Foé a 20 ans, il est originaire de Toulouse et voilà quelques semaines qu’il hante les ondes et plateaux télévisés de sa voix grave. Foé compose depuis longtemps, mais ça ne fait qu’un an et demi que sa carrière musicale a réellement débuté, lorsque le producteur Chad Boccara le repère sur Internet. Il rejoint alors le label indépendant Tôt Ou tard, et fait les premières parties de Vianney, artiste de la même écurie et Tété. Pourtant, son premier contact avec la musique l’écoeure plus qu’il ne l’encourage. Ses parents l’inscrivent à l’âge de 6 ans au conservatoire afin qu’il ait accès à la culture dont son père a été privé durant son enfance. Cinq ans plus tard, Foé est viré de l’école car il était, comme il le dit, le « cassos » de classe.

Intriguées par son parcours, nous décidons de le contacter pour une interview. La rencontre se fait dans un petit café du quartier des Carmes à Toulouse. Nicolas (Foé) est décontracté, très propre sur lui, quoiqu’un peu inquiet. Alors qu’un brouhaha nous entoure, sa voix reste posée, il bute parfois sur les mots de peur de ne pas bien dire, de ne pas bien faire. Il nous ouvre son univers, un univers très visuel, où les images s’enchainent. Les questions se succèdent, son café se vide, ses mains se décontractent progressivement, et deviennent alors un deuxième langage.

© Lise Escaut pour L’Alter Ego/APJ

Dans les interviews, les portraits qu’on lit de toi, on apprend que ton nom de scène provient de Daniel De Foe. Tout est parti d’un caprice : tu voulais une casquette et ta mère en échange de celle-ci t’a obligé à lire Robinson Crusoé. Que représente ce livre pour toi ?

Foé : « Ce livre quand je l’ai lu c’était au tout début, quand je commençais à composer sur des logiciels. C’est ce livre qui m’a inspiré dans mes premiers textes. Je faisais ça dans ma chambre un peu tout seul. C’est la métaphore du solitaire sur son île. Je me suis toujours dit que je ferai une dédicace à ce livre si j’arrivais à faire de la musique professionnellement. J’ai donc pris Daniel De Foe. J’ai enlevé la particule et j’ai gardé Foe en le prononçant Foé. »

Comment as-tu rencontré la musique ? Comment es-tu devenu Foé ?

Foé : « C’est venu au fur et à mesure. Au tout début, j’ai commencé la musique au conservatoire. Mais c’était plus un apprentissage de manière forcée. Ensuite je me suis mis au piano, vers mes 8 ans. J’en ai fait pendant sept ans. C’était aussi contraignant. Je n’avais pas de liberté de création. Après je me suis mis à la guitare. C’est en rencontrant mon professeur de guitare à la MJC (Maison des jeunes et de la culture) de mon quartier que j’ai pris goût à la musique. En fin d’année on allait jouer dans des théâtres. C’est là que j’ai eu ma première relation avec un public. C’était devant mes parents, et leurs amis, c’est vraiment là que j’ai eu ce plaisir de faire de la musique. J’ai rencontré cette passion pour la musique plus par la scène que par la composition. Le moment où il y a un truc que tu fais qui sonne bien et qui te plait, est venu après. »

Tu peux nous décrire ton parcours un peu atypique ?

