Le rapport de notre société à sa jeunesse est profondément paradoxal. Alors qu’elle la pousse à s’engager et valorise cet engagement, la parole jeune qui s’en émane est peu entendue, ou infantilisée. L’engagement jeune est considéré comme un essai, une perche pour l’avenir et non valorisé pour lui-même. Certains d’entre nous viennent de la presse jeune lycéenne, et le constat est flagrant ! Si de nombreuses avancées légales ont eu lieu*, notre parole politique est régulièrement censurée et ce droit de publication rarement reconnu par les établissements. Cela témoigne d’une chose : les jeunes sont considérés comme incapables de prendre la responsabilité de leur parole politique, qui ne peut être que brutale ou infantile, quand bien même cette responsabilité est inscrite dans la loi. Pire encore, les médias et politiques, s’ils parlent en notre nom, le font en nous considérant comme une même voix unanime, oubliant la pluralité de nos conditions et situations. Or, nous revendiquons l’existence d‘une multitude de jeunesses, et nous condamnons aujourd’hui la simplification à outrance qui est faite de notre parole.

En effet, la jeunesse est utile pour démontrer toutes sortes de choses. L’interprétation extérieure et simplificatrice qui est faite de nos comportements politiques et culturels alimente une image stéréotypée de la jeunesse qui sert les argumentations de chacun. Ce rapport utilitariste à la parole jeune doit cesser, et c’est pourquoi nous revendiquons la nécessité de parler en notre nom. Si notre parole est utile, c’est justement parce qu’en tant que jeunes, notre place dans la société – et par conséquent nos approches des objets politiques et culturels – est potentiellement différente. Il est nécessaire que nous investissions nous-même notre parole de la légitimité qui lui revient, afin de lutter contre l’instrumentalisation de nos prétendus comportements et opinions.

À partir de ces constats et convictions, nous avons décidé de nous donner les moyens de légitimer par nous-mêmes notre parole. Nous créons donc aujourd’hui L’Alter Ego, un média d’un genre nouveau puisqu’il est le premier média jeune à être rattaché à une société de presse – L’Agence Presses Jeune (APJ), créée quelques mois plus tôt. L’Alter Ego se donne plusieurs objectifs : développer et promouvoir la presse d’initiative jeune, donner à la parole jeune une plus grande audience et un plus grand écho, permettre à la voix des jeunes de peser dans le débat public dans sa pluralité et sa diversité.

Puisque nous voulons parler en notre nom et faire reconnaître la légitimité de notre parole politique, nous vous invitons à nous rejoindre.

Une explication plus approfondie de notre projet, de nos objectifs et de notre ligne éditoriale est disponible ici.

La Rédaction de L’Alter Ego

*La loi Egalité et Citoyenneté adoptée le 22 décembre 2016 autorise par exemple tous les jeunes à devenir dès 16 ans directeur de publication, et ainsi à prendre la responsabilité légale de leurs écrits.

Image de couverture : © Getty Images