Lors de ce second débat des primaires de la droite et du centre, Bruno Le Maire n’a eu de cesse de se présenter comme le candidat du renouveau. Il dit incarner le changement à travers « un visage neuf », oubliant, au passage, ses années ministérielles dans le gouvernement Fillon II et III. Il n’hésite pas à renvoyer au placard ses concurrents ayant appartenu au gouvernement Balladur en 1993 comme Nicolas Sarkozy, François Fillon et Alain Juppé.

Des airs de repas de famille

Bruno Le Maire, pendant ce débat, tentait tant bien que mal de sortir de l’image « Nicolas et ses ministres » caractérisant ces primaires, cherchant même le conflit avec « Nicolas ». Bruno Le Maire se revendique comme le Président de l’honnêteté qui, s’il est élu, ne trahira pas son électorat et ses valeurs. L’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, n’a pas tenu sa promesse de se retirer de la vie politique française en cas d’échec à la présidence de 2012. « Bruno », lui, a rédigé un contrat présidentiel « clair, précis, chiffré » pour que chacun puisse se demander s’il a tenu son engagement. Nicolas Sarkozy, 61 ans, regarde avec une bienveillance forcée le « petit jeune » de la primaire, Bruno Le Maire, 47 ans :

 

Commence déjà par être élu et tu verras que c’est très difficile

Pendant cette soirée Bruno Le Maire a montré un visage ferme

Il présente ses positions sur les différents sujets abordés durant le débat : simplification des modalités d’initiative législative par le référendum et l’ordonnance, renouvellement du mandat présidentiel, accueil des demandeurs d’asile et renvoi de ceux-ci en cas de réponse négative, autorisation des policiers de faire usage de leur arme après sommation, création d’un délit de non dénonciation concernant les proches des terroristes car « menace d’exception, justice d’exception » et enfin suppression du collège unique au profit de « l’émergence des talents ».

Malheureusement son programme a été devancé par sa propre personne, toujours alerte, toujours prompt à rebondir sur la moindre remarque de ses collègues. Sa prestation nous laisse l’impression d’un candidat en recherche de crédibilité face aux deux vétérans que sont Nicolas Sarkozy et Alain Juppé.

image couverture : Photo by liewig christian/Corbis via Getty Images