Aujourd’hui sort en salles le film Ça, adaptation du best-seller de Stephen King par le réalisateur argentin Andy Muschietti. Défi relevé pour le film d’horreur qui va secouer la rentrée ?

Le clown, un personnage terrifiant

La peur des clowns n’est pas un phénomène nouveau parmi les enfants et même les adultes. Si ces personnages hauts en couleurs semblent incarner l’innocence au premier abord, ils peuvent rapidement se métamorphoser en une présence oppressante, voire monstrueuse.

© WarnerBross
© Warner Bros

Ce pari semble réussi dans la toute dernière adaptation par Andy Muschietti de Ça, dans lequel un prédateur maléfique – s’incarnant dans le personnage du clown Pennywise ou Grippe-Sou en français – et aux capacités de métamorphose particulièrement habiles, se nourrit et se joue de la peur d’autrui avant de les piéger et de les dévorer.

Si l’acteur Tim Curry, dans la précédente adaptation du roman (1), laisse une image davantage comique du clown malgré sa nature destructrice et dangereuse, Bill Skarsgard se glisse parfaitement dans son rôle, au point tel qu’il ne semble pas avoir besoin de fournir beaucoup d’efforts pour paraître effrayant et nous terrifier. Il s’amuse avec les phobies de ses victimes avant d’éclater en sauvagerie et violence, ce qui ne peut que choquer.

De l’horreur de bout en bout

De même que dans le livre, le film raconte comment, au cours de la fin des années 80, au sein de la ville fictive de Derry dans le Maine, des enfants disparaissent ou sont retrouvés morts. Un groupe de sept bambins, se réunissant sous le nom de « Club des Losers », ayant été auparavant confronté au monstre dont il est question, partent alors à la recherche de cette entité abominable vivant dans les égouts. Cette figure s’incarne en Grippe-Sou/Pennywise et se réjouit d’attirer les petits avec des ballons de couleur. Le lien existant entre les enfants peut amener par ailleurs à établir une petite comparaison avec la série de science-fiction « Stranger Things », se déroulant également dans les années 80.

© WarnerBross
© Warner Bros

Dès le commencement, on est transporté dans l’horreur de ce récit. Lorsque Georgie, frère d’un des membres du club, perd son petit bateau de papier dans le caniveau et rencontre Grippe-Sou pour la première fois, on ressent immédiatement le danger que ce dernier représente et le malaise s’installe petit à petit avant de se transformer en un instant en sursaut d’horreur. Et le sentiment de peur continuera tout au long du film, alternant scènes sanglantes ou beaucoup plus nuancées lorsque les peurs et craintes des personnages principaux sont exploitées par le monstre.

Plus qu’un simple film d’horreur

Il est alors intéressant d’observer que « Ça », bien que destiné à être un film d’horreur, est également un film qui nous invite à réfléchir sur nos peurs, et à comment les combattre. Ce n’est pas par hasard que les personnages principaux traquant Grippe-Sou sont des adolescents. Il n’est pas nouveau que c’est à cet âge que certaines choses peuvent paraître terrifiantes. Les peurs enfantines se mêlent également à des peurs plus adultes : celle de grandir, d’être rejeté… Ainsi, le film va bien au-delà d’une simple démonstration de scènes terrifiantes s’enchaînant au cours de l’intrigue, et dévoile un message intéressant sur notre identité et ce qui nous forme.

Bien qu’il dit ici et là que le film n’égale pas forcément le roman de Stephen King, se focalisant essentiellement sur la première partie de l’oeuvre, cette adaptation ravira sûrement les adeptes de l’histoire à travers une atmosphère angoissante et riche en suspense, ainsi qu’un important travail graphique. Le film a fait consensus outre-Atlantique, pour nous Français, c’est aussi une réussite.

(1) Le roman a été précédemment adaptée en une mini-série américaine réalisée par Tommy Lee Wallace en 1990

image de couverture : © warner bros