Le 20 mai, Trump entamait son premier voyage présidentiel, du Moyen-Orient à Taormine, en passant par le Vatican. Huit jours pour visiter cinq pays qui feront chacun l’objet d’un article retraçant les extravagances du président américain de l’autre côté de l’Atlantique. Episode 2.

Après avoir réunifié le monde arabe en un discours à Riyad, le président Trump s’est attaqué le 22 mai à un autre problème de taille. En grand soutien d’Israël, c’est en toute logique qu’il se rend à Tel-Aviv, vers une résolution du conflit israélo-palestinien. Et cela en un voyage, bien sûr, on ne badine pas avec l’Histoire.

Accompagné de toute la modestie qui le caractérise, Donald Trump a atterri à Tel-Aviv avec pour ambition d’utiliser son expérience d’homme d’affaire pour résoudre l’un des conflits les plus vieux du monde. Au programme, rencontre avec le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, puis avec le Président palestinien Mahmoud Abbas, visite de différents lieux saints, et surtout recueillement au Mur des Lamentations. Cinquante ans après le début de la présence israélienne et trois ans après que les dernières tentatives de paix, menées par Obama, aient échouées, Trump se sent capable de réussir là où tous se sont cassé les dents. Comment ne pas lui faire confiance ?

Son plan, profiter d’une volonté de paix commune, et de sa proximité avec Israël pour relancer des négociations entre les deux parties, sous son autorité. Ainsi, il s’imagine en arbitre plus qu’en véritable acteur. Sa position reste donc assez floue et, de manière plus concrète, la Maison Blanche n’a actuellement aucun plan sur le long terme. Homme d’affaire sans doute, mais surtout impulsif, le véritable objectif de Trump n’est que d’entamer un processus ; rien ne montre qu’il ira jusqu’au bout. Pour les lobbys israéliens, l’homme d’affaire est d’ailleurs plus synonyme de colonisation rapide que de réconciliation. Néanmoins, en visite à Washington quelques jours plus tôt, Mahmoud Abbas avait signalé au président américain qu’il serait prêt à rencontrer Benyamin Netanyahou, en sa présence, pour relancer des négociations. Aucune rencontre de ce type n’a eu lieu. Il faut dire, d’ailleurs, que les négociations et la diplomatie n’avaient pas vraiment le premier rôle dans la scène que Trump a voulu jouer en Israël.

Ce dont avait besoin le président sur la sellette, c’est d’images et de symboles plus que de rencontres et de palabres. Et à Jérusalem, ville sainte des trois religions monothéistes, ce ne sont pas les symboles qui manquent. Après une visite du Saint-Sépulcre, Donald Trump est le premier président américain à se rendre au Mur des Lamentations. Aucun représentant israélien ne l’accompagne afin de ne pas sous-entendre l’appartenance de Jérusalem à une nation plutôt qu’une autre. Accompagné de son gendre Jared Kushner, de confession juive, il se recueille kippa sur la tête. Étonnamment sérieux et impliqué. Les images sont fortes.

TRUMP BUZZ

Un séjour si bien orchestré, tout en images fortes et sans bavures affichées aurait pu être le signe que Trump s’était fait à son poste et se soit assagi… Mais non. Ça aurait été trop beau. Simplement, tous ces gestes étaient calculés et ces mots préalablement écrits. Alors, quand la spontanéité s’impose, le tweeto en lui se réveille et donne, en moins de 140 caractères, des airs de vacances à l’importance du moment :

It is a great honor to be here with all of my friends. So amazing, I will never forget !

DOnald trump, président des états-unis

C’est un immense honneur d’être ici avec tous mes amis. Incroyable, je n’oublierai jamais !

Tout ça dans le livre d’or du mémorial de Yad Washem, ou musée de la Shoah de Jérusalem. Classe.

IMAGE DE COUVERTURE : © Jabin Botsford/The Washington Post via Getty Images