Le 6 décembre, Trump s’est attiré les foudres du monde musulman, notamment celles des Palestiniens. En reconnaissant Jérusalem comme la capitale d’Israël, les négociations israélo-palestiniennes ont été sapées par le Président américain. Cette décision a été perçue comme une offense aux Palestiniens qui revendiquent eux aussi Jérusalem pour capitale. Cette ville est le lieu de rencontre des trois monothéismes, ce qui lui confère un statut particulier, puisque la ville est divisée en deux, l’Ouest étant contrôlé par l’Etat Hébreux et l’Est considéré comme territoire palestinien, pourtant occupé par Israël depuis 1967, constituant un obstacle majeur dans les négociations. Cette prise de position ravive les tensions entre les deux communautés.

WASHINGTON, DC - NOVEMBER 29: President Donald Trump walks to board Marine One as he heads to Missouri to push the Republican tax plan, on the South Lawn of the White House in Washington, DC on Wednesday, Nov. 29, 2017. (Photo by Jabin Botsford/The Washington Post via Getty Images)
Donald Trump – © Jabin Botsford/The Washington Post via Getty Images

Washington se veut médiateur de paix et pourtant sa décision, votée en 1995 mais constamment retardée par les précédents présidents, semble en entraver les espoirs. Dans son allocution, Trump a indiqué que

Les États-Unis restent déterminés à aider à faciliter un accord de paix acceptable pour les deux parties

Donald Trulp, Président des états-unis

La partialité de la décision va à l’encontre du reste de son allocution, rendant le tout incohérent – cette incohérence semble être propre au président américain qui ne manque que peu d’occasions d’envenimer les conflits internationaux. Ainsi la subjectivité du président des États-Unis dans les pourparlers est désormais incontestable, celle-ci était déjà mise en doute par le choix de son gendre – Jared Kushner – comme médiateur du conflit israélo-palestinien. La famille de ce dernier est un fidèle soutien de l’État hébreux, en ayant notamment offert plus de  325.000 dollar à l’armée israélienne.

Isolement international  

Trump s’est isolé une nouvelle fois de la communauté internationale qui a très majoritairement condamné cette décision. Le Conseil de sécurité des Nations Unies a été saisi par huit pays-membres pour une session publique d’urgence ce vendredi. Le président français Emmanuel Macron rappelle que la décision américaine « contrevient au droit international et aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU » et souhaite « privilégier l’apaisement et le dialogue ». La classe politique française est d’autant plus critique : Benoit Hamon parle de « provocation contre la paix », Alain Juppé surenchérit, dans un tweet, « Trump, fauteur de désordre mondial ».

Le monde musulman a perçu cette décision comme un affront à leur culte et à la stabilité déjà fragile de la région. Erdogan accuse la Maison Blanche de « [faire] le jeu des terroristes » en poussant les Palestiniens à revenir sur leur volonté de pacifisme. De même l’Arabie Saoudite a déploré cette prise de position la qualifiant d’« injustifiée et d’irresponsable ». L’Iran rejoint ses voisins et craint une nouvelle Intifada. Le chef du Hamas Ismaïl Haniyeh a en effet appelé à « une nouvelle intifada »  pour « faire face à la politique sioniste soutenue par les États-Unis ». Les deux précédentes révoltes palestiniennes avaient choqué à l’international du fait de la sévère répression israélienne.

Trump a encore une fois jeté la pomme de la discorde et a réussi à envenimer un contexte déjà tendu. On peut néanmoins espérer que cette décision va pousser le Fatah et le Hamas a une réconciliation. Les deux factions devraient mettre de côté leurs différends pour afficher un front unifié face à cette décision unilatérale.

Image de couverture : © ullstein bild via getty images