Foé : « Tout a vraiment commencé il y a un an et demi, professionnellement. Quand tu fais de la musique t’as toujours un peu ce rêve de vouloir en vivre parce que c’est ta passion. Comme chacun ! Quand quelqu’un fait de la peinture il a envie de faire de sa passion sa vie. Au début je faisais des compositions en anglais, un peu spéciales. Mes amis n’accrochaient pas trop. Alors j’ai plutôt fait des covers. Comme ils ont aimé j’ai commencé à en faire des vidéos pour qu’ils les ré-écoutent. De fil en aiguille j’ai commencé à avoir plus de vues sur YouTube. Deux milles vues. Un matin je vois que Chad Boccara, mon producteur actuel, m’a envoyé un message. Il disait qu’il était intéressé par mon travail. Il m’a demandé si je composais et si je chantais en français. Pendant plusieurs mois on a échangé. Je lui ai envoyé des tas de chansons en français, des nouvelles compositions. J’ai beaucoup composé à ce moment là. Finalement on s’est rencontrés à Paris et le lendemain on s’est dit qu’on pouvait aller en studio. Ça s’est vraiment fait naturellement. Je faisais mes études en DUT (diplôme universitaire de technologie) de génie mécanique et productique en parallèle, on se voyait donc à chaque vacances à Paris pour faire du studio. On a fini l’album, et on a rencontré les maisons de disques. Il y a eu un bon engouement. J’ai eu pas mal de propositions. On a décidé d’aller chez Tôt Ou tard. Comme j’habite à Toulouse je souhaitais une certaine proximité avec le label. Généralement les labels indépendants sont vraiment derrière les artistes. Quand je suis allé chez Tôt Ou tard il y avait vraiment une ambiance familiale. Je me sentais vraiment encadré »

En 2016, on a pu te voir à Nouvelle Star. Est-ce que Nouvelle Star a influencé ton parcours ?

Foé : « Je ne pense pas que ça l’ait vraiment influencé. Je n’avais pas de grandes ambitions dans cette émission, la production nous contraignait à arrêter nos études. J’ai rencontré Chad Boccara un an et demi après mon passage. Je n’ai eu aucune retombée après Nouvelle Star. Il y a juste eu une vidéo qui a fait plus de vues que les autres, neuf milles vues. Aujourd’hui il y a tellement de monde qui tente ces émissions qu’on se noie facilement dans la masse. Alors soit on gagne le programme, soit on a déjà des contacts dans le milieu de la musique pour rebondir sur la notoriété qu’on a gagné avec le programme. Mais quand on sort de nul part et qu’on ne gagne pas c’est difficile de continuer. En plus il y a la question des audiences. Typiquement l’année où j’ai fait Nouvelle Star les audiences n’étaient pas bonnes. On ne se souvient même plus du gagnant. Encore The Voice est sur TF1 donc il y a plus d’audiences. »

Tu parlais du flot d’artistes qu’il y a aujourd’hui, comment alors, en tant qu’artiste on parvient à se faire un place dans le paysage musical ?

Foé : « Je pense avoir rencontré les bonnes personnes qui m’ont bien aidé. Ce n’est pas du tout pour me vanter. Au début je ne m’en rendais pas compte mais je pense que ma voix est assez particulière. Elle m’a permis de me différencier. Après au niveau des influences, j’écoute beaucoup de choses. Je ne peux pas me définir dans un style. Certaines chansons sont plus hip-hop, d’autres dans un style plus électro. Je parle de l’album, mais même dans l’EP il y a certains titres qui vont ressembler à du Woodkid et d’autres comme Alors Lise à de la chanson française. Je n’arrive pas à m’inscrire dans un style. Je pense aussi que c’est ça qui fait que différentes personnes arrivent à aimer mes chansons. Cette caractéristique peut faire ma différence aujourd’hui. Après je ne sais pas comment l’album va fonctionner ou si ça va marcher. Je fais quelque chose qui ressemble à tout et en même temps à rien. Qui me ressemble. Les gens aiment définir les styles alors qu’il n’y pas forcément besoin. »

Qu’as-tu voulu nous dire, extérioriser dans cet EP ? dans l’album qui va sortir ?

