Le sport automobile, souvent qualifié de « discipline d’homme », a toujours fait beaucoup d’ombre aux femmes à travers son histoire. Si on prend l’exemple de la catégorie reine, la Formule Un, on constate qu’il n’y a pas eu de femme pilote depuis 1992. Ce manque de diversité se retrouve aussi dans les hautes sphères du sport : peu de femmes sont assignées à des postes de direction importants. C’est sans compter la présence de nombreux stéréotypes, qui ne manquent pas de ralentir l’arrivée de nouveaux talents féminins au sein de la discipline. Un véritable enjeu de l’égalité des sexes, qui peine beaucoup à progresser, même si une prise de conscience générale permet la mise en place de mesures et décisions censées rendre la situation plus juste pour le sexe féminin. Retour sur la place des femmes dans le sport automobile.

Maria Teresa de Filippis, première femme de l’histoire à avoir pris part à un Grand Prix de Formule Un – © Grand Prix Photo/Getty Images

Une nomination en dents de scie

Le 8 décembre dernier avait lieu la réunion annuelle de l’assemblée générale de la Fédération Internationale de l’Automobile, à Paris. Mais cette année là, cette réunion était très importante : elle redéfinissait l’organigramme administratif de la fédération, en procédant à des élections. À retenir, celle de Jean Todt, qui est réélu à la tête de la FIA pour un troisième mandat. À la tête de la fédération depuis huit ans, le français recueille aujourd’hui toutes les attentions de ces élections. Mais malgré toute cette effervescence, une nomination n’est pas passée inaperçue : celle de Carmen Jordá, à la Commission des femmes en sport automobile. L’espagnole est une ancienne pilote d’essai de l’écurie de Formule Un, Lotus. Elle a concouru dans des catégories inférieures sans grand succès. Désormais retraitée des circuit, elle aura pour mission de représenter la FIA dans son  combat pour faciliter l’accès des femmes aux Championnats de course automobile. Un rôle à ne pas prendre à la légère, et qui, en premier lieu, semble augurer de bonnes perspectives concernant le combat pour l’égal accès et  la représentation des intérêts du sexe féminin dans le sport automobile.

Carmen Jorda – © Europa Press/Europa Press via Getty Images

Le hic, c’est que Carmen Jordá pose problème au sein même de la communauté féminine des disciplines automobiles. Premièrement, parce qu’on accuse la FIA d’avoir nommé l’ex-pilote espagnole uniquement pour son physique. Selon ses détracteurs, Jordá constituerait juste une vitrine pour promouvoir le combat de la FIA contre les inégalités des sexes. À ce sujet, la colombienne Tatiana Calderón, elle aussi pilote d’essai pour une écurie de Formule Un, a déclaré sur Twitter « une égérie est une personne qui, de part son attitude, son exemple et son succès, peut sensibiliser les autres, particulièrement les jeunes gens. Rien à dire de plus. » Résumé : des protestations qui se justifient par un soupçon de l’utilisation d’un physique avantageux pour plaire à un auditoire, accompagné d’un manque de résultats signifiants, ce qui empêcherait Carmen Jordá de remplir à bien sa mission. Bon, à première vue, ça ne part pas très bien.

“A role model is a person whose behavior, example, or success is or can be emulated by others, especially by younger people”. Enough said.

Tatiana Calderón, sur Twitter, à propos de la nomination de Carmen Jordá

Deuxièmement (et ici c’est plus compréhensible), Carmen Jordá a déjà un passé de polémique. Elle faisait partie des quelques personnes de la sphère automobile qui soutenaient récemment la création d’un Championnat de course automobile (et notamment de Formule Un) uniquement ouvert aux femmes. Une idée qui n’est pas très bien passée au sein du monde de l’automobile. Déjà, parce que cela reviendrait à accepter le fait qu’il est impossible pour les femmes de concourir à armes égales avec les hommes. Mais aussi parce que cela constituerait un retour en arrière dans le combat des quelques femmes qui sont aujourd’hui engagée dans le sport automobile.

