Le Pitchfork Festival, en novembre dernier, nous a réservé un paquet de surprises. Outre certains concerts fulgurants dont nous avons déjà parlé, nous avons eu la chance de passer un moment avec Lewis OfMan, la nouvelle personnalité qui compte dans le paysage de l’électro-pop Française. En seulement quelques mois, sa notoriété nouvelle lui a ainsi permis de collaborer avec Rejjie Snow, Vendredi sur Mer et The Pirouettes, entre autres. Après avoir cumulé plusieurs millions d’écoutes sur Spotify et introduit son EP auto-produit dans le cercle très fermé des nouveaux espoirs hexagonaux, Lewis Delhomme – de son vrai nom – se retrouve catapulté sur la grande scène du festival Parisien. Quelques heures avant l’un des moments les plus importants de sa jeune carrière, il nous a consacré un entretien riche, passionné et passionnant. Mais qui se cache derrière la grande révélation de 2018 ?

Lewis Of Man – © Lise Escaut pour L’Alter Ego/APJ

Tu joues sur la grande scène du Pitchfork ce soir seulement un an après la publication de ton premier EP, c’est un parcours fulgurant. Comment tu te sens ?

Lewis OfMan : « C’est un festival de gens clean. De vrais projets. Je suis assez honoré de faire partie de tout ça. Aussi, c’est un festival que je connais depuis longtemps, je le suis beaucoup. Surtout depuis que le streaming des concerts a été mis en place l’année dernière, je l’ai beaucoup regardé. C’est marrant de se retrouver dans la situation où c’est moi qui joue ici. »

Tu as sorti un premier six-titres remarqué en 2017 : il s’appelle Yo Bene et a réellement lancé ta carrière. Comment en es-tu venu à sortir ce disque ?

LoM : « J’avais fait plein de musiques sans avoir de direction particulière. Il fallait que je sorte un EP pour être reconnu. On a sélectionné les meilleures, donc c’est très varié. L’objectif était de montrer aux gens ce que je savais faire. Des morceaux comme « Yo Bene », « Kythira », « Le métro et le bus »… c’est différent mais ça reste la même personne. Il fallait commencer par ça pour entrer dans le game. J’ai sorti l’EP tout seul, sans label, sans rien. La chanson « Flash » a fait son chemin et c’est cool. J’ai sorti quelques singles depuis et mon « tringle » [un concept qu’il a lui-même inventé : il publie trois chansons dans un même single, ndlr] le 1er juin dernier. On a fait un peu pareil, on a pris les trois meilleures chansons que j’avais. J’ai l’impression que ça va être comme ça toute ma vie !

Je n’arrive pas à écrire dans une même veine. C’est impossible, j’aime trop de choses différentes.

Entre temps, j’ai composé d’autres choses pour des gens et pour moi. Je prépare un album, ça sera « moi » : j’ai l’impression que je n’ai pas trop le choix. Ce n’est pas grave, c’est même cool ! Tant que j’arrive à être le plus honnête possible, ça marche. Les gens sont touchés par la personnalité des artistes. »

Est-ce que tu as quelques infos à nous donner sur l’album à venir ?

LoM : « Pour l’instant il n’y a que deux chansons qui sont composées, première info. Pour le reste, je vais le composer à Barcelone, parce que c’est une ville qui m’a vraiment inspiré. J’adore ce qu’on appelle, malheureusement, la musique de catalogue ; c’est-à-dire des compositeurs qui écrivaient des musiques pour la télé dans les années 70. C’est magnifique car ce sont des artistes avec des formations classiques mais qui, pour gagner de l’argent, ont écrit ce type de musique. C’était le début du graphisme, il y a un côté Bauhaus [une école d’art Allemande, active pendant la première moitié du XXè siècle, ndlr]. Mon rêve, c’est de faire un album comme ça. Quand j’étais à Barcelone la première fois, je devais faire la musique d’un hôtel, en résidence. On retrouvait donc complètement ce côté catalogue. J’ai fait quatre chansons pour eux. Quand je suis arrivé je n’avais aucune inspi, rien, mais en arrivant c’était trop bien. Dans cette ville, il y a un truc. J’y retourne bientôt, je vais y vivre cet hiver pour composer mon album. »

