Qu’il était beau le dernier week-end de juin ! Pour sa sixième édition, Cabourg, Mon Amour a tenu toutes ses promesses : dans des conditions météorologiques optimales, la programmation pointue n’a été à aucun moment décevante. Créé en 2012 par l’union des équipes de Super!, Les Niçois et Premier Amour (trois entreprises parisiennes), ce festival a pour objectif premier de mettre en valeur le cadre somptueux dans lequel il se tient. Et c’est réussi ! On peut difficilement rester insensible aux kilomètres de plage qui entourent les festivités. À moins de 3 heures de Paris, l’équipe de L’Alter Ego a eu la chance d’assister aux concerts des figures emblématiques rock, pop, hip-hop et électro de la scène Française et internationale.

L’impératrice au festival cabourg mon amour – © Julia Galan pour L’Alter Ego/APJ

Une trentaine d’artistes se sont succédés sur la grande scène, sur la petite scène les pieds dans le sable, sur le spot DJ spécial baignade et aux trois afters. Le meilleur moment ? Probablement le concert magique Dream Wife dimanche, savant mélange entre postures garage-rock et revendications politiques percutantes, notamment féministes. Leur éclatant premier album éponyme est sorti en janvier dernier chez Lucky Numbers, on vous conseille sérieusement d’aller y faire un tour. Leur single Somebody d’ailleurs a été l’un des moments forts du week-end, sublimé par l’incroyable présence scénique de la magnétique chanteuse Rakel Mjöll.

On a également beaucoup aimé le set de Mall Grab, orienté deep et lo-fi house, vendredi soir sur la scène de la plage. L’Australien a encore une fois démontré toute la puissance de son talent en faisant bouger la foule jusqu’au (magnifique) coucher de soleil sur la Manche. L’afterparty du vendredi, la seule à laquelle nous ayons assisté, a d’ailleurs été magnifiée par la présence imprévue du DJ et de sa comparse Londonienne HAAi, également programmée ce jour-là. Le duo Promesses, composé des Parisiens Samos et Härdee et rallié ce soir-là par la tête de proue du label Dko Mad Rey, a en effet été rejoint sur scène par les deux prodiges, passablement éméchés. Cette petite bande a donc tout naturellement enflammé jusqu’à 6h la Sall’In – la salle des fêtes locale reconvertie pour l’occasion en club obscur. Juste pour ça, merci Cabourg.

Mall Grab

HAAi

Autre point fort : le site du festival, qui a bien changé depuis deux ans. Plus de place, très belle scénographie, meilleure disposition des scènes : on peut dire que le staff du collectif Super!, responsable de l’organisation, a tout mis en place pour que la belle plage normande soit la plus accueillante et confortable possible. Une pensée tout particulière au stand Greenroom, qui laissait la possibilité aux festivaliers de diffuser leur propre musique. On peut vous le dire, c’est là qu’il y avait la meilleure ambiance. On regrette cependant les prix élevés du festival (7 € la pinte et 15 € l’after, c’est beaucoup quand on a déjà payé son pass 100 €).

On a par ailleurs eu la chance de rencontrer quatre des meilleurs artistes programmés : L’Impératrice (vendredi), SuperParka, Myd et Pépite (samedi). On a eu le temps de leur poser quelques questions, parfois dans des conditions un peu rocambolesques (un entretien pendant la demi-finale de la Coupe du Monde, ça ne pouvait pas se passer normalement…). À suivre sur L’Alter Ego !

L’Impératrice

SuperParka

Myd

Pépite

Au final, Cabourg est définitivement un festival chaleureux qui commence à se faire une place de choix dans le calendrier de l’été. On a l’impression que ce petit festival a trouvé sa vitesse de croisière : une audience tournant aux alentours des 10 000 festivaliers, une programmation éclectique mais pas trop élitiste, un public jeune et motivé… S’il y a bien une chose que l’on peut espérer, c’est que les organisateurs ne cherchent pas à étendre davantage cet écrin de liberté pour la transformer en machine à fric – même si on a parfois l’impression de se faire avoir, notamment à propos des after payants. La meilleure chose qui puisse arriver à Cabourg, Mon Amour, c’est qu’il reste exactement comme il est, si possible en aménageant mieux la partie club. Bref, belle ambiance, excellents concerts, magnifique cadre : merci, et à l’année prochaine !

image de couverture : © julia galan pour l’alter ego/Apj