Foé : « Je faisais beaucoup de chansons. Au bout d’un moment j’avais vraiment envie de résumer tout ce que j’avais dire. L’album est ce résumé. Ce sont surtout des histoires que je raconte. Par exemple Running je l’ai écrite suite à un documentaire sur Arte. C’était sur le débarquement. J’étais vraiment impressionné. Les mecs s’en foutaient de la vie et de la mort. Ils y allaient, ils y allaient en courant sur la plage. Je voulais une chanson sur cette image. Il y a d’autres chansons qui m’ont été racontées. Alors Lise est une histoire qui est arrivée à une personne que je connais. Je me la suis appropriée en utilisant le nom d’une personne qui m’est proche. Comas Idyllique qui parle du suicide d’un homme faisait aussi un peu référence à l’année que j’ai passé tout seul dans ma chambre. C’est plein de choses de la vie de tous les jours, ou que je vois. C’est vraiment moi. »

Jusqu’où tu donnes de ta personne dans tes titres ? Te mets-tu une limite dans ce que tu dis ?

Foé : « Je ne mets pas trop de limites. Par exemple Bouquet de pleurs est un texte pour ma petite soeur. Je prends le rôle du grand frère qui lui explique les relations amoureuses lorsqu’on est jeune. Je ne lui ai pas dit que c’était pour elle. Je ne lui ai jamais dit d’ailleurs. Si elle l’écoute elle s’en rendra compte et si elle ne s’en rend pas compte tant pis. C’est un peu égoïste. Je le fais vraiment pour me libérer. Dans mes musiques il y a une partie plus intime de moi que je livre. Mais tout le monde l’est un peu je pense, surtout quand on sort de l’adolescence. Dans l’adolescence il y a ce truc où on se cherche un peu. Notre premier amour par exemple. Dans la vie de tous les jours je ne suis pas comme ça. Je préfère être joyeux et positif. Donc je préfère être positif, mais avoir cette part de mélancolie, et pouvoir en parler dans mes chansons. C’est bien de pouvoir lâcher du leste et de faire écouter les chansons à d’autres personnes. »

Quelles ont été tes influences musicales ?

Foé : « Mes influences les plus importantes viennent du classique parce que mes parents en écoutaient beaucoup quand j’étais enfant. Ceux que je considère comme des génies c’est Alt-J. Au niveau de la création musicale ils sont hyper forts, que ça soit la batterie ou les arrangements. Je suis aussi un passionné de hip-hop et d’électro. En rap Stupeflip, Orelsan et Kendrick Lamar m’ont marqué. Avant ma période hip-hop, électro, j’écoutais pas mal AC/DC, Red Hot Chili Pepper, Daft Punk. C’est d’ailleurs grâce à Daft Punk que je me suis mis à écouter plus d’électro. Après j’aime bien écouter de tout. Quand on me fait écouter du Etienne Daho, du Vianney, des artistes issus de la chansons française, je trouve ça intéressant. Encore plus aujourd’hui, je respecte les gens qui mettent en avant la chanson française, le français. A la radio il y a beaucoup de titres en anglais. Dans mes textes je mets encore un peu d’anglais, parce qu’avant je chantais en anglais. Le français je trouve ça kiffant, parce qu’on peut vraiment le faire sonner. Le français fait passer un message beaucoup plus fort aussi. »

Sur Running on peut rapprocher ta voix à Oliver Sim (The XX) quand tu pars dans les aigus, et la construction du titre à Woodkid, quant à Alors Lise, on peut rattacher la manière brut de chanter et de se mettre en scène dans la chanson à Stromae ou Brel. Qu’en penses-tu ?

Foé : « Généralement ce sont des références que l’on me cite. En revanche j’ai beaucoup moins écouté la chanson française. C’est lorsque j’ai eu un rendez-vous avec les labels et que l’on m’a comparé à des artistes de la chanson française, Bashung, Brel que j’ai commencé à m’y intéresser. C’est vrai qu’il y a des choses hyper intéressantes dans la chanson française. Ça me fait plaisir quand on me cite ces références, c’est flatteur. »

Comment fais-tu du tri dans toutes ces influences et construis-tu ta propre identité ?