Ça me fait penser à la démarche des compositeurs italiens qui ont écrit, malgré une formation classique, beaucoup de chansons pop et disco…

LoM : « J’adore ! Je trouve que c’est la plus belle musique. De toute façon, le plus important pour moi, c’est la mélodie et le groove. Les Italiens sont très forts en mélodies. Le groove est très classe… C’est de la musique en tant qu’art qui fait rêver, qui fait voir des choses, qui fait vivre des moments. Ce sont les meilleurs pour ça. »

Tes textes sont écrits avec des mots intimes et simples, envisages-tu à un moment d’écrire sur d’autres sujets que tes sentiments ?

LoM : « Si quelque chose de naturel me vient directement à l’esprit, grave. Si je le fais parce qu’il faut le faire, jamais de la life. Les sentiments sont différents pour chacun et tout le monde se reconnait là dedans.

Je chante mes sentiments parce que j’ai envie et besoin de le faire.

Après, je trouve ça aussi très cool de faire une musique où tu vas parler de, je ne sais pas moi… de cette plante, c’est mimi. Il faut que ce soit une idée pure, avec des paroles pures pour que ça fonctionne. C’est quelque chose que je pourrais faire, c’est un défi marrant aussi. C’est vrai qu’à la fin, ça peut être redondant de parler toujours de ses sentiments. »

Des phrases directes, un groove rassembleur, des mélodies limpides, des sentiments… On dirait une description de musique religieuse américaine, non ?

LoM : « C’est très marrant, c’est la première fois qu’on me dit ça. J’aime ce côté rassembleur en effet, parce que j’aime réussir à faire danser des gens. Vu qu’il y a un groove, un truc qui tape, les gens kiffent. Réussir à faire bouger des gens qui écoutent du rap, c’est ouf. J’aime mettre tout le monde d’accord avec une mélodie qui touche leur coeur, à laquelle on ne peut pas échapper. Tu as beau aimer une autre musique, si tu es sensible à telle ou telle mélodie, c’est gagné. C’est mon but en soi : que tout le monde soit touché par ma musique. »

C’est autour de ça que tu construis ton live, vraiment par rapport au public ?

LoM : « J’aime briser la glace sur scène. Parfois c’est con, le mec fait de la bonne musique mais il se force à essayer de parler au public pour que les gens soient chauds. C’est fatiguant quand tu vois que le mec est stressé, putain c’est bon… Être sur scène c’est super marrant, ça n’arrive pas à tout le monde ! Ce n’est pas quelque chose qui est naturel, donc autant rendre la chose simple : je viens faire de la musique devant des gens, voilà. On est tous là pour écouter de la musique qu’on kiffe ou que l’on ne connait pas et on est d’accord sur un sujet : c’est cool, la musique. J’aime casser ce truc et parler directement avec les gens : il se passe toujours des choses naturellement, c’est cool. »

Tu aimes qu’il y ait des petits accidents ou des choses imprévues ?

LoM : « Ça m’arrive tout le temps, je ne sais pas pourquoi. Des coupures de courant, le clavier qui ne marche pas, plein de trucs… Finalement on trouve toujours une solution. J’espère que ça ne va pas trop arriver pendant mon live aujourd’hui, parce que c’est un festival très clean. C’est un festival de gens qui écoutent, ce qui est très bien, mais ce n’est pas comme un festival où tout le monde est bourré, où les gens crient « ouaiiis » tout le temps. Ce soir, il faut quand même être très respectueux. Ça me met une petite pression, mais une pression positive. »

Est-ce que tu as l’impression que ta musique influence d’autres musiciens ?

LoM : « Pour l’instant je ne sais pas, peut être. On m’a déjà dit que le fait de chanter ce que je pense, comme ça, a aidé des gens…. Pour l’instant, je ne sais pas si j’ai influencé des musiciens mais j’aimerais bien, ce serait un honneur. On verra, c’est encore tôt pour le dire. »

Voyou et toi partagez beaucoup de points communs. Lui dit qu’il s’est mis seul sur scène en partie pour pouvoir se libérer d’un groupe, parce que le processus est super long. Il aime cette intimité. Tu es d’accord avec lui ?