Pippa Mann, une pilote d’IndyCar (Championnat de monoplaces américain) parmi les rares femmes de l’histoire à avoir concouru lors des 500 Miles d’Indianapolis, s’est fendue d’une série de tweets ravageurs, arborant le hashtag « #WeRaceAsEqual », pour symboliser son opposition totale au projet. Elle a par ailleurs écrit un article sur son site personnel,  dans lequel elle appelle les femmes pilotes du monde entier à s’unir pour refuser un tel traitement, et souligner que tous les pilotes, sexes confondus, doivent exercer leur activité en toute égalité de considération.

C’est sans compter des dizaines de journalistes, pilotes et personnalités importantes du monde de l’automobile qui se sont indignés de ce « retour en arrière ». Bref, cette nomination ne fait pas l’unanimité, et elle est assez inquiétante, dans le sens qu’une mésentente générale se fait ressentir au sein même des personnes et instances impliquées pour faire progresser les revendications et la cause des femmes dans le sport automobile.

Piqure de rappel

Les femmes, dans l’histoire du sport automobile, ont toujours occupé une place déconsidérée et peu crédible, en opposition aux hommes. Qui n’a jamais entendu dire « ce sont des voitures d’hommes  » ou « c’est un vrai sport masculin » ? Pourtant, à travers l’histoire du sport automobile, de nombreuses femmes pilotes se sont succédées, avec plus ou moins de résultats notables.

Prenons la Formule Un : la discipline reine du sport automobile. Des monoplaces ultralégères et extrêmement techniques lancées à plus de 300 km/h. Un Championnat unique, s’étendant sur 9 mois et qui a connu 68 éditions depuis 1950. Et pourtant, sur près de 759 pilotes, seules 5 femmes ont pris le départ d’un Grand Prix. Parmi elles : Maria Teresa De Filippis, qui  est la première femme de l’histoire à participer à une manche du Championnat du Monde de Formule Un. Leila Lombardie, pilote italienne étant à ce jour l’unique femme à avoir marqué un point dans le cadre du classement général (grâce à une sixième place en 1975). Désiré Wilson, qui a créé l’exploit en remportant une course de Formule Un (malheureusement, aujourd’hui peu relayée, la course en question étant hors-championnat). Enfin, Giovanna Amati, qui est à ce jour la dernière femme de l’histoire de la Formule Un à avoir participé à une épreuve du Championnat, en 1992.

Autant dire que cela fait longtemps que l’on n’a pas revu de femmes en compétition avec des hommes dans la discipline. Seulement, si leur présence est très rare, elle n’est pas proscrite. Bien au contraire.

Des résultats : il y en a !

Si la Formule Un constitue une discipline de référence, elle n’est pas l’unique catégorie. Il suffit de jeter un oeil sur d’autres championnats du sport automobile, et on trouvera plusieurs femmes qui concourent en même temps que des hommes.

Traversons l’Atlantique : nous voilà aux États-Unis, terre de spectacle et de la vitesse. Deux Championnats retiennent l’attention : l’IndyCar et la NASCAR. Le premier est, à l’instar de la Formule Un, un Championnat de monoplaces. La différence, c’est que chaque voiture a une conception unique, ce qui fait que tout le monde part sur des bases égales. La difficulté pour le pilote réside dans la gestion de la course et de la mécanique. Aussi, on retrouve de nombreuses femmes qui concourent avec les hommes, et qui obtiennent de bons résultats ! En 2002, au terme de la session de  qualifications pour les 500 Milles d’Indianapolis, Sarah Fischer est la première femme de l’histoire à obtenir une pole position. Mais plus récemment, c’est l’américaine Danica Patrick qui fait parler d’elle. Pilote de référence dans le Championnat américain, elle est devenue la première femme à en remporter une épreuve, en 2008. Elle détient à ce jour le meilleur résultat pour une femme engagée aux 500 Milles d’Indianapolis, en ayant terminé troisième en 2009. Elle s’illustre aujourd’hui en NASCAR, le championnat américain de stock car.

