Les 1, 2 et 3 septembre se tenait la deuxième édition du festival City Trucks, à la Pommeraye, petit village du Maine et Loire. Près de 45 000 festivaliers se sont donné rendez-vous dans le week-end pour participer à ce tout jeune festival dédié au monde routier, sur les scènes duquel de nombreux artistes français se produisent. L’Alter Ego était sur place et vous propose de revenir sur ces 3 jours de festivités.

© Anaïs Soret et Elise Gilles

City Trucks débute en 2016, soutenu par de nombreux partenaires tels que Virgin radio, Man ou encore Maillard. Les artistes choisis, à savoir Selah Sue ou encore Louise Attaque ont attiré plus de 25 000 spectateurs. Mais le projet City Trucks a pris forme bien avant cette première édition. Comme l’explique Olivier Ortion, chargé de communication pour le festival, l’idée est née de 3 collègues routiers, qui, lors d’un dîner en 2014 ont décidé de monter le  » Joli Festival  », à destination des salariés de petites entreprises routières et de leurs familles. Durant la journée, diverses activées et concerts avaient lieu et le soir venu un feu d’artifice était lancé devant environ 1200 à 1400 personnes. Mais les routiers ne se sont pas arrêtés là. « Un jour ils se sont dit « mais pourquoi on ne ferait pas ça, mais en plus grand, pour aussi faire connaître le milieux du transport au grand public, en mêlant tout ce qu’on connaît de notre métier avec un espace concert pour que ce soit festif ? ». Ici au City Trucks, on essaie de faire connaître le monde de la route et de s’ouvrir à un public qui n’en a pas l’habitude. Le festival permet d’apporter la chose différemment avec un public qui n’est pas forcément intéressé mais qui va découvrir ce milieux. Et pour ceux qui sont des professionnels, il existe des stands où se tiennent des jobs dating, car les routiers sont très recruteurs. »

© Anaïs Soret et Elise Gilles
© Anaïs Soret et Elise Gilles pour l’alter ego/apj

Si le but de ce festival est de promouvoir l’univers routier, il a donc fallu réserver un espace dédié aux professionnels de la route. Cet espace est dénommé  »le village » et son entrée est gratuite pour tous (disposer d’un pass n’est donc pas nécessaire). En son coeur, on retrouve de nombreuses animations liées au monde routier ; aussi bien le tirage de camion, que des tests d’évaluation du code de la route. Les pompiers y sont mêmes venus faire une démonstration de leurs techniques d’intervention lors des accidents de la route. L’un des atout de ce village est l’exposition de dizaines de camions dont certains sont décorés, d’autres aménagés. On y retrouve par exemple un camion tatoueur, un camion barbier ou encore un camion de massage, de quoi ravir un grand nombre de personnes. Dans ce village, on trouve également des stands d’exposition de camions miniatures où petits et grands peuvent découvrir des camions télécommandés. Par ailleurs, les enfants peuvent s’occuper en essayant la ballade à poney si leurs parents souhaitent prendre part aux multiples conférences proposées par le festival, sur le bien être par exemple. Enfin, la 3ème scène présente dans le village, permet à de jeunes artistes comme le groupe Sunvizors de se faire connaître auprès du public déambulant entre les camions décorés avec soin pour l’occasion.

© ANAÏS SORET ET ELISE GILLES POUR L'ALTER EGO/APJ
© ANAÏS SORET ET ELISE GILLES POUR L’ALTER EGO/APJ

Pour cette deuxième édition, les organisateurs du festival ont fait fort et ont encore séduit le cœur des festivaliers par leur programmation riche et diversifiée, passant de l’électro à la pop, tout en approchant des sonorités reggae ou soul. En tête d’affiche, on retrouve des chanteurs français bien connus du public comme les groupes Tryo, Superbus, Matmatah et LEJ, mais aussi des artistes en solo, qui commencent à se faire une place dans le monde de la musique tels que Claudio Capéo, Broken Back ou encore Petit Biscuit. Si ces artistes se produisent sur la scène principale, d’autres moins connus mais tout aussi talentueux ont révélé leur art sur la deuxième scène au cœur du site de restauration. C’est en dégustant des pillons de poulets ou encore des burgers imaginés pour le festival, que la foule a pu entendre jouer les Monty Picon et admirer l’incroyable show du groupe ENR.

Petit Biscuit - © ANAÏS SORET ET ELISE GILLES POUR L'ALTER EGO/APJ
Petit Biscuit – © ANAÏS SORET ET ELISE GILLES POUR L’ALTER EGO/APJ

Récit d’un festival haut en couleur

Nous étions sur place et c’est le récit d’un festival plein de promesses, de joie et de découvertes que nous allons vous raconter.

Vendredi 18h45 : si certains festivaliers étaient toujours en train d’installer leur campement et que d’autres faisaient patiemment la queue pour entrer sur le site, les plus prévoyants profitaient déjà du superbe concert offert par le groupe La Vagabonde.

La Vagabonde - © ANAÏS SORET ET ELISE GILLES POUR L'ALTER EGO/APJ
La Vagabonde – © ANAÏS SORET ET ELISE GILLES POUR L’ALTER EGO/APJ

C’est ensuite sous un ciel mitigé, alternant entre légères averses et soleil couchant, que la soirée du vendredi 1er septembre a continué, avec le concert de Superbus où tout le monde a pris plaisir à chanter les morceaux les plus connus du groupe comme Butterfly. L’ambiance a bien failli se réchauffer lorsque le groupe a eu la bonne idée de demander au public de retirer leurs vêtements quand ont raisonné des premières notes de la chanson Apprend moi. Quelques audacieux ont osé le topless, mais la majorité s’est contentée de continuer à danser.