LoM : « Je suis d’accord avec lui, parce que quand tu es tout seul sur scène, on vient te voir toi. Les gens s’en foutent de comment je fais mon truc, du moment que je suis vraiment présent et que je suis cool. Il faut vivre un concert de cette manière-là : c’est toi qui as composé tes chansons et tu parles avec eux directement. Après, j’aime aussi le côté groupe, quand tu es avec des gens qui t’aident, c’est une force. »

Est-ce que tu pourrais avoir des musiciens avec toi sur scène ?

LoM : « Pour l’instant, je ne sais pas si c’est quelque chose qui m’irait.

Je n’arrive pas encore à me détacher de ma musique au point de la faire jouer par d’autres.

J’ai encore un truc de mec parano, genre « c’est ma musique ». On a toujours un peu peur du changement. C’est quelque chose qui va se faire, après les gens me disent qu’ils m’aiment bien parce que j’ai une proximité avec eux. »

Imagine qu’on te donne le budget pour réaliser n’importe quelle idée sur scène, que fais-tu ?

LoM : « Mon rêve, c’est vraiment d’avoir une scéno magnifique, d’avoir un Fender Rhodes [un piano électrique, ndlr]… Mon kiff, ce serait juste que les gens soient assis et faire un concert où je joue mes chansons juste au clavier, que les gens entendent vraiment mes harmonies. J’adore aussi les lumières en concert, c’est ouf ! Rendre la chose vraiment belle, un vrai show. »

Pourquoi des gens assis spécialement ?

LoM : « Il y a de la musique que tu ne peux pas forcément écouter debout. Tu as juste envie de regarder les gens jouer. Pour l’instant, le concert que je fais se regarde debout parce qu’il y a des kicks, ça groove. Par exemple, une musique comme fait Chassol, ça groove de ouf mais ce qui m’intéresse c’est de le voir jouer, regarder l’écran. Je l’ai vu à Barcelone dimanche dernier, on était assis et ça change tout, tu es bien plus attentif… tout est différent. J’aime être assis. »

Est-ce que tu te définirais avant tout comme un producteur ?

LoM : « Non, jamais de la life ! »

Ce serait quoi, du coup ?

LoM : « Compositeur, pour l’instant. En fait, aujourd’hui on appelle un compositeur celui qui écrit de la musique classique, mais en soi beaucoup de producteurs qui sont dans la pop sont de vrais musiciens. Producteur, ça signifie argent, ça veut dire qu’on fabrique un produit. Je ne me vois pas comme ça. Je n’ai pas une formation classique, mais c’est quelque chose vers laquelle je m’oriente. C’est comme ça que je veux que l’on me perçoive. Producteur, c’est chelou ! C’est comme si la musique, ce n’était que de l’ordi… Oui, tu produis des fréquences sur un support, tu peux voir la musique comme ça. Mais pas moi. »

Est-ce que tu te verrais faire des musiques de film par exemple ?

LoM : « C’est mon rêve absolu. Le problème c’est qu’aujourd’hui, on voit beaucoup moins de bandes originales, ça se faisait surtout au début surtout avec tous les films romantiques. Aujourd’hui, les réalisateurs vont prendre des musiques qu’ils aiment bien, qu’ils veulent mettre dans leur film. Il y a aussi tout le côté sound design [créer des sons pour illustrer une action à l’écran, ndlr] : ça je déteste. Ce n’est pas quelque chose que j’ai envie de faire parce que c’est trop associé à l’ordinateur. Aujourd’hui, on fait trop de musique sur un ordi, c’est inséparable. Si tu veux faire de la musique, il te faut un logiciel… C’est chiant ! Il faudrait trouver un moyen, mais c’est impossible pour l’instant. L’autre option est de louer des journées de studios mais ça coûte beaucoup plus cher, c’est compliqué d’être avec quelqu’un qui n’est pas forcément d’accord avec ce que tu kiffes… Quand tu peux composer chez toi, t’as plein d’idées, tu peux les jouer directement. »

Il y aura plus d’éléments enregistrés sur le disque qui arrive ?

