Aujourd’hui de plus en plus d’étudiants se tournent vers les jobs d’été, et notamment l’animation, pour se constituer une somme d’argent avant le retour en cours. Le diplôme du BAFA (Brevet d’Aptitudes aux Fonctions d’Animateur) est de plus en plus prisé par les jeunes, qui choisissent de le passer afin d’animer en centre de loisirs, en colonies de vacances ou encore en classes découvertes, le plus souvent en tant que saisonniers.

© Mikhail JaparidzeTASS/Getty Images
© Mikhail JaparidzeTASS/Getty Images

Passable après 17 ans révolus, ce diplôme certifié par l’État s’effectue en trois étapes : une formation théorique, un stage pratique, et une formation approfondie (qui peut amener à une qualification reconnue). À l’heure actuelle, de nombreux organismes permettent de valider ces étapes, qu’il s’agisse des Francas, de l’UFCV, de Léo Lagrange, des Céméas, ou encore de l’Afocal. Depuis quelques années, ces organismes voient leur nombre de participants augmenter de manière considérable, notamment chez les moins de 25 ans.

Adèle Grivault,18 ans

Diplômée BAFA depuis juin, elle souligne l’importante place des étudiants lors de sa formation théorique avec les Céméa à St-Nazaire en août 2016 :

Toutes les personnes qui ont assisté à la formation avaient entre 17 et 19 ans. C’était top, car on était tous au lycée ou on commençait tout juste les études supérieures donc c’était plus facile pour apprendre à se connaître et ensuite créer une cohésion de groupe.

Aurélia Jacquet,

Directrice de nombreux séjours vacances pour le centre de formation Léo Lagrange à Toulouse, constate que les jeunes sont de plus en plus motivés pour obtenir ce diplôme :

Même si le diplôme du BAFA n’est pas professionnalisant, il est un atout pour encadrer, car 50% de l’équipe d’animation au minimum doit disposer d’un diplôme d’animation, et puisque le BAFA, malgré son coût, est relativement facile à obtenir, beaucoup de jeunes choisissent de le passer. En plus, il est facilement rentabilisé lorsque l’on effectue plusieurs saisons d’animation. Grâce aux formations offertes, les jeunes qui ont passé le BAFA savent comment réagir à certaines situations, ils ont une connaissance de la législation et ils ont beaucoup d’idées de jeux et d’activités. Et puis les enfants apprécient d’être encadrés par des jeunes, car ils se sentent plus proches d’eux, même si ça peut parfois poser un problème vis-à-vis de l’autorité.

Mais le BAFA a aussi d’autres atouts en ce qui concerne le futur des lycéens.

© Ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports
© Ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports

Adèle,

 L1 Sciences de l’éducation à Angers:

Avoir le diplôme du BAFA est très valorisé pour l’admission en études supérieures, car cela montre que l’on est capable de s’engager, d’être autonome et de mener un projet, que l’on est responsable ! Si ce diplôme est très populaire chez les jeunes, c’est en partie parce qu’il existe depuis 1999 le BAFA lycéen, qui permet aux jeunes de se tourner plus tôt vers ce diplôme, mais aussi parce que l’animation est un secteur qui attire de plus en plus les étudiants.

En effet, d’après l’INSEE, un animateur professionnel sur deux a moins de 35 ans en 2011.

Achille Coulonnier

Lycéen et futur étudiant en STAPS

Je préfère dix fois plus encadrer une colonie de vacances que travailler dans la récolte agricole. C’est moins bien payé et tout aussi fatiguant mais c’est beaucoup plus riche et bien plus intéressant, car on crée un vrai lien avec les enfants, on rencontre des tas de gens, on doit sans cesse imaginer des tas d’activités, proposer des sorties, on est tout le temps en action… Et puis quand on a une bonne équipe d’animation, l’ambiance est géniale, car tout le monde veut rendre le séjour merveilleux pour les enfants que l’on encadre, et cela crée une véritable solidarité entre les membres de l’équipe. J’ai participé à beaucoup de colonies de vacances étant petit, et je voudrais à mon tour rendre service aux enfants.

Dans une même logique, de nombreux jeunes commencent à s’intéresser au diplôme du BAFD, dérivé du BAFA, qui permet cette fois d’encadrer un accueil collectif de mineurs en tant que directeur, ce qui suppose une forte responsabilité et un sens aigu de l’organisation.

© Artyom GeodakyanTASS/Getty Images
© Artyom GeodakyanTASS/Getty Images

Marine Martin-Pitois, 25 ans

Directrice d’une colonie de vacances en région parisienne pour le CEE d’une société de banque et d’assurance, explique ce qui l’a motivé à passer ce diplôme :

Lorsque je travaillais dans le domaine de l’animation pour le CCE de BNP Paribas, j’ai eu l’occasion d’évoluer. C’est pour cela que j’ai voulu passer mon BAFD : afin d’avoir plus de responsabilités, et de voir autre chose, de progresser. Être une directrice plutôt jeune permet d’avoir une meilleure compréhension de son équipe, mais aussi une gestion plus facile de la fatigue, car on le sait, les colos ne sont pas ce qu’il y a de plus reposant et on dort souvent moins de 6 heures par nuit.

L’engagement citoyen en matière d’animation semble donc être considérable chez les jeunes, et l’on observe cette tendance à travers la mise en place de différents outils et structures permettant de réduire le coût de l’obtention du diplôme, comme le Pass Culture Sport en Pays de la Loire, proposé aux 15-30 ans, qui réduit de 60 euros les frais d’inscriptions aux formations de base et d’approfondissement.

image de couverture : © LIbre de droits / Getty Images