Pourquoi les jeunes n’auraient-ils pas le droit à leur « Tour de France » ? Car oui, vous l’ignorez sûrement, mais il existe un « Tour de France des jeunes » ! Son nom – le Tour de l’Avenir – ne vous dit peut-être rien. Pourtant, des stars de La Grande Boucle ont déjà participé et gagné cette compétition.

© Hugo Coignard pour L'Alter Ego/APJ
à une demie-heure de l’arrivée la foule n’est pas encore là – © Hugo Coignard pour L’Alter Ego/APJ

Moins d’un mois après le passage du Tour de France, ils roulent dans les pas des grands. Du 18 au 27 août s’est tenue la 54ème édition du Tour de l’Avenir. Ce « Tour de France des jeunes » réunit chaque année au mois d’août les jeunes espoirs de moins de 23 ans du cyclisme international et voit s’affronter sur les routes de l’Hexagone vingt-deux équipes nationales, ainsi que, depuis cette année, deux équipes régionales.

La foule est bien moins dense, la médiatisation de l’événement n’est pas la même, la caravane publicitaire et la compétition sont plus courtes, les coureurs sont moins connus, mais le Tour de l’Avenir n’a rien à envier à son aîné, le Tour de France. En effet, les deux compétitions se ressemblent. Les coureurs du Tour de l’Avenir, comme ceux de la Grande Boucle, doivent affronter les Alpes, et des épreuves en contre-la-montre. Les maillots sont les mêmes, hormis le maillot blanc. Le vainqueur d’étape ainsi que des coureurs tirés au sort doivent aussi se plier à un « examen médical » – plus simplement appelé contrôle anti-dopage par le grand public. Tout est fait pour préparer ces jeunes cyclistes internationaux à la très enviée compétition du Tour de France.

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Chris Lawless, le gagnant de la quatrième étape de cette édition 2017 – © Hugo Coignard pour L’Alter Ego/APJ

Pendant un temps, les deux compétitions avaient lieu au même moment et sur un même tracé. Mais à partir de 1967, l’idée fut abandonnée car assurer les deux compétitions aurait nécessité une organisation trop lourde. Cependant, la société ASO, organisatrice du Tour de France, apporte toujours un soutien logistique au Tour de l’Avenir.

Le Tour de l’Avenir n’est pas un passage obligé à qui veut un jour courir le Tour de France, mais il est très conseillé. « Dès que l’on fait un résultat ici, c’est bien regardé. C’est important. » nous assure Clément Russo, 22 ans et coureur pour l’équipe Auvergne-Rhône Alpes, à l’arrivée de la quatrième étape à Saumur (Maine-et-Loire). « J’espère bien figurer sur ce Tour de L’Avenir », dit-il en pensant aux équipes professionnelles des Tours de France, d’Espagne et d’Italie qui pourraient le repérer. Car ces coureurs ont pour beaucoup un rêve en tête : pouvoir un jour disputer une édition du Tour de France.

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L’équipe nationale de france à l’arrivée de la quatrième étape à saumur – © Hugo Coignard pour L’Alter Ego/APJ

Selon Philippe Bouvet, ancien journaliste à L’Équipe aujourd’hui chargé des relations presse pour le Tour de l’Avenir, environ la moitié des coureurs que l’on retrouve sur le Tour de France aujourd’hui est déjà passée par le Tour de l’Avenir ! De grandes stars du cyclisme français comme Laurent Fignon, Laurent Jalabert, mais aussi plus récemment les coureurs Romain Bardet, Warren Barguil et Nairo Quintana, ont participé et même remporté, pour les deux derniers, le Tour de l’Avenir.

Toutefois, ce Tour n’est pas seulement important pour les coureurs.

C’est un laboratoire pour les différents métiers du cyclisme

Philippe Bouvet, ancien journaliste à l’équipe

En effet, il s’agit d’un vrai examen de passage pour de jeunes commissaires de course internationaux qui arbitreront peut-être, à l’avenir, de grandes compétitions professionnelles.

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L’équipe nationale d’allemagne à l’arrivée de la quatrième étape à saumur – © Hugo Coignard pour L’Alter Ego/APJ

Le Tour de l’Avenir intéresse également de très jeunes cyclistes présents à l’arrivée de la quatrième étape, comme Paul, 15 ans. Il aimerait pouvoir éventuellement faire ce Tour s’il a le niveau plus tard. Mais lorsque l’on pose naïvement la question à Lise, 17 ans, la réponse est moins évidente. « Je ne sais pas si ça existe pour les filles. Je ne pense pas… » dit-elle en s’interrogeant. Et pour cause, le Tour de l’Avenir ne propose pas de compétition féminine, comme le Tour de France d’ailleurs. La Grande Boucle féminine internationale (le « Tour de France féminin ») n’existe plus depuis 2009, même si elle a été remplacée par La Course by Le Tour. Une compétition à deux étapes cette année quand les hommes en ont effectué vingt-et-une…

image de couverture : © hugo coignard pour l’alter ego/apj