LoM : « J’aimerais bien, j’aime beaucoup le clavecin… On va voir. Ce sont des choses intéressantes, de vraies batteries par exemple. Mais j’aime aussi beaucoup la culture du sample, du beatmaking à l’ancienne, c’est très beau. Les deux sont complètement compatibles, je pense. Tous ces mecs qui faisaient leurs beats sur des MPC [une machine utlisée pour lancer des samples, ndlr], ils n’avaient pas d’écran d’ordi. Peut être que dans vingt ans ça paraîtra très cool d’enregistrer de la musique sur ordi, on sera passé à autre chose donc ça sera devenu un peu rétro. »

Est-ce que tu adhères à l’idée assez actuelle qu’il faut se détacher le plus possible de la technologie ?

LoM : « Non, il faut quand même vivre avec son temps. Parfois je me dis qu’au 19ème siècle, les gens ne pensaient pas : « Tiens, je vais porter une redingote du 17ème », ça paraîtrait vraiment chelou de faire ça ! (rires) Tu vis avec ce qu’il se passe et c’est cool.

J’ai l’impression que l’on est le seul siècle à vouloir reproduire ce qui se faisait trente ans avant, je n’ai pas l’impression que le côté vintage existait avant.

C’est bizarre, j’ai la sensation que l’on est la seule époque à… (il hésite) »

À arriver au bout d’un processus ?

LoM : « Ouais, j’ai peur de ça. C’est David Blot, qui bosse chez Radio Nova, qui écrivait ça dans un livre. Il disait qu’aujourd’hui, on n’est plus surpris par de nouvelles choses en musique, parce qu’on se dit que tout est possible. On fait un peu ce que l’on veut et on n’a jamais l’impression d’écouter un truc complètement étranger. Il y a une perception différente de la musique. Qu’est-ce qui est vraiment nouveau ? Il se produit un changement énorme en ce moment. »

Quels changements ? Dans quelle direction la musique va-t-elle s’orienter selon toi d’ici 10 ans ?

LoM : « Aucune idée ! Tout est possible. Je pense que les artistes vont devenir de plus en plus focalisés sur eux-mêmes, encore plus que maintenant. Il n’y a pas d’autre choix que de surprendre avec sa personnalité. Aujourd’hui, c’est la seule chose qui peut nous mener vers le futur. Le retour à soi, mais vraiment à 100%. Je pense que c’est la seule alternative. Si tu inventes une nouvelle machine, ce sera nouveau, mais ça restera une machine comme une autre. On n’est plus surpris par les nouvelles machines, c’est un son que l’on a forcément déjà entendu quelque part. »

Tu collabores avec beaucoup d’artistes, c’est une de tes particularités. Comment tu choisis avec qui tu travailles ? Ce sont simplement des rencontres ?

LoM : « Plus ou moins, ouais. Pour Rejjie Snow par exemple, j’étais vraiment fan de sa musique donc j’étais ravi. Ichon aussi, j’aimais beaucoup ce qu’il faisait. Pour Vendredi sur Mer, c’était aussi un projet naissant et on avait le même manager ; ça s’est construit naturellement, on est devenus amis. Mais à chaque fois que je me retrouve à travailler avec quelqu’un, ce n’est pas moi qui pense « Putain, il faut que je travaille avec lui ou elle », ça n’est jamais arrivé. Ça me tombe dessus et je me dis : « Ok c’est cool, why not ? ». Pour Rejjie Snow c’était ouf, j’ai reçu une notification sur mon calendrier “Session Rejjie Snow”, j’ai fait « What ? Comment c’est possible ? ». »

Et la première fois que vous avez travaillé ensemble, le studio était fermé…

LoM : « Ouais, c’était trop marrant. Voilà, ce sont vraiment des choses qui se font comme ça. C’est pour ça que quand on me dit que je suis producteur, je suis encore moins d’accord. J’ai jamais vraiment voulu l’être, au départ. Encore une fois, je me suis mis à composer et produire pour des gens. Je me souviens que la première fois que j’ai fait une prod’ pour quelqu’un, je ne comprenais pas pourquoi il n’y avait pas mon nom sur le titre, j’étais complètement étranger de cette pratique. Je pensais que la personne qui avait fait la musique était reconnue, mais en fait ça ne marche pas comme ça. »

Quelle serait ta collaboration rêvée, si jamais tu pouvais choisir quelqu’un ?

