Tu es ici pour vivre heureux.

Voici comment s’achève le petit fascicule-programme remis en début de festival ou attrapé entre deux bières sur l’un des espaces-bars. Faire s’amuser, aimer, chanter et rêver les quelque 9 000 festivaliers, tel a été l’objectif du collectif Moï Moï, à l’origine de ce festival alternatif qui célébrait cette année sa 8ème édition. Les organisateurs parlent déjà d’une « édition cosmique », avec un « public magnifique », les yeux embués d’émotion. Bienvenue au coeur de Baleapop.

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Les DJ sets de la plage de Zenitz, © David Reviriego pour L’Alter Ego/APJ

Un festival local, éclectique et familial

Dans le grand village de Saint-Jean de Luz (64), Baleapop est considéré comme l’événement culturel de la fin du mois d’août. Décalé au dernier week-end d’août depuis deux ans maintenant, les organisateurs ont souhaité par cette modification d’agenda élargir le public aux locaux, qui étaient en vacances le 15 août lors des premières éditions. Une réelle volonté de l’équipe de redynamiser la ville en cette fin d’août culturellement parlant et «  d’emmener les gens vers l’art contemporain et la musique dans un contexte ultra populaire », selon les dires de l’attaché de presse, Manon.


DSC_0713La serre du Parc Ducontenia, servant à la fois de scène pour un set et de lieu de performance artistique
© David Reviriego pour L’Alter Ego/APJ

De là réside la particularité de ce micro-festival : réunir dans un même parc, locaux, parisiens, bordelais et touristes dans une ambiance naviguant entre La Grande Bouffe et performance autobiographique. Il faut avouer que cela marche plutôt bien. La programmation, quasiment inconnue pour un grand nombre de festivaliers, surprend. Le lieu plaît, les performances épatent. Cependant, à « Baléa », on n’a pas la prétention d’instruire, ni d’élever. Bien au contraire, Jeanne, une des fondatrices du festival, confirme « qu’ils s’adressent à des curieux. On peut être pécheur, berger et s’intéresser à l’art contemporain ». Manon, avait résumé avec un brin de poésie mes observations :

C’est alors qu’on regarde autour de soi, en s’amusant à penser qu’un événement peut-être pointu en oubliant d’être chiant 

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L’ambiance Baleapop : scènes techno et parc pour enfant – © David Reviriego pour L’Alter Ego/APJ

L’art contemporain et la techno, une combinaison gagnante

Gilles Sage était l’un des artistes présents à la huitième édition pour répondre au thème de «  l’artificialité de la nature ». Élève diplômé des beaux-arts de Bordeaux, qui se produisait grâce à un tout nouvel accord conclu entre Cécile Cano, une des deux commissaires du festival et nouvelle professeure aux beaux-arts, et son école. La commissaire, qui a eu un coup de coeur pour les projets de trois de ces élèves, lui a permis avec ses camarades de réaliser des performances artistiques originales les vendredi et samedi soir.

À l’image du festival, Gilles est au premier abord intriguant, étonnant. Sa performance aussi. Récital d’écueil autobiographiques, Gilles produit une performance accompagnée de visuels vidéos projetés en fond, et nous fait part de ces observations, ressenties ou humeurs sur ces quelques mois de sa vie. Il m’avoue timidement puiser son inspiration dans « tout son quotidien », mais préfère rester vague. Têtu et obsessionnel, comme il se décrit, Gilles est mystérieux. Il se fond très bien dans l’univers Baleapop, festival qui lui était inconnu, avant d’être sollicité par sa professeure.

© Audrey Teichmann
La performance de Gilles Sage © Audrey Teichmann

Baleapop, c’est avant tout de la musique, un brin électro, mais majoritairement techno et rock. Les artistes conviés à La Grande Bouffe du dimanche midi sont invités pour un week-end à rejoindre la grande famille Baleapop. Chouchoutés en cuisine (lomo, bière locale et talo (2)), ils sont pour la plupart heureux de se produire dans ce « Festival Pépite » selon un des chanteurs du groupe local Fusible.

© David Reviriego
Une installation d’art contemporain de Karim Firmin dans le Parc Ducontenia © David Reviriego pour l’alter ego/APJ

 

À Baleapop, on ne veut pas faire du Garorock

Chanteur du Groupe local Fusible

Voici les dires d’un des chanteurs de Fusible, confirmés par l’équipe organisatrice. En effet, la communication autour de l’événement est minimum. Pas d’encart presse acheté, ni de partenariat payant. Cette absence est voulue, le budget communication étant très faible, la « meilleure com étant le bouche à oreille » selon Jeanne, une des organisatrices. Un festival qui ne veut donc pas trop grossir, de peur que ça leur échappe me confie timidement l’équipe. Quand je les interroge sur le choix de la fin des concerts à 2 h, ceux-ci confirment que cela vient de leur propre initiative :

construire un festoch qui ne finit à pas d’heure, c’est fatiguant ! C’est une autre démarche.

 Un des co-organisateurs

À Baleapop, les valeurs défendues sont donc plutôt claires : du love, de la musique et de l’art, en toute simplicité.

Alors, conquis ?

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Une partie de l’équipe organisatrice du festival : « Une grande famille ! ». © David Reviriego pour L’Alter Ego/APJ


(1) Garorock est un festival qui se déroule tous les ans fin juin à Marmande, que l’on pourrait qualifier de, comment dire… commercial !
(2) Le Talo est un met basque à mi-chemin entre la crêpe et le kebab : un régal !

image de couverture : © david reviriego pour l’alter ego/APJ