Foé : « Je pense qu’il faut tout oublier. Faire le vide dans sa tête est le truc le plus dur à faire. En général quand j’ai une idée, je commence à composer plein de mélodies de quatre mesures, cinq secondes de morceau. J’ai une flopée de projets avec quatre mesures. Je vois un peu ça comme une statue de poterie. J’ai plein de petits tas de quatre mesures. Ensuite j’assemble. Je me demande quelle partie va bien avec une autre partie. Je me retrouve alors avec une espèce de monticule bien moche. Ce monticule c’est la structure de mon morceau. Au fur et à mesure je le tasse, je le sculpte. Je peaufine en arrangeant le morceau. J’essaye vraiment de faire un truc qui sonne. Sur le premier album, je n’avais pas encore assez de technique du coup j’ai vraiment eu besoin d’une personne qui m’aide pour améliorer ces morceaux. Cette personne c’est Valentin Marceau. »

© Lise Escaut pour L’Alter Ego/APJ

On réalise qu’il y a un côté technique, presque mécanique dans la création musicale.

Foé : « Il y a toujours ce cliché sur les artistes. Que ce sont des mecs qui vont voir des meufs, qui font la fête h24. Alors qu’en fait aujourd’hui on est juste des gros geeks. On est tout le temps derrière notre ordinateur. Quand j’étais avec Vianney en tournée ou avec d’autres artistes c’était le cas. On est plus en train de discuter de VST (Virtual Studio Technology) ou autres termes techniques que de filles, d’alcool ou de drogue. »

Comment as-tu trouvé cette voix qui fait ton identité ?

Foé : « En fait j’ai mué. L’année dernière encore je ne chantais pas comme ça. J’ai commencé à chanter dans un petit groupe de musique à Toulouse. On a pris en chanteur celui qui chantait le mieux. Honnêtement les autres ne chantaient vraiment pas bien parce que j’étais une casserole à l’époque. A mes 18 ans j’ai commencé à avoir la voix un peu plus grave et c’est vraiment à partir de ce moment là qu’on a commencé à remarquer ma voix, à me faire des compliments. J’ai continué à travailler dans ce sens là, en m’enregistrant, en m’écoutant. »

Tu as un phrasé presque ancien, les r sont roulés, comme un air de Brel, certains parlent d’ailleurs d’un accent Belge ce qui est  paradoxal pour un toulousain. Beaucoup d’artistes reviennent à ce phrasé passé. C’est naturel, inconscient ou bien travaillé ?

Foé : « Aujourd’hui le hip-hop c’est un peu cette chanson française aussi. Je me suis vraiment inspiré de ça. Parfois avec Stupeflip ou Orelsan il y a des passages chantés. Concernant le phrasé ça vient d’un truc tout bête. Ma grand mère ne comprend rien à ce que je dis. Du coup j’essaye d’hyper-articuler, et lorsqu’on hyper-articule on a tendance à renforcer les r. Aussi, quand j’étais petit mes arrière-grands-parents étaient catalans, quand ils me parlaient ils roulaient les r. On parle de Brel mais en fait tout le monde roule les r. On assimile le phrasé de Brel aux Belges alors que lorsqu’on écoute Roméo Elvis ou Angèle, ils ne roulent pas les r. »

Comment gères-tu la scène quand tu livres ce qu’il y a en toi au public ? Lorsque tu te mets à nu.

Foé : « C’est différent sur scène parce que c’est vraiment une prestation, un spectacle. Il ne faut pas oublier que justement les personnes viennent pour se divertir. Le public a envie de vivre un truc, de rigoler, de pleurer, d’avoir des frissons. Quand je vais sur scène j’ai envie de transmettre au public l’émotion que j’ai eu en écrivant les chansons. Si je l’ai transmise à une personne sur dix milles tant mieux. J’ai tout gagné. On se met certes à nu, mais c’est le choix de l’artiste. L’artiste se met toujours à nu, dans n’importe quel art. C’est le rôle de l’artiste de transmettre des émotions. J’en ai pleinement conscience et je suis là pour ça. »

Tu as fait les premières parties de Vianney, comment t’a accueilli son public ?

