Le 20 mai, Trump entamait son premier voyage présidentiel, du Moyen-Orient à Taormine, en passant par le Vatican. Huit jours pour visiter cinq pays qui feront chacun l’objet d’un article retraçant les extravagances du président américain de l’autre côté de l’Atlantique. Episode 5.

Près de trente ans après le Grand Bleu, c’est un gros orange qu’a accueilli Taormine les 26 et 27 mai. Ce sommet du G7 est encore une grande première pour lui. Les dirigeants des 6 autres pays faisant partie des plus riches du monde (Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie, Japon et Canada), ont enfin pu le rencontrer et, très vite, apprécier son esprit de contradiction.

Ce sommet, initiatique pour quatre des sept dirigeants (Theresa May, Emmanuel Macron, Paolo Gentiloni et Donald Trump), avait un ordre du jour particulièrement important. Tout en se jaugeant, ils ont dû parler migrations, commerce international, lutte contre le terrorisme et réchauffement climatique. Des sujets qui ont assez vite divisé… ou pour ainsi dire démarqué Donald Trump. Mais avant de parler de fractures et d’oppositions, il y a tout de même un point sur lequel tous se sont mis d’accord.

En effet, alors que les attentats ont violemment touché l’Angleterre, il y a consensus au sujet de la lutte contre le terrorisme. La décision a été prise de faire pression sur les géants d’internet afin que ceux-ci soient plus attentifs aux contenus qu’ils diffusent. Cette « approche collective » a pour ambition de faire prendre aux entreprises leur « responsabilité envers la société ». Ainsi, les dirigeants du G7 espèrent que la propagande et le recrutement opérés sur la toile par L’EI se raréfient et soient plus facile à identifier.

Ensuite, les discussions sont devenues plus houleuses. Celle sur le climat notamment, qui a mis en avant le « seul contre tous » auquel tout le monde s’attendait. Alors que les six autres ont réaffirmé leur engagement dans l’accord de Paris, Donald Trump et son administration sont toujours en réflexion. Difficile à convaincre, il estime que cet accord pourrait être désavantageux pour le peuple américain et ne semble pas mesurer l’importance de l’enjeu. Pourtant les États-Unis sont le deuxième pays le plus polluant de la planète. Malgré leur démographie il y aurait de quoi s’alarmer un peu.

Malheureusement, alors qu’Emmanuel Macron sentait une amélioration dans la position de Trump, ce dernier n’a pas pris de décision au moment du sommet.

Dans ce même esprit isolationniste, ou plutôt américano-centriste, le président américain a bloqué les négociations portant sur les migrations mais aussi sur le commerce international. Inflexible sur le protectionnisme qu’il compte défendre, il n’a rien concédé aux six autres membres. Ils s’est même fait donneur de leçons, recommandant de « claires limites au niveau des migrations » qui « correspondent à leurs intérêts nationaux ».

Quoique plus honnête et direct qu’à l’accoutumée, ce sommet a donc laissé un goût amer aux autres dirigeants. Angela Merkel s’est dite déçue de l’attitude de Trump, résumant gentiment la paralysie que celui-ci a provoqué. Un euphémisme, qu’elle n’utiliserait sans doute plus, maintenant que la décision de quitter l’accord de Paris a été annoncée. D’autres belles discussions semblent à venir.

Trump buzz

Encore une fois, Trump n’a pas manqué d’alarmer la twittosphère. Dans une vidéo diffusée par un journaliste de la BBC, le président américain semble être le seul à ne pas porter d’oreillette de traduction pendant un discours de Paolo Gentiloni, le président du Conseil italien et actuel président du G7. Même si certains lui ont laissé le bénéfice du doute en supposant que Trump parlait couramment italien, la plupart y voit l’illustration flagrante de l’intérêt qu’il a porté à toutes les discussions et négociations siciliennes. Il faut dire que parler de l’avenir du monde doit être franchement ennuyant.

Sean Spicer, depuis la Maison Blanche a quand même tenté de mettre fin à la mini-polémique en soutenant, sur Twitter encore, que Trump avait bien une oreillette nichée dans son oreille droite.

image de couverture : © Joe McNally/Getty Images