À peine une heure plus tard, c’était au tour de Claudio Capéo de monter sur scène. Malgré quelques fans heureux de chanter son plus gros titre Un homme debout, le concert a moins ravi le public que le précédent. Néanmoins l’ambiance est montée en flèche et a atteint son paroxysme lorsque les groupes Tryo et Brocken Back ont fait leur apparition sur scène. Tryo a aussi bien repris d’anciens titres comme Ce que l’on sème que quelques morceaux de leur nouvel album Vent debout sorti en 2016. Leur joie de vivre et leur présence sur scène ont enflammé la foule. Nous avons par ailleurs pu rencontrer 2 membres du groupe. Vous pouvez retrouver leur interview grâce au lien ci-contre.

Christian Mali - Tryo - © ANAÏS SORET ET ELISE GILLES POUR L'ALTER EGO/APJ
Christian Mali – Tryo – © ANAÏS SORET ET ELISE GILLES POUR L’ALTER EGO/APJ

La soirée s’est achevée sur une note positive avec Broken Back. Malgré un problème de réglage de son diminuant la qualité de la prestation, la foule s’est déhanchée sur sa musique électro folk. Il a d’ailleurs su toucher le public avec son nouveau titre Sorry dédié à sa petite sœur.

C’est sous le soleil – cette fois – que les festivaliers se sont réveillés de bon matin. Durant toute la journée, ces derniers ont pu profiter des services mis à disposition et des activités proposés par le festival. D’autres au contraire ont préféré se reposer pour pouvoir profiter de la deuxième soirée qui s’annonçait éreintante.

La soirée du samedi fut bien plus mouvementée que la nuit précédente. Les premières notes de la nuitée furent données par le groupe nantais Epsylon, qui a beaucoup surpris par leur style aux sonorités celtiques et par la profondeur de leurs paroles. Une bonne surprise donc, pour débuter cette deuxième soirée au City Trucks.

© Anaïs Soret et Elise Gilles pour L'Alter Ego/APJ
© Anaïs Soret et Elise Gilles pour L’Alter Ego/APJ

C’est ensuite le jeune Petit Biscuit, étoile montante du style électro posé, qui a pris la relève et qui a fait danser la plupart des festivaliers, malgré un début difficile en terme d’ambiance et un arrêt soudain de la musique lié à un problème de console sonore. Mais c’est l’arrivée du groupe LEJ qui a permis à l’ambiance de gagner en intensité grâce à leur show ultra dynamique et sur-vitaminé, auquel beaucoup de personnes ne s’attendaient pas. Les trois jeunes femmes ont donc ravi tout le monde, notamment lorsqu’elles ont choisi de se mêler au public pour entonner la chanson St Denis, au plus grand bonheur de leurs nombreux fans présents ce soir-là.

LEJ - © Anaïs Soret et Elise Gilles pour L'Alter Ego/APJ
LEJ – © Anaïs Soret et Elise Gilles pour L’Alter Ego/APJ

L’entre-deux concerts fut une surprise pour les festivaliers puisque les organisateurs du City Trucks ont mis en place un superbe feux d’artifice, qui a émerveillé aussi bien les enfants que les adultes.

La présence du groupe Matmatah n’a pas apaisé les esprits, car leur musique aux sonorités bretonnes et très rythmée a donné lieux à des pogos assez périlleux de la part des fans du groupe, heureux d’exprimer leur joie. Les tirs de confettis par des canons disposés sur la scène ont achevé de rendre l’audience presque hystérique lors du dernier concert de la soirée, offert par l’unique groupe étranger de la programmation 2017. Les espagnols de La Pegatina, ont à nouveau fait danser la foule avec leur style très entraînant. Comparativement, la soirée de samedi fut donc moins calme et plus riche en émotions que la soirée précédente, bien que la qualité musicale des artistes ait toujours été au rendez-vous.

Le bilan de cette deuxième édition est donc très positif, malgré quelques points à retravailler, notamment le nombre de toilettes sur le site, bien trop faible par rapport au nombre de festivaliers, mais également la clarification de l’usage du Trucks ( monnaie du festival ). En effet, le Trucks est censé remplacer l’euro durant le festival. Cependant, dans des petits commerces  trop nombreux, seul l’euro est accepté. Les festivaliers sont perdus et ne savent plus combien d’euros ils doivent échanger, d’autant plus que les Trucks ne sont pas remboursables. L’usage unique du Trucks serait plus pertinent et faciliterait la vie des festivaliers.

© Anaïs Soret et Elise Gilles pour L'Alter Ego/APJ
© Anaïs Soret et Elise Gilles pour L’Alter Ego/APJ

Mais il est important de souligner que le festival est très bien organisé : il n’y a par exemple eu aucun retard pour les différents concerts. Il dispose d’un fort système de sécurité, notamment grâce aux quelques caméras présentes sur le site, aux nombreux pompiers, infirmiers et secouristes circulant à toute heure sur les lieux afin de veiller à la santé de tous, ou encore les stands de prévention. Par ailleurs, la présence de l’écran géant permet à tout le monde de pouvoir observer les artistes tout en ayant plus d’espace (car devant la scène principale, nous devons dire adieu à notre espace personnel). Nous avons également pu apprécier la proximité du camping avec l’espace scénique, mais également sa propreté. Bien que le festival ait été annoncé complet, le camping était assez vaste pour permettre à tous de bénéficier d’un espace correct et d’un calme relatif.

En bref, ce festival familial est accessible à tous et réjouira les fans de musique… et de camions. Nous vous conseillons donc vivement de réserver votre premier week-end de septembre 2018, pour cette 3ème édition qui promet de monter en puissance.

image de couverture : © Anaïs Soret et Elise Gilles pour L’Alter Ego/APJ