Amateurs de photographie, de danse et de week-ends allongés sur des transats au soleil dans un immense décor à l’air libre, le CENTQUATRE-Paris ouvre ses portes au Festival de la Jeune Photographie Européenne, du 17 mars au 6 mai 2018.

Van Mierisstraat © Jeanne Tullen

Le « Festival Circulation(s) » est un projet dédié à une diversité photographique européenne. Il a été créé en 2011, et depuis, plus de 225 artistes ont participé au projet. Avec près de 175 000 visiteurs depuis son origine, ce festival offre un réel tremplin pour les jeunes photographes et a acquis une certaine notoriété dans le paysage artistique européen au fil du temps. Comment ça marche ? Circulation(s) repose sur deux types de photographes : les photographes invités, venant de toute l’Europe, et la sélection du jury. Cette dernière se compose de 16 photographes européens, sélectionnés par un jury de professionnels du monde de l’image, suite à l’appel à candidatures international qui a suscité la réception de plus de 900 dossiers. Les jeunes photographes retenus ont vu leur travail jugé sur « sa qualité artistique, la pertinence de celui-ci et la vision personnelle qu’expriment les artistes », comme en témoigne le Festival. Ces derniers ont donc leurs séries photographiques exposées au CENTQUATRE-Paris. S’entame ensuite une tournée du festival dans plusieurs pays d’Europe : Italie, Belgique, Irlande, Pologne.

Le Festival débute sur un hangar ouvert, dans lequel des expositions photographiques forment une sorte de labyrinthe pour les visiteurs. Le hall est entouré de salles, pour lesquelles l’entrée est de 3€ pour les étudiants, et qui hébergent d’autres expositions plus expérimentales, qu’il faut suivre de salle en salle.

Cosmic Surgery © Alma Haser

Ce qui fait la force de Circulation(s), c’est la liberté d’expression et l’innovation : chaque artiste qui expose possède son univers et ne se met pas de barrière. Ce sont des photographes de toute l’Europe qui exposent dans ce lieu, sur des sujets communs et actuels, comme « Bad City Dreams », de Arthur Crestani, qui met en avant des habitants indiens et des bâches publicitaires immobilières idylliques, devant la réalité des constructions.

On y retrouve aussi l’exposition très impressionnante de Judith Helmer, artiste néerlandaise, qui a photographié des jumelles monozygotes, l’une ayant décidé de changer de de sexe. Cette série de photographies met en image une affirmation de soi et de son identité.

Dans le hall, ouvert à tous, on y retrouve des danseurs de tous les styles venus pour l’occasion ou par habitude. Nous avons pu discuter avec Antoine, un danseur de hip-hop de 22 ans :

J’ai l’habitude de venir tous les week-ends. L’endroit est très poétique, très positif et on y découvre beaucoup de nouvelles choses, l’art est accessible à tous.

Antoine, un danseur de hip-hop de 22 ans

Plus tard, Aurélie, une jeune photographe amatrice venue pour le festival, nous a confié sa préférence pour la série « Last Night I’m Done » du photographe russe Arnold Veber.

Série Last Night I’m Done © Arnold Veber de la Rodchenko Art School

 

Arnold Veber photographie la jeunesse russe. L’ambiance est glauque, les couleurs ternes, mais c’est ce qui est attirant : on ne s’y sent pas à l’aise.

Aurélie, une jeune photographe amatrice

Le Festival a aussi mis en place un studio photo, dont les réservations sont déjà presque complètes et où les visiteurs peuvent venir se faire tirer le portrait. Ce qui est original, c’est que selon les week-ends, le photographe diffère et son style aussi. On réserve pour un univers spécial, où costumes et éclairages se diversifient, et pour une soixantaine d’euros : de quoi offrir un beau souvenir aux amateurs du festival.

J’étais déjà venu l’an dernier. L’ambiance est toujours la même, très dynamique, très jeune. On se rend compte de l’importance qu’a l’art et la culture chez les jeunes en France, ou même dans toute l’Europe. Je sais que de nombreux étrangers viennent aussi à Paris pour cet évènement. Il est assez renommé.

Jusqu’au 6 mai, le festival ouvre ses portes au public, avec une entrée libre pour les expositions en plein air. De quoi passer quelques heures en week-end ou en semaine dans un endroit rétro où la jeunesse est omniprésente. La vie courante et la jeunesse européenne photographiées par la jeunesse européenne : un moyen de comprendre les moeurs et les pensées de cette nouvelle génération qui est la nôtre, sur l’actualité et sur notre société.

Image de couverture : © Updated Landscape © Guillaume Hebert