Foé : « Le public de Vianney a été bienveillant. On ne s’en rend pas compte mais les premières parties c’est vraiment dur. Je n’ai pas eu ces expériences mais de ce qu’on m’a raconté c’est rude. Parfois les artistes se font insulter ou alors le public crie le prénom de l’artiste en tête d’affiche. Bon j’ai un peu eu de brouhaha, mais les gens étaient attentifs, et puis j’ai eu pas mal de retours après chaque concert sur les réseaux. C’est cool ! »

Le rythme des tournées te plait ?

Foé : « La vie de tournée c’est énorme. Là c’était super parce que j’étais avec Vianney. On était tout le temps dans un tour bus. L’équipe de Vianney est trop cool. Le soir on jouait à la play, on fait des loups garous, on boit des coups. C’est vraiment une bonne ambiance. Le matin on se réveille, on voit toute l’équipe, on mange à midi, le soir on est ensemble. En fait c’est bien de partir, et c’est super cool de rentrer. En ce moment je suis tout le temps content. Parce que dès que je pars je suis content et dès que je rentre aussi. »

Quelle importance apportes-tu à l’esthétisme, clip et photo de l’album ?

Foé : « Les premières images qui ont été faites c’est plus une carte d’identité. Photo et le clip piano, voix. L’image est aussi importante pour moi que la musique. La photo pour l’EP a été faite en trente secondes entre deux prises de studio. L’idée du clip venait de moi. Je voulais faire un piano voix dans la piscine Nakache à Toulouse et tourner en pellicule. Je trouvais ça bien de mettre en avant cette image toulousaine pour un premier clip. Ensuite c’est la blogothèque qui s’est occupé du clip car je n’ai aucune expérience professionnelle. Pour les prochaines images et clips, je vais plus intervenir, parce que c’est beaucoup trop important pour les mettre de côté. Je vais essayer d’apporter une touche plus contemporaine. Je pense aussi que ça fait la différence. La musique peut être géniale, mais si le clip est mauvais, ça casse le travail. »

Toulouse représente quoi pour toi ?

Foé : « Forcément j’ai composé tout mon album là, je vis ici depuis que je suis tout petit. Elle fait partie de ma vie. Toulouse c’est une ville que j’apprécie, où il fait bon vivre. A chaque fois quand je vais dans d’autres villes je suis vraiment content de rentrer ici. C’est important pour moi de dire que je viens de Toulouse. Je ne veux pas faire du régionalisme mais je trouve ça bien de dire qu’on vient d’ici, surtout quand on a un truc à défendre. Par exemple Big Flo et Oli, la ville les soutient et c’est cool. Si ma musique s’exporte à l’étranger je pense que je serais assez fier de dire que je viens d’une petite ville en France. »

Si tu deviens une figure importante dans le paysage musicale, est-ce que tu aiderais des jeunes artistes, un peu comme toi aujourd’hui ?

Foé : « Franchement, oui. Si j’ai un coup de coeur sur un artiste qui mérite d’avoir plus de succès, bien sûr que je le ferai. Pour que ça fonctionne vraiment il faut avoir un coup de coeur, parce qu’on ne peut pas aider tout le monde. Pour l’instant je reçois, mais au bout d’un moment il faut que je donne aussi. Je pense que c’est une boucle. Il ne faut pas tout garder pour soi, ça serait égoïste. La musique c’est un partage. Je ne vois pas pourquoi il n’y aurait pas la place pour une autre personne. Il y a de la place pour tout le monde. »

Le premier EP de Foé est paru le 10 novembre dernier sur le label Tôt Ou tard, son premier album sortira le 20 avril 2018.

image de couverture : © Lise escaut pour l’alter ego/apj