Danica Patrick – © Michael Hickey/WireImage

Revenons en Europe. Du côté des françaises, un nom est à retenir : celui de Michèle Mouton. Originaire de Grasse, elle s’est illustrée en rallye, en en remportant huit, dont quatre de rang mondial. Une véritable performance, même si les statistiques impressionnantes de ses compatriotes Sébastien Loeb et Sébastien Ogier, références françaises dans la discipline, lui font de l’ombre. En tout cas, il n’est pas impossible pour une femme de s’illustrer en compétition. Le problème réside dans des causes bien plus antérieures.

Stéréotypes, diatribes et animosité

Mais alors, pourquoi les femmes ont toujours eu plus de mal que les hommes à se faire leur place dans le milieu du sport automobile ? De nombreuses raisons se cumulent, et achèvent encore aujourd’hui de ralentir l’arrivée de la gente féminine derrière le volant d’une voiture de course. Nous retiendrons ici quatre raisons qui tendraient à expliquer ce phénomène.

Tout d’abord, vient le problème des capacités physiques. Oui, le sport automobile est une discipline exigeante, tant sur le plan physique, que psychologique. Que ce soit un homme ou une femme, la personne amenée à piloter une voiture de course sera soumise à un entraînement intensif, des conditions de courses difficiles, et des répercussions sur son organisme irréversibles. De ce fait, de nombreuses personnalités du monde de l’automobile justifient ce manque de présence féminin par l’existence de barrières physiques trop importantes. Par exemple, certains pilotes de Formule Un soutiennent le fait qu’une femme ne pourra encaisser les accélérations et la force de gravitation imposées au pilote lors d’une course : « Imaginez le poids de votre crâne, avec un casque, multiplié par cinq. Rien qu’en freinant, vous devez supporter cinq fois votre poids, attaché dans un harnais. » décrit le finlandais Heikki Kovalainen, vainqueur d’un Grand Prix en 2008 ; « Est-ce qu’on voit des femmes face à Federer ou Nadal en tennis ou des filles dans une équipe de foot masculine ? La F1 reste un sport très physique. » explique Jean-Éric Vergne, ancien espoir français de la Formule Un et reconvertit dans la Formule électrique.

Mais d’autres pensent que tout au contraire, cette contrainte physique imposée au pilote ne peut en aucun cas être une barrière infranchissable : « À l’exception de quelques courses éprouvantes, comme en Malaisie, elles peuvent tenir le coup physiquement. Les voitures sont plus faciles à piloter aujourd’hui qu’il y a trente ans. », martèle Cyril Abiteboul, actuel directeur de l’écurie Renault F1 Team. Ainsi, de nombreuses personnalités du sport automobile s’opposent quant aux conclusions portées sur les capacités physiques des femmes. Dans tous les cas, il est certes vrai que le sport automobile et notamment la Formule Un restent exigeants physiquement. Mais cela n’a pas empêché, comme précédemment mentionné, de nombreuses femmes à prendre le volant et à se battre en piste avec des hommes. Loin de là.

Une femme avec des gros seins ne pourra jamais être confortable dans la voiture.

Jenson Button, Champion du Monde de Formule Un

Autre raison qui ralentit l’arrivée des femmes dans le monde du sport automobile : l’existence de stéréotypes qui entachent leur image. On ne peut nier qu’il existe encore aujourd’hui du machisme dans le sport automobile. Que ce soit dans l’inconscient du spectateur, dans les propos de certains hauts responsables, ou dans l’attitude de plusieurs pilotes masculins, il y a encore aujourd’hui une vision stéréotypée des femmes pilotes. Cela passe parfois par des clichés : on évoquait les raisons physiques qui pourraient ralentir l’arrivée des femmes dans le sport automobile. Et bien certains estiment que cela est dû à des causes psychiques : « ll faut accepter de mettre sa vie en jeu. À 25-30 ans, les femmes pensent à fonder une famille, un homme a moins cette contrainte. Si une fille y parvient, ce sera peut-être un vrai garçon manqué. », selon Jean-Éric Vergne. On rapporte ici la vision de la femme « masculine », qui exerce une activité qui transforme son genre. Mais ce n’est pas le pire. Interviewé par le magazine FHM, l’ancien Champion du Monde 2009 de Formule Un, Jenson Button, a déclaré qu’il serait trop difficile pour une femme de piloter une voiture de Formule Un. La raison ? « Une femme avec des gros seins ne pourra jamais être confortable dans la voiture. Sans parler du fait que les mécaniciens ne pourraient se concentrer. Imaginez, comment voudriez-vous attacher sa ceinture de sécurité ? ». No comment.

