Grâce à une nouvelle génération plus engagée que jamais, la politique devient un concept de collection haute couture et prêt-à-porter et une véritable mode vestimentaire chez les jeunes. L’industrie de la mode tenterait-elle d’œuvrer pour un monde meilleur ? Entre défilés engagés, mannequins militants et t-shirts slogan, l’engagement politique semble passer aussi par une façon de s’habiller.

Une génération d’activistes

Alors que jusqu’à présent la politique était restée séparée de la mode, cette dernière s’accroche désormais à la triste actualité de notre monde pour faire effet. Face à l’émancipation des millennials (ou génération Y), la politique devient un sujet qui intéresse de plus en plus, mais surtout à un âge de plus en plus jeune. Par ailleurs, cette nouvelle génération a beaucoup plus à défendre que ses parents, les baby boomers d’il y a 30 ans. Des sujets sociétaires et causes politiques, tel que l’avortement, les armes, les conditions de travail ou le sexisme sont des sujets qui font beaucoup plus parler aujourd’hui qu’il y a 30 ans. Les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas peur de défendre leurs idées, mais surtout, ces jeunes sont de plus en plus nombreux à vouloir faire entendre leur voix et à s’efforcer de devenir militants pour défendre leurs valeurs.  

Bien sûr, tous ces nouveaux sujets et problèmes qui ont émergé ces dernières années sont des causes à défendre, mais, surtout, les jeunes d’aujourd’hui bénéficient d’une plateforme extraordinaire que leurs parents n’avaient pas : les réseaux sociaux. Grâce à ces derniers, la parole s’est libérée et a fait de cette génération, une génération qui a besoin de s’exprimer, qui peut le faire facilement et qui est prête à tout pour défendre sa liberté d’expression, et ce, directement face au monde entier. Un exemple ? L’attentat de Charlie Hebdo en 2015 : suite à cette attaque directe contre la liberté d’expression du journal, des centaines de milliers de jeunes se sont mobilisés pour défendre ce droit dans les rues de France mais aussi, grâce aux réseaux sociaux, dans les rues du monde entier.

Mais 2016 a marqué une nouvelle étape : pendant l’élection présidentielle aux États-Unis, les réseaux sociaux se sont véritablement enflammés. Mannequins, acteurs, chanteurs et influenceurs ont usé de leur pouvoir médiatique pour se faire entendre et défendre leurs idéologies politiques.

Le monde de la mode montre l’exemple

Les vêtements sont aujourd’hui devenus une façon de véhiculer des messages publics comme rarement auparavant. On le voit non seulement sur les défilés, mais également chez les influenceurs de mode. En mars, lors de « March For Our Lives » aux États-Unis, le mouvement qui défend un plus grand contrôle des armes, des représentantes du monde de la mode telles que Hailey Baldwin, Kendall Jenner ou encore Zendaya étaient présentes avec des t-shirts slogan en faveur de cette cause de plus en plus grande aux États-Unis. Ou encore, en janvier, pendant la cérémonie des Golden Globes, de nombreuses célébrités se sont vêtues de noir pour montrer leur soutien à Time’s Up, le mouvement contre le harcèlement sexuel et l’inégalité de sexes.

Avec les défilés, les créateurs montrent l’exemple à suivre en faisant de leurs collections des déclarations politiques. À la New York Fashion Week de 2017, le créateur Prabal Gurung a fini sa collection avec une déclaration politique à l’encontre des idées du Président américain, Donald Trump. Ainsi, on a pu voir des mannequins, telle que Bella Hadid, défiler avec des t-shirts slogan sur lesquels il était écrit « L’avenir est féminin », « Des voix pour des choix » ou encore « Nous ne serons pas réduits au silence ». Demna Gvasalia, le créateur de Balenciaga, a, lui, fait apparaître un nouveau logo pour la marque, inspiré de celui du candidat à l’élection présidentielle américaine, Bernie Sanders. Diesel, de son côté s’engage à travers une campagne pour le printemps-été 2017 intitulé flowerpower 2.0 «  Make Love not Walls » (« Faîtes l’amour pas des murs »). Certains créateurs optent pour se manifester différemment, comme par exemple Tom Ford qui a, lui, refusé d’habiller la première dame, Melania Trump. À travers des manières qui leur sont propres, les créateurs, mais également les personnalités de la mode, expriment leurs avis politiques et, effectivement, ils ont de quoi faire avec le monde d’aujourd’hui !

Une industrie capitaliste tournée vers l’humanisme ?

Alors certes, l’industrie du luxe fait passer un message, mais quel est le prix à payer ? Les t-shirts slogan à messages positifs et remplis d’espoir sont-ils réservés à une clientèle de luxe ? Cela paraît évident que la réponse est oui, quand les prix des t-shirts tel que celui de Prabal Gurung sur lequel est écrit « Les filles veulent juste des droits fondamentaux », s’élèvent à près de 200 euros. La mode est donc un vecteur de messages positifs et politiques mais il reste des étapes à franchir avant de devenir une industrie d’action. Certaines marques ont déjà pris un pas dans la bonne direction, comme Coach qui a un partenariat avec l’association Step Up, une association qui lutte pour le droit des adolescentes à l’éducation dans des communautés défavorisées. Ces marques se servent justement de personnalités pour véhiculer leur message sur les réseaux sociaux et faire des millennials une génération remplie de porte-parole pour un monde meilleur.

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image de couverture : © diesel