LoM : « Frank Ocean, Drake. Je pense que Drake, ce serait un kiff. Tu te rends compte ? Avec Drake, tu peux tout faire. Imagine un mélange de mélodies groovy à l’italienne et sa voix, c’est le feu ! Frank Ocean bien sûr, parce que c’est ce que j’aime le plus. En France, je trouve que la meilleure artiste c’est Juliette Armanet. J’aime beaucoup le morceau qu’elle a fait pour Sophie Calle qui s’appelle Cool Cat. Elle a repris cette chanson de Queen, c’est magnifique. J’aime bien aussi Rosalia, une artiste espagnole. Voilà, c’est à peu près tout. Sinon j’aimerais travailler avec Tyler the Creator… Ou Yoko Ono, tu peux faire de la grosse disco avec elle, tu la fais chanter en français c’est le feu. »

Ton disque préféré de 2018 pour le moment ?

LoM : « En France, ce sera peut être Flavien Berger, Contre-Temps. Et dans le monde, (il fouille dans son téléphone) c’est toujours une question difficile ! (rires) J’aime beaucoup l’album de Blood Orange, qui va jouer ce soir. L’album de The Internet est très bien aussi. Bien sûr, l’album de Rejjie Snow qui s’appelle Dear Annie. Astroworld de Travis Scott aussi, je l’ai beaucoup attendu. »

Celui que tu attends le plus pour 2019 ?

LoM : « Je ne sais pas trop. Je me demande ce que va faire Mac DeMarco, je suis curieux de voir ce qu’il va sortir prochainement. »

C’est l’heure de ma question traditionnelle. Si tu devais me raconter ta meilleure expérience sur scène et juste après la pire ?

LoM : « La meilleure, c’était à la We Love Green. Quand tout le monde est monté sur scène, c’était dingue. Je me disais : « Putain, qu’est ce qu’il se passe ? ». La pire, c’était deux ans plus tôt, un concert à Lyon dans un bar de merde ! (rires) C’était vraiment horrible, il y avait un limiteur à 75 décibels, c’est rien du tout. Quand je jouais, tout le monde discutait. On n’entendait pas ma musique et quand je finissais les chansons, il ne se passait rien, aucune remarque. Je peux te dire que ça t’apprend des choses. »

Qu’est-ce que ça t’as appris ?

LoM : « Maintenant quand les gens m’écoutent, je suis vraiment content. Je fais : « Putain, c’est des bons gars, ils écoutent ma musique et ils kiffent ». On oublie que ce n’est pas naturel, un concert, ça parait normal que les gens viennent te voir et t’écoutent, mais non ! La preuve : j’étais dans un bar, j’avais tous mes instruments et ils n’en avaient rien à foutre ! (rires) J’ai arrêté au bout de 6-7 chansons et l’organisatrice me fait « Pourquoi tu arrêtes de jouer ? ». Je n’étais même pas payé pour ce concert, je suis allé à Lyon tout seul. J’ai dit : « Mais enfin, tout le monde s’en fout, là ». C’est important de se rappeler ça, il faut que tu sois content d’être sur scène quand tu vas à un festival avec plein de gens qui veulent t’écouter. Il arrive qu’un artiste qui écrit de la musique très bien fasse un premier concert comme celui que j’ai fait et s’arrête parce qu’il se dit : « À quoi ça sert ? ».

C’est important de se rappeler que j’ai eu la chance d’avoir été aidé par des gens et travaillé avec les bonnes personnes.

Parce que je peux dire que de jouer devant des dos, c’est horrible ! (rires) »

Dernière question, que peut-on te souhaiter maintenant ? De te couper un peu du monde, à Barcelone, pour composer ton disque ?

LoM : « C’est ça ! Et de continuer à rester naturel, parce que c’est important. Il n’y a que ça qui compte maintenant : rester fidèle à soi même. »