Pire encore, la présence de femme au sein des circuits suscite chez certains une forme de rejet, voire d’animosité. Les pilotes de sexe féminin ne font pas l’unanimité auprès des hommes, loin de là. Cause la plus commune : la compétitivité. En effet, les disciplines mécaniques sont très fermées. Il n’est pas rare de voir un espoir de la course automobile être éjecté très rapidement d’une structure par manque de résultats. Dès lors, l’apparition de femmes derrière le volant d’une voiture de course constitue un obstacle supplémentaire selon certains pilotes. On évoquait Carmen Jordá au début de l’article, en expliquant qu’elle était pilote d’essai chez Lotus F1. En apprenant que cette dernière avait conservé son baquet pour la saison suivante, Marco Sorensen, un autre pilote essayeur, s’est fendu d’une critique : « Elle était douze secondes plus lente que moi dans le simulateur ». Des propos démentis par l’intéressée, justifiant qu’elle se situait au contraire au niveau des pilotes titulaires, avec seulement une seconde de retard. Là encore, on est dans le soft.

D’autres cèdent parfois à l’insulte. Plus virulent que son homologue danois, Jean-Alesi, pilote Ferrari dans les années 1990, s’est illustré par son manque de sang froid. Au cours d’une course dans la catégorie DTM, le français avait hurlé dans sa radio « Faites-là dégager ! » à l’intention de la pilote britannique Susie Wolff. La raison ? Elle l’avait doublé. Enfin, certains ne s’empêchent pas de se lâcher complètement à l’égard de leurs compétitrices. Danica Patrick en a fait les frais. Son adversaire principal, Ed Carpenter, avait un jour déclaré publiquement « Danica est très agressives dans nos voitures, surtout si on la prend au bon moment du mois ». Ce qui à l’origine se présente comme du rejet se transforme peu à peu en un total irrespect de l’humain.

Les femmes ne sont pas prises au sérieux

Georgie Shaw, membre du BWRDC

Enfin, et pas des moindres, l’idée que les femmes constituent aux yeux de certains plus un argument marketing qu’un réel intérêt sportif pour la discipline. Cet aspect « marketing » est largement développé par l’intermédiaire des « Grid girls ». Ces femmes sont engagées par les sociétés de publicités, sélectionnées sur la base de critères de beauté drastiques, souvent peu vêtues, et arborant un sponsor. En outre, il n’est pas rare de voir des magazines demander à des femmes pilotes de poser pour leur couverture. En définitive, la place des femmes dans le sport automobile est cantonnée (dans l’inconscient collectif) à un rôle de mannequin, voire d’objet (cf. troisième paragraphe de l’article sur les critiques de Carmen Jordá), dont la seule ressource serait la beauté, assimilée à un argument publicitaire.

Grid girls – © Deniz Calagan/Bongarts/Getty Images

Dans un sens plus large, le terme de « marketing » peut donc porter préjudice aux femmes pilotes. Elles ne seraient plus engagées pour leurs qualités de pilotages, mais au contraire  pour l’image qu’elles rendraient à l’écurie qui les recruteraient. À ce sujet, Susie Wolff, ancienne pilote d’essai chez Williams F1, expliquait « J’ai conscience qu’une femme peut être un atout pour une écurie en termes de sponsoring. Mais c’est à double tranchant car je serai encore plus attendue ». En effet, il est déjà arrivé dans l’histoire qu’une femme pilote soit un argument commercial pour une écurie. Désiré Wilson a par exemple obtenu son volant en Formule Un, en partie parce que son écurie, Tyrell, au bord du gouffre financier, espérait attirer secrètement de nouveaux sponsors et investisseurs. La présence d’une femme au volant d’une de leurs monoplaces aurait pu faire un coup de pub pour toute l’écurie. Il n’en a pas été, et Wilson a été remerciée par son patron dès la deuxième course. Plus globalement, comme l’explique une des membres de la British Women Racing Drivers Club, Georgie Shaw : « Les femmes ne sont pas prises au sérieux […] Quand les gens voient une femme blonde sur la grille de départ, comme Susie Wolff, ils se disent que c’en est encore une qui rêve de devenir pilote ».

