3ème jour à Cabourg, une dernière danse et puis s’en vont…

© Lise Escaut pour l'alter ego/APJ
© Lise Escaut pour l’alter ego/APJ

Le groupe très attendu de ce troisième jour est australien et adulé par les critiques. Parcels, ce sont quatre garçons au look androgyne et à la pop ensoleillée. Leur musique n’est pas sans rappeler les productions électro-funk du dernier album de Daft Punk. Ce n’est donc sûrement pas une coïncidence si leur titre Overnight a été produit par le duo français.

Les quatre australiens démarrent leur show. On est tout d’abord frappés par le look 70’s des garçons. Jules Crommelin, guitariste et chanteur du groupe, ressemble à George Harrison. Leur prestation est candide, bon enfant. Leurs voix s’emmêlent, s’entremêlent à l’unisson. Leur joie est communicative. On sourit devant les mimiques du claviériste Patrick Hetherington.

C’est magnifique de jouer sur la plage au bord de la mer ! Avec les lunettes de soleil, on a l’impression de faire un film dans un film, je ne sais pas si vous m’avez compris.

Jules Crommelin, guitariste et chanteur

 

Parcels © Lise Escaut pour L'Alter Ego/APJ
Parcels © Lise Escaut pour L’Alter Ego/APJ

Loyle Carner

Loyle Carner est le deuxième rappeur programmé du festival. Ce londonien est assez peu connu en France. Pourtant, celui-ci dénote dans l’univers rap. Ses textes ne fantasment en rien les femmes, l’argent, le luxe, les armes. Il parle de sa mère dont il dit qu’elle est son héroïne, le décès de son beau-père et ses potes.

Loyle Carner © Lise Escaut pour L'Alter Ego/APJ
Loyle Carner © Lise Escaut pour L’Alter Ego/APJ

Son set démarre par un mix de son ami Rebel Kleff (en featuring sur le titre No CD). Le garçon arrive sur scène avec un maillot de football sur les épaules avec écrit « Cantona », qui appartenait à son beau-père. On comprend alors que le rappeur entretient un rapport particulier avec la France, le joueur préféré de son beau-père étant Éric Cantona. Il nous le montre fièrement. Sur scène, Loyle est énergique et complice avec Rebel Kleff. Il n’est pas la star sur scène, tous deux doivent briller. Sa prestation est à l’image de son album et sa personne. Il fait applaudir sa mère qui a écrit un poème sur une vieille composition de son beau-père, qu’il a reprise. Réunion posthume de ses parents.

Anouk & Martin

Dans la foule, assises devant la scène de la Dune et attendant le concert de Fishbach, nous retrouvons Anouk et Martin, notre couple coloré du premier jour.

Anouk et Martin © Lise Escaut pour l'alter ego/APJ
Anouk et Martin © Lise Escaut pour l’alter ego/APJ

Un petit résumé de votre week-end ?

Martin : « Tout nous a plu, mis à part le fait que ça soit loin. »

Anouk : « Le camping était loin, mais on s’habitue, ça nous fait une petite balade. »

Martin : « En plus, on pensait que dormir dans une tente ne nous plairait pas. Mais en fait, ça va ! »

Anouk : « Et on a été agréablement surpris par le temps parce qu’on pensait qu’il ne ferait pas beau. Le coucher du soleil et les concerts, c’était magnifique. »

Martin : « On a même pu se baigner avant les concerts ! On a mangé une glace en forme de fleur dans la rue des commerces. Et aujourd’hui, on a réussi à faire rentrer du Ricard ! »

Anouk : « On l’a mis dans des Pom’potes ! C’est une très bonne technique. »

Martin : « On n’a pas réussi le premier jour avec les Pom’potes dans le sac, et là, dans la chaussure, c’est passé. »

Fishbach

Fishbach © Lise Escaut pour l'alter ego/APJ
Fishbach © Lise Escaut pour l’alter ego/APJ

À 19 heures 50, c’est le tour de la révélation française de cette année : Fishbach remet au goût du jour la chanson française des années 80. Autant dire que nous attendons impatiemment sa prestation avec dans l’idée un show à la Lescop. Sur scène, l’artiste et ses musiciens sont dans une autre dimension, qui n’est malheureusement pas la même que le public. Un je ne sais quoi ne nous emporte pas dans leur atmosphère. Peut-être une forme de mollesse, un régime en dessous des groupes précédents. Un lien intime n’a pas pu se créer. Un lien qui aurait pu avoir lieu dans une salle plus petite, plus apte aux confidences.

