C’est l’histoire d’un homme qui se voyait relégué à la troisième place, d’une bête politique à qui on ne prêtait attention, d’un candidat à la courte campagne, d’un adversaire redoutable.

©JuliaGalan - Meeting Benoit Hamon - Institut National du Judo - Paris.
Meeting de Benoit Hamon à l’Institut National du Judo à Paris – © APJ/julia galand

Un bon socialo

Hamon a construit sa personnalité politique au sein du Parti Socialiste (PS) dès son plus jeune âge. Après une licence d’histoire à l’université de Brest, il fonde le Mouvement des jeunes socialistes en 1993, il n’a alors que 26 ans. Le jeune prodige est rapidement remarqué par la Ministre de l’Emploi et de la Solidarité du gouvernement Jospin, j’ai nommé Martine Aubry. Son engagement politique et sa pensée fondamentalement de gauche l’entrainent à créer en compagnie de Vincent Peillon et Arnaud Montebourg le Nouveau Parti Socialiste en 2003, censé rajeunir le PS.

En 2012, Benoit Hamon fait partie des soutiens de François Hollande. Les deux hommes se connaissent et le Président Hollande promeut le jeune porte-parole du PS au Ministère délégué à l’Économie sociale et solidaire et à la Consommation. Au cours d’un remaniement, Monsieur Hamon se voit attribuer le poste de Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Un siège qu’il occupera pendant seulement 4 mois.

Le frondeur

B. Hamon ne restera pas longtemps rue de Grenelle… 147 jours à peine, le temps d’apaiser les oppositions issues des projets de Vincent Peillon en autorisant des aménagements à la réforme des rythmes scolaires. B. Hamon préfère partir d’un gouvernement qui ne lui correspond pas.

J’en ai informé le président de la République et le Premier ministre. Nous avons été élus, il y a deux ans et demi, pour améliorer la situation concrète de nos compatriotes. C’est pour cela qu’ils ont choisi la Gauche, pour réduire le chômage, pour réduire les inégalités, réduire la pauvreté, augmenter le pouvoir d’achat. Or aujourd’hui, la rigueur budgétaire telle qu’elle est mise en œuvre, ne nous permet pas d’atteindre ces objectifs

De retour à l’Assemblée nationale, où il siège, Benoit Hamon ne tarde pas à rejoindre les frondeurs du Parlement, notamment à l’occasion de l’adoption du budget 2015. Le gouvernement n’a pas pu compter sur la voix de l’ancien ministre, qui a préféré s’abstenir, mardi 21 octobre 2015, comme 38 autres de ses collègues socialistes. La fronde est née, cette fronde contre le quinquennat de François Hollande et contre le gouvernement de Manuel Valls le poussera à se présenter à la primaire de la gauche.

IMAGE DE COUVERTURE : MEETING DE BENOIT HAMON À PARIS © APJ/julia galand