Des progrès, oui, mais encore ?

Bon. Soyons optimistes. Même si de (très) nombreux progrès restent à faire, la place des femmes en sport automobile constitue aujourd’hui une problématique qui commence à être prise au sérieux par les grandes instances de la discipline. Si aucune femme n’est par exemple titulaire d’un volant au sein d’une écurie de Formule Un, certaines d’entre elles ont engagées des femmes comme pilotes d’essais. Susie Wolff, pour Williams F1 jusqu’en 2014, Tatiana Calderón pour Sauber F1. Mais aussi dans les hautes sphères : depuis 2014, Claire Williams est la directrice adjointe de l’écurie du même nom. Mieux encore, Sauber F1 a eu de 2013 à 2016 une femme comme directrice d’écurie : Monisha Kaltenborn.

Monisha Kaltenborn- © Melzer/ullstein bild via Getty Images

Seulement là encore, les clichés subsistent. Susie Wolff, lorsque elle était en activité, devait sans cesse se justifier sur sa légitimité au sein de Williams. La britannique était souvent la cible de sexisme, souvent interrogée quant à l’éventualité d’une grossesse. Monisha Kaltenborn, bien que très haut placée dans la hiérarchie, a un jour été confondue pour une interprète. Positions souvent remises en  questions, légitimité fragile et présence de sexisme, tout cela participe à un ralentissement de l’apparition de femmes dans le sport automobile. Combiné au fait que certaines figures féminines de la discipline sont sur le départ (Danica Patrick a annoncé sa retraite sportive pour 2018), et que d’autres ont brusquement disparues (L’espagnole Maria de Villota, décédée en 2013 des suites d’un accident lors des essais de sa voiture), il semble qu’il va falloir attendre longtemps avant de voir une femme au volant d’une Formule Un, ou dominante dans les autres catégories.

Conclusion ? Il y a encore du chemin à faire

En définitive, les femmes occupent une place très marginalisée dans le monde du sport automobile. Si quelques rares exemples de réussites existent, ils sont souvent peu relayés ou entachés par un rejet de l’inconscient collectif. Du côté des hautes sphères du sport automobile, peu de femmes représentent les intérêts des disciplines. Le monde des médias semble être épargné par ce manque de diversité, il existe ainsi de nombreuses journalistes influentes et de renom.

Cependant, de nombreuses actions sont entreprises. Comme on l’a vu précédemment, la nomination d’une femme au sein d’une Commission de la Fédération Internationale de l’Automobile est un symbole fort. En outre, de nombreuses femmes pilotes, à l’instar de Susie Wolff et de Pippa Mann, sont à l’origine de la création d’un mouvement solidaire pour la défense des intérêts sportifs et collectifs des femmes. Enfin, de nombreuses voix s’élèvent et se rallient à la cause des femmes, afin de permettre peu à peu leur insertion dans le sport automobile, et de renforcer leur crédibilité face aux critiques et stéréotypes qu’elles rencontrent.

Reste à l’ensemble de ces acteurs à s’entendre sur la question, et à travailler tous ensemble afin de surmonter les inégalités et combattre le machisme qui ronge le sport automobile depuis déjà beaucoup d’années. L’exemple de l’idée d’un Championnat uniquement réservé aux femmes atteste de la difficulté (même pour les adeptes de l’égalité entre les hommes et les femmes) de se coordonner sur les décisions à suivre pour le futur. Le chemin est long, mais ce n’est qu’une question de temps avant de voir les choses évoluer. Pour ne pas citer Pippa Mann : « Quand vous laissez l’inconscient collectif prendre le dessus sur vos opinions, la solution est très simple ».

image de couverture : © Michael Hickey/WireImage