Décloisonner les genres, les emmêler, les confondre, pour semer le doute. Et repartir, de zéro, pour se nourrir des autres et de leur expérience au monde. Vivre en immersion cinématique, une éclipse des sens. Oubliez tout ce que vous savez.

Voici les quelques mots qui annoncent le retour du Festival International du Film Indépendant de Bordeaux. Pour sa sixième édition au coeur de la belle endormie, le FIFIB mise sur le voyage et le paysage, thème central de la saison culturelle bordelaise « Paysages Bordeaux 2017 » dont le FIFIB fait partie intégrante.

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© DR FIFIB

Voyage, voyage :  Les panoramas du FIFIB pour une édition « trans »

Comme le souligne l’organisation, cette année l’édition sera “trans” : transnationale, transdisciplinaire et transgressive. Trois panoramas courts métrages seront proposés : un focus sur la Colombie, un autre sur le Portugal puis un troisième sur le Québec. En pleine année France-Colombie, ce panorama proposera des courts-métrages profonds abordant des sujets délicats tel que le suicide et la douloureuse vie après-tentative dans Sol Negro (Soleil noir) de Laura Huertas Milán, ou encore la pornographie chez l’adolescent avec Madre (mère) de Simón Mesa Soto. Suite à un voyage devant l’écran, le festivalier se verra alors offrir l’opportunité de voyager à nouveau grâce aux Nuits du FIFIB, un moment d’émotion à partager sur les pavés de la magnifique Cour Mably à Bordeaux où s’entremêleront cinéma en plein air et DJ-Set.

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© Crédit photo : Benjamin Guenault 

Un édition prestigieuse : Eric Judor, Solène Rigot, Béatrice Dalle & Virginie Despentes

Cette année encore, l’édition a vu les choses en grand. Dix films en compétitions longs-métrages dont six premières françaises telles que The Territories de Iván Granovsky ou encore Son of Sofia (Elina Psykou), films engagés ou du moins ancrés dans une actualité brûlante. S’ensuivent les huit films en compétition Contrebande, dix courts-métrages et les nombreuses avant-premières et cartes blanches, dont une qui sera animée par Virginie Despentes où elle questionnera le public sur le genre et ses déclinaisons.

© Frédéric Lemaître
© Frédéric Lemaître

Quant aux invités, ils seront nombreux : Eric Judor, la jeune et talentueuse actrice Solène Rigot, éblouissante révélation de « Orpheline » de Arnaud des Pallières, ou encore Béatrice Dalle. Quant à la probable venue de Rabah Nait Oufella, acteur du teaser et mannequin pour l’affiche elle reste encore en suspens… À suivre !

La pédagogie : préoccupation au coeur du FIFIB

Au-delà de présenter au grand public un large panel cinématographique et de récompenser longs et courts métrages, le FIFIB attache aussi une importance à la pédagogie. Celle-ci passe par deux programmes, le FIFIB création : forum professionnel destiné à tous les acteurs de la filière cinématographique pour favoriser l’émergence en général et les évolutions de la production de cinéma de création. Elle portera cette année sur le thème de la coproduction internationale.

S’ajoute à cela le FIFIB formation, un programme d’éducation cinématographique qui offre une formation artistique à un public jeune. Rendre accessible le cinéma ainsi que l’échange culturel, débattre, s’interroger et sensibiliser, tels sont ses objectifs. Le thème retenu est « Voir du pays », qui, selon les mots des organisateurs :

invite à la réflexion sur notre passé de conquérants, sur les crises politiques actuelles et sur nos appartenances et identités collectives, qu’elles concernent la race, la classe sociale ou le sexe


Plus que quelques jours à patienter donc, pour s’immiscer le temps d’une semaine au plus profond du cinéma et des enjeux qu’il soulève.
Le FIFIB se déroulera du 18 au 25 octobre, la programmation complète du festival est à retrouver sur son site internet.

image de couverture : © Fifib