pour légèrement restreindre l’accès aux armes. Mais dans la législation rien ne change, et en mars, la colère du peuple américain monte avec en chef de file les lycéens organisant des manifestations dans tout le pays. Visiblement pas de quoi alerter la présidence qui a des opposants apparemment plus préoccupants. Par exemple, la Chine avec laquelle les hostilités ont commencé en avril concernant la suppression d’accords commerciaux. Trump, peut-être effrayé par son opposant, se protège et accuse l’ONU d’être contre lui.

Le mois de mai cristallise toutes ces préoccupations. Il commence véritablement sa croisade contre l’Iran en sortant des accords sur le nucléaire, signés en 2015 à Vienne et entériné par l’ONU. « Le pire accord » signé par Obama selon lui qui garantissait à l’Iran la disparition progressives des sanctions internationales à son encontre à condition que Téhéran ne développe pas de programme nucléaire militaire. Depuis l’Iran a réduit sa capacité nucléaire mais Trump, en sortant de cet accord, veut relancer des sanctions, notamment sur le pétrole, le commerce de métaux et l’aéronautique. Ce revirement des Etats-Unis provoque donc un ravivement des tensions entre les deux états mais pose aussi les autres pays signataires de l’accord en porte-à-faux puisqu’ils risquent désormais eux-même d’être menacés par les États-Unis en cas de commerce avec l’Iran. De l’art de faire régner la paix.

En parallèle, l’affaire russe, commencée fin 2017, bat son plein avec toujours plus de découvertes accablantes, six membres du clan Trump étant désormais mis en cause. Le premier intéressé essaie alors d’éviter à tout prix un interrogatoire avec le procureur spécial chargé de l’enquête. Soupçonné d’entrave à la justice, il nie en bloc sur son cher compte twitter mais refuse toute investigation.  Pourtant le but n’est pas d’en faire un suspect mais de savoir ce qu’il savait de l’affaire. Juste de quoi se prendre les pieds dans le tapis, ce qu’il refuse.

Parce qu’il n’y a jamais assez de problèmes, le mois se termine avec une nouvelle fusillade, cette fois à Santa Fé, qui remet de l’eau dans le gaz quant à la question de l’armement.

En juin, son décret migratoire est accepté par la Cour Suprême et interdit de territoire six pays, majoritairement musulmans. L’Iran bien sûr, mais aussi le Yémen, la Somalie, la Syrie, la Libye et son meilleur ennemi, la Corée du Nord.

Victoire en juillet avec l’accès à la Cour Suprême du candidat Républicain Brett Kavanaugh… accusé de viol en septembre. Avant cette nouvelle affaire, Trump rend visite à Theresa May, malgré les nombreuses manifestations contre sa venue, et défend un Brexit fort.

Au cours du mois d’août, Trump concentre son attention sur la presse et la Corée du  Nord. Pour la presse américaine, rien de nouveau, elle est encore et toujours contre lui. En revanche, pour remporter sa guéguerre contre Kim Jong Un, le président américain a une nouvelle idée : créer au sein de l’armée une force de l’espace. Bientôt une Star Wars ?

C’est peut-être grâce à ce genre de trait d’esprit qu’il fait rire tout le conseil de sécurité de l’ONU en septembre, lorsqu’il vante son bilan. De quoi se lancer dans la campagne des midterms en confiance.

Élections qui ne tournent pourtant pas en sa faveur, à cause du traitement médiatique dira t-il, puisque entrent au Congrès en novembre un nombre record de femmes, de jeunes, de musulmans et de personnes issues de l’immigration.

Il se retranche donc sur une de ses autres batailles, l’écologie. Après avoir lu un rapport d’experts sur le réchauffement climatique, le président américain se limite à déclarer ne pas y croire. Aucune mesure en vue donc,  pour réduire ce phénomène dans lequel les États-Unis n’ont aucune responsabilité, puisqu’il n’existe pas.

Enfin, l’année arrive à son terme, mais pas le mandat présidentiel. Il reste encore deux ans à Trump pour rayonner sur le monde. Rendez-vous en 2019.