Paris ou Cabourg, qu’importe derrière je mettrai mon amour

Polo & Pan

Polo & Pan © Lise Escaut pour l'alter ego/APJ
Polo & Pan © Lise Escaut pour l’alter ego/APJ

Qu’aurait été un festival dont le nom comporte le mot Amour sans son synonyme musical ? Quoi de plus beau que de clôturer le festival sous l’égide de l’amour et de l’imaginaire avec Polo & Pan ?

Le duo français, du même producteur que le festival, « Super ! », a installé sur la grande scène de la Dune un décor mystique. De grands pans de tissus sont couverts d’animaux imaginaires aux couleurs primaires. Au fond, trois gros miroirs lumineux. Durant leur concert, on prend conscience de l’importance des lumières, qui traduisent sur scène l’ambiance du morceau. Un jeu de complémentarité est mis en place : dès qu’une lumière est diffusée, l’animal à la couleur opposée ressort tandis que les autres s’effacent.

Un décor de toute beauté.

Au milieu de cette faune s’agitent deux muses, deux nymphes en kimonos orangés : Marguerite et Victoria. Les deux chanteuses accompagnent Polo & Pan sur scène. À l’unisson, le groupe et le public dansent sur une Plage isolée au rythme des battements d’Un coeur d’artichaut. Ainsi se clôture Cabourg, Mon Amour : en osmose…

En quittant le site, nous apercevons au loin, sur la « fury-road », un groupe de jeunes chantant du Claude François autour d’une guitare. L’occasion pour nous de revenir sur ces trois jours de musique.

© Lise Escaut pour l'alter ego/APJ
© Lise Escaut pour l’alter ego/APJ

Paul et Nico

Nico : « J’ai tout aimé. Jacques Greene, c’était vraiment bien. Et avec le recul, je garde un très bon souvenir de Loyle Carner. »

Paul : « TGAF c’était génial, ce sont des filles de l’agence artistique « Super ! », et elles font beaucoup d’émissions de web radio avec Piiaf. Ce sont des artistes montantes. Jacques Greene aussi c’était bien ! C’est un grand artiste du label Luckyme. »

C’était comment Cabourg, Mon amour ?

Youna : « C’était génial ! Je crois que toute le monde est d’accord ! Il y a beaucoup de choses que j’ai aimées, mais moi je viens de Bretagne, et on a un peu un point de vue extérieur parce qu’on a fait plein d’autres festivals. Le public était un peu moins réceptif ou moins dansant. Il n’y avait aussi pas de point d’eau. Tout le monde est d’accord pour dire que le cadre était génial. Il a peut-être donné une ambiance un peu différente. »

© Lise Escaut pour l'alter ego/APJ
© Lise Escaut pour l’alter ego/APJ

Dans les campings, au sein du festival, nous avons pu entendre que Cabourg, Mon Amour était un festival parisien fait pour les parisiens. La programmation était incroyablement léchée et pointue, pas forcément dédiée à un grand public.

Le soir avait lieu dans le Casino de la ville un after payant à l’ambiance de club, où se mêlaient les artistes et le public. Cela renforçait l’impression de soirée parisienne.

Le défaut de Cabourg, Mon Amour peut aussi lui être une qualité. Durant ces trois jours, nous avons pu découvrir de jeunes artistes talentueux et eux ont pu se produire sur scène. Cabourg, Mon Amour, c’est aussi un petit festival qui permet les rencontres, la proximité avec les artistes qui sont parfois perdus dans les gros festivals accueillant plus de dix mille personnes. Cabourg est aussi cela : des artistes qui se mêlent à la foule, qui boivent un verre avec elle, interagissent, assistent aux concerts de leurs confrères et consœurs.

Cabourg, Mon Amour, c’est beaucoup d’amour.

Image de couverture : © Lise Escaut pour L